Actu voiture électrique

Cet équipement vendu comme révolutionnaire dans nos voitures ne sert quasiment à rien selon cette étude

Michael Ptaszek

Les constructeurs automobiles ont multiplié les écrans à bord de leurs véhicules ces dernières années, et les voitures électriques en particulier en sont souvent les vitrines technologiques les plus spectaculaires. Pourtant, une étude récente vient doucher cet enthousiasme : ces équipements coûteux et visuellement imposants ne séduisent pas autant les conducteurs qu’on pourrait le croire au quotidien. Le fossé entre l’argument commercial et l’usage réel mérite qu’on s’y attarde.

Un écran passager sur deux inutilisé : ce que dit l’étude JD Power 2026

L’étude JD Power 2026 U.S. Tech Experience Index, menée auprès de 68 084 propriétaires de véhicules neufs, révèle que 35 % des conducteurs équipés d’un écran passager ne l’ont jamais utilisé. Pas une seule fois. Pas même lors d’un long trajet sur autoroute. Et à l’autre extrémité du spectre, seulement 6 % des propriétaires déclarent l’utiliser à chaque déplacement. Ces chiffres interpellent, surtout quand on sait combien ces équipements représentent un argument de vente central chez des marques comme Mercedes, BMW ou Audi — cette dernière ayant fait de l’écran passager de son Q6 e-tron un vrai argument marketing.

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Ces résultats ne tombent pas du ciel. Ils confirment une tendance que beaucoup d’observateurs pressentaient : la course aux écrans répond davantage à une logique de showroom qu’à un besoin identifié des utilisateurs. Tesla, qui n’hésite pas à supprimer des composants physiques lorsqu’ils s’avèrent peu utilisés, avait déjà ouvert cette réflexion. Manifestement, les autres constructeurs n’ont pas encore tiré toutes les leçons de cette approche pragmatique.

Des écrans qui génèrent plus de problèmes qu’ils n’en résolvent

Au-delà de leur faible taux d’utilisation, les écrans passagers posent un problème concret de fiabilité perçue. L’étude JD Power indique que les systèmes d’infodivertissement intégrant un écran passager génèrent en moyenne 21,3 problèmes pour 100 véhicules, ce qui en fait la catégorie technologique la plus source de réclamations. Ces résultats recoupent ceux de la 2026 Initial Quality Study du même organisme, qui pointe également ces écrans parmi les équipements les plus problématiques dès les premiers mois d’utilisation.

Ce paradoxe est révélateur : plus un tableau de bord est technologiquement chargé, plus il génère d’insatisfactions. Les conducteurs ne rejettent pas la technologie en soi, mais ils la veulent fiable, intuitive et véritablement utile. Un écran qui plante, qui met du temps à répondre ou qui nécessite plusieurs manipulations pour accomplir une tâche simple devient rapidement une source de frustration, quelle que soit son esthétique ou sa diagonale d’affichage.

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Ce que les conducteurs plébiscitent vraiment à bord

L’enseignement le plus précieux de cette étude, c’est peut-être ce qu’elle révèle sur les technologies réellement appréciées. Sans surprise, ce sont les plus discrètes qui remportent les meilleurs scores de satisfaction :

  • L’allumage intelligent (détection automatique du conducteur, démarrage sans clé)
  • La climatisation personnalisée et mémorisée selon les préférences de l’utilisateur
  • Les réglages de conduite sauvegardés par profil (position du siège, rétroviseurs, affichages tête haute)
  • Les systèmes de navigation prédictive intégrés à la gestion de l’énergie sur les voitures électriques

Ces fonctionnalités partagent un point commun : elles fonctionnent en arrière-plan, sans que vous ayez à les solliciter activement. Elles s’adaptent à vos habitudes plutôt que de vous imposer une interaction supplémentaire. C’est exactement l’inverse de ce que représente un grand écran tactile brillant au milieu du tableau de bord.

Aide à la conduite avancée : plus de complexité, moins de satisfaction

L’étude va encore plus loin en abordant les systèmes d’assistance à la conduite. Et les résultats sont là encore contre-intuitifs : les systèmes de niveau 2+ mains libres, censés représenter un bond technologique significatif, obtiennent des scores d’expérience et d’exécution inférieurs à ceux des systèmes de niveau 2 classiques avec les mains sur le volant.

Deux lectures sont possibles. Soit les conducteurs ne sont tout simplement pas encore à l’aise avec le fait de retirer les mains du volant, même lorsque le système le permet légalement. Soit ces technologies de pointe accusent encore des imperfections qui nuisent à la confiance et à l’expérience globale. Dans les deux cas, le message est identique : la sophistication technologique ne suffit pas à convaincre si l’exécution n’est pas au rendez-vous.

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Les écrans passagers ont-ils encore un avenir à bord ?

Il serait excessif de condamner définitivement l’écran passager. Sur un long trajet, la possibilité pour un passager de regarder un film, de gérer la climatisation de sa zone ou de consulter un itinéraire alternatif constitue un vrai confort. Le problème n’est pas tant la fonctionnalité en elle-même que la façon dont elle est présentée et vendue.

Voici ce que l’on peut retenir concrètement pour orienter votre prochain achat :

  • Un écran passager est un plus agréable mais ne devrait pas peser lourd dans votre décision d’achat si vous conduisez seul la majorité du temps
  • Privilégiez les véhicules qui affichent de bons scores de fiabilité logicielle, notamment via les mises à jour OTA régulières
  • Les technologies discrètes et automatiques (mémorisation des réglages, pré-conditionnement thermique de la batterie, navigation intelligente) apportent un confort quotidien bien supérieur

Ce que cette étude dit en filigrane, c’est que les acheteurs de voitures — électriques ou non — sont devenus plus matures face à la technologie embarquée. Ils savent faire la différence entre un argument de vente spectaculaire et une fonctionnalité qui améliore concrètement leur vie à bord. Les constructeurs qui l’ont compris misent sur la cohérence, la fluidité et la fiabilité. Les autres continuent d’empiler des écrans en espérant que ça suffira.

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