Ce SUV chinois brouille la frontière entre électrique et thermique
Le constructeur chinois Xpeng vient de présenter son dernier défi technologique avec le G7 EREV, un SUV électrique à prolongateur […]
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Les dirigeants de l’industrie automobile européenne montent au créneau. Dans une lettre commune qui fait déjà parler d’elle, Ola Kallenius, PDG de Mercedes-Benz et président de l’Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), ainsi que Matthias Zink, dirigeant de Schaeffler et président de l’Association européenne des équipementiers automobiles (CLEPA), interpellent directement l’Union européenne. Leur message est sans détour : les objectifs CO2 fixés pour 2030 et 2035 ne sont plus tenables dans le contexte géopolitique et économique actuel.
Cette prise de position intervient alors que vous assistez à une transformation sans précédent du secteur automobile. Entre la montée en puissance des constructeurs asiatiques, les tarifs douaniers américains qui pèsent sur les exportations européennes, et les défis techniques de l’électrification, l’industrie européenne navigue en eaux troubles. Les deux dirigeants n’hésitent pas à parler d’une transformation “les mains liées dans le dos”.
Rappelons le calendrier imposé par Bruxelles : depuis cette année, les émissions moyennes de CO2 des véhicules neufs doivent être réduites de 15% par rapport aux niveaux de 2021. D’ici 2030, cette réduction devra atteindre 50%, avant l’interdiction totale de vente des véhicules thermiques en 2035. Si le Parlement européen a accordé un délai de grâce en moyennant les performances sur trois ans plutôt qu’en appliquant les limites dès la première année, cela reste insuffisant selon les industriels.
Le contexte concurrentiel explique en partie cette levée de boucliers. Les constructeurs chinois, soutenus par leur gouvernement, inondent le marché européen avec des véhicules électriques proposés à des prix défiant toute concurrence. Parallèlement, les États-Unis imposent des barrières tarifaires qui compliquent les exportations européennes outre-Atlantique. Dans ce contexte, respecter les objectifs environnementaux européens relève du défi herculéen.
L’ACEA et CLEPA ne se contentent pas de critiquer : ils proposent une refonte complète de l’approche européenne. Leur vision inclut un élargissement des technologies considérées comme acceptables pour atteindre la neutralité carbone. Voici leurs principales revendications :
Cette approche pragmatique vise à contrer l’avantage concurrentiel chinois. En effet, les constructeurs asiatiques excellent dans la production de masse d’hybrides rechargeables respectant les critères européens actuels. Assouplir ces règles permettrait aux Européens de développer leurs propres solutions sans subir les contraintes techniques imposées par la réglementation actuelle.
Les deux associations réclament un accompagnement politique à la hauteur des ambitions environnementales européennes. Leurs demandes portent sur plusieurs axes stratégiques qui vous concernent directement en tant que consommateur. D’abord, l’extension des incitations à l’achat pour rendre les véhicules propres plus accessibles financièrement.
La simplification administrative figure également en bonne place. Les procédures actuelles d’homologation et de certification freinent l’innovation selon les industriels. Ils souhaitent une bureaucratie allégée pour accélérer la mise sur le marché de nouvelles technologies.
| Domaine d’intervention | Mesures réclamées | Impact attendu |
|---|---|---|
| Chaîne d’approvisionnement | Soutien aux investissements en batteries et semi-conducteurs | Réduction de la dépendance asiatique |
| Matières premières | Sécurisation des approvisionnements critiques | Stabilisation des coûts de production |
| Véhicules lourds | Révision des objectifs CO2 pour les poids lourds | Cohérence de la filière transport |
Cette lettre ouverte précède le Dialogue stratégique sur l’avenir de l’industrie automobile du 12 septembre, où Ursula von der Leyen rencontrera les dirigeants du secteur. L’enjeu dépasse les simples considérations techniques : il s’agit de préserver la compétitivité européenne face à des concurrents qui ne jouent pas avec les mêmes règles.
Les constructeurs européens ne remettent pas en question la nécessité de décarboner le transport. Ils questionnent plutôt la méthode et le rythme imposés par Bruxelles. Leur argument central tient en une phrase : “Le monde a radicalement changé depuis que ces orientations ont été fixées, et la stratégie de l’UE pour le secteur automobile doit s’adapter en conséquence.”
Cette bataille réglementaire déterminera votre futur paysage automobile. Entre pragmatisme économique et ambitions climatiques, l’Europe doit trouver un équilibre qui préserve à la fois ses objectifs environnementaux et sa souveraineté industrielle. Les prochains mois s’annoncent décisifs pour l’avenir de la mobilité européenne.