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BYD ne se contente plus de rivaliser avec les constructeurs premium européens sur le segment familial ou intermédiaire. Avec sa marque Yangwang, le géant chinois monte d’un cran supplémentaire et prépare une berline de représentation qui lorgne ouvertement sur les terres de Rolls-Royce. Voici ce que l’on sait de ce projet encore enveloppé de mystère, et pourquoi il mérite votre attention.
Si vous ne connaissez pas encore Yangwang, voici l’essentiel : c’est la marque haut de gamme absolue de BYD, celle qui sert de laboratoire roulant pour les technologies les plus avancées du groupe. Chaque nouveau modèle Yangwang a jusqu’ici introduit des innovations structurantes, comme la plateforme quad-moteur e4, les batteries Blade de deuxième génération, la recharge Flash Charging ou encore le système de contrôle de caisse intelligent Disus. Ces modèles vont de l’hypercar électrique aux SUV taillés pour le tout-terrain extrême.
La gamme Yangwang est aujourd’hui composée de modèles très exclusifs, avec comme entrée de gamme la berline U7 affichée à 658 000 yuans, soit environ 85 000 €. Le prochain modèle, encore sans nom officiel et désigné en interne sous le nom de code “HU”, devrait franchir un cap supplémentaire, tant sur le plan du luxe que de la technologie embarquée.
Les premières images du prototype ont fuité en ligne et les similitudes avec la Rolls-Royce Phantom sont difficilement contestables : proportions imposantes, ligne de toit altière, présence visuelle indéniable. Hu Xiaoqing, directeur général de Yangwang, a partagé quelques clichés sur Weibo en confirmant que le nom commercial n’est pas encore arrêté.
Ce qui retient particulièrement l’attention, c’est que cette berline sera le premier véhicule de BYD équipé de portes à charnières inversées, autrement dit des portes suicide — ou portes coach, pour reprendre la terminologie des maisons de prestige. Ce détail n’est pas anodin : il positionne clairement la voiture dans la catégorie des voitures de représentation, là où montent passagers VIP et PDG pressés qui ne veulent pas se courber en deux pour s’installer.
Sur le fond, BYD décrit ce projet comme “l’aboutissement de trois ans de développement rigoureux”, intégrant le langage stylistique propre à Yangwang, tout en visant explicitement le segment ultra-premium des berlines exécutives.
L’une des photos partagées montre le prototype garé à une borne Flash Charging de BYD, ce qui laisse supposer une compatibilité avec la recharge mégawatt permettant de récupérer l’essentiel de l’autonomie en moins de 5 minutes. C’est la technologie que BYD a déjà introduite sur certains modèles récents, et son intégration sur ce flagship serait logique.
Mais ce qui suscite le plus de spéculations dans la presse spécialisée chinoise, relayée notamment par CarNewsChina, c’est la possibilité que cette berline soit le premier véhicule au monde équipé de batteries tout-solide commercialisées par BYD. Stella Li, vice-présidente exécutive du groupe, a confirmé dans une interview accordée à Carwow que BYD occupe “une position de leader” dans le développement et la commercialisation des batteries à électrolyte solide.
Elle a précisé que la firme allait “le prouver” dès 2027, avec un premier véhicule équipé de cette technologie. La filiale FinDreams, branche batteries de BYD, vise une production en petite série de batteries tout-solide à base de sulfures dès 2027, avant une montée en puissance vers une production de masse autour de 2030.
Voici ce que l’on peut anticiper sur la configuration technique de la future Yangwang :
Aucun prix officiel n’a été communiqué à ce stade, mais les estimations issues de sources chinoises évoquent un tarif dépassant les 2 millions de yuans, soit environ 250 000 à 260 000 € au cours actuel. Pour donner un ordre de grandeur, la Rolls-Royce Ghost débute autour de 330 000 € en Europe, tandis que la Phantom dépasse allègrement les 450 000 €. BYD ne joue pas exactement dans la même cour tarifaire, mais s’en approche davantage que n’importe quel constructeur chinois avant lui.
Ce positionnement tarifaire interroge légitimement sur la capacité de BYD à séduire une clientèle ultra-aisée habituée aux codes du luxe à l’européenne. La marque Yangwang n’est pas encore distribuée massivement hors de Chine, et l’enjeu pour cette berline sera autant symbolique que commercial : démontrer que l’industrie automobile chinoise peut rivaliser, technologie et prestige compris, avec ce que Goodwood ou Munich produisent de mieux.
Le lancement officiel et les spécifications définitives de ce modèle sont attendus d’ici 2027, en même temps que la confirmation — ou non — de l’intégration des batteries solid-state. D’ici là, BYD continue d’alimenter la curiosité au compte-gouttes, ce qui est précisément la stratégie d’une marque qui sait qu’elle a quelque chose à montrer.
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