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Karma Amaris : la voiture qui combine le meilleur de l’électrique et du thermique

Albert Lecoq

Le paysage automobile haut de gamme s’apprête à accueillir un nouveau venu aussi élégant qu’atypique. Karma Automotive, ce petit constructeur californien qui avait repris les actifs de Fisker après sa faillite, revient sur le devant de la scène avec un projet ambitieux. Loin de suivre la tendance du “tout électrique”, la marque propose une approche différente qui pourrait bien séduire une clientèle en quête d’exclusivité et de performances sans compromis sur l’autonomie.

Un design spectaculaire pour une voiture d’exception

L’Amaris ne passe pas inaperçue avec ses lignes fluides et ses proportions généreuses. Ce coupé 2 portes affiche des hanches larges et musclées qui évoquent immédiatement la puissance. L’élément le plus remarquable reste sans doute ses “portes papillon” qui s’ouvrent vers le haut, facilitant l’accès à bord tout en créant un véritable spectacle visuel.

La silhouette reprend certains codes esthétiques de la Revero, la berline quatre portes de la marque, tout en affirmant une personnalité propre. Karma a porté une attention particulière aux matériaux utilisés, avec une carrosserie qui combine aluminium et fibre de carbone pour un poids optimisé. Le capot avant de type “clamshell” (d’une seule pièce) et l’aileron arrière traversant ne sont pas de simples éléments décoratifs – ils contribuent à l’aérodynamisme en réduisant la traînée tout en augmentant l’appui.

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Les jantes forgées de 22 pouces au design épuré baptisé “Constellation” complètent cette esthétique racée. Chaque détail a été pensé pour allier élégance et performance, dans la pure tradition des GT de luxe.

Une architecture technique sophistiquée

Sous cette carrosserie sculpturale se cache une architecture technique élaborée. L’Amaris repose sur une évolution du châssis spaceframe tout aluminium hérité de la Revero. Ce choix stratégique permet au constructeur d’accélérer considérablement le développement du véhicule, sans partir d’une feuille blanche.

  • Châssis: spaceframe en aluminium
  • Carrosserie: combinaison d’aluminium et de fibre de carbone
  • Jantes: forgées en aluminium de 22 pouces
  • Architecture: coupé 2 portes

Cette base technique éprouvée mais modernisée offre un excellent compromis entre rigidité, légèreté et comportement dynamique. Le positionnement bas des batteries (dont la capacité n’a pas encore été dévoilée) devrait contribuer à abaisser le centre de gravité pour une tenue de route optimale.

Un groupe motopropulseur hybride innovant

Ce qui distingue véritablement l’Amaris dans l’univers des véhicules haut de gamme, c’est son approche du groupe motopropulseur. Alors que la tendance actuelle pousse la plupart des constructeurs vers le tout électrique, Karma fait le choix d’une solution hybride à prolongateur d’autonomie (EREV – Extended Range Electric Vehicle).

Le système repose sur un moteur thermique BMW quatre cylindres turbocompressé qui ne transmet jamais sa puissance directement aux roues. Ce bloc essence joue uniquement le rôle de générateur électrique, alimentant la batterie qui, à son tour, fournit l’énergie nécessaire aux moteurs électriques entraînant les roues.

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Cette configuration remplace l’ancien moteur trois cylindres 1,5 litre utilisé précédemment par Karma et s’inspire du principe que l’on retrouve sur le RAM 1500 Ramcharger ou les futurs modèles Scout. Elle offre plusieurs avantages :

  • Autonomie totale considérablement augmentée par rapport à un véhicule électrique pur
  • Pas d’angoisse de la panne d’électricité grâce au générateur thermique
  • Performance instantanée des moteurs électriques
  • Absence de transmission mécanique complexe (pas de boîte de vitesses)

Si les spécifications précises du groupe motopropulseur restent à confirmer, les performances annoncées parlent d’elles-mêmes : une accélération de 0 à 100 km/h en 3,6 secondes et une vitesse de pointe de 265 km/h. L’Amaris se positionne ainsi 0,7 seconde devant la future berline électrique Gysera et une seconde complète devant l’actuelle Revero hybride rechargeable.

Un positionnement stratégique face aux évolutions du marché

Le choix de cette motorisation hybride à prolongateur d’autonomie n’est pas anodin. Karma Automotive justifie cette orientation par “les changements dans la demande du marché à court terme pour les véhicules électriques.” Une manière élégante de reconnaître que l’adoption massive des véhicules 100% électriques prend plus de temps que prévu.

Cette stratégie s’étend d’ailleurs à l’ensemble de la gamme, puisque la Gysera, initialement prévue comme berline entièrement électrique, adoptera finalement aussi un groupe motopropulseur EREV. Pour mémoire, cette Gysera est appelée à remplacer l’actuelle Revero, elle-même dérivée de l’originelle Fisker Karma.

Ce positionnement pourrait s’avérer judicieux dans un contexte où l’infrastructure de recharge continue de se développer mais reste insuffisante dans de nombreuses régions, et où les acheteurs de véhicules de luxe ne souhaitent pas faire de compromis sur leurs habitudes d’utilisation.

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Une ambitieuse feuille de route produit

L’Amaris s’inscrit dans un plan produit ambitieux pour Karma Automotive. La commercialisation du coupé de luxe est prévue pour le quatrième trimestre 2026. Il sera suivi par le Kaveya, un “super-coupé” 100% électrique prévu pour 2027, puis par l’Ivara, un SUV électrique attendu en 2028.

Avant ces lancements, les clients pourront découvrir l’Invictus, un modèle orienté performance qui arrivera dès le deuxième trimestre 2024, tandis que la Gysera EREV à quatre places fera son entrée sur le marché au dernier trimestre 2025.

Cette stratégie multi-produits témoigne de la volonté de Karma de s’imposer comme un acteur crédible dans le segment du luxe automobile, en proposant des alternatives originales aux grands constructeurs établis. Le succès de ce plan dépendra notamment de la capacité du constructeur californien à tenir ses délais et à convaincre une clientèle exigeante.

Le pari de Karma est audacieux mais potentiellement visionnaire. En combinant l’attrait du luxe, des performances dignes d’une sportive et une approche pragmatique de l’électrification, l’Amaris pourrait bien séduire ceux qui ne sont pas prêts à embrasser le tout électrique mais souhaitent néanmoins réduire leur empreinte environnementale sans sacrifier l’agrément de conduite ni l’exclusivité.

Face à un marché de l’électrique qui cherche encore son rythme de croisière, cette voie médiane représente peut-être la solution idéale pour une transition en douceur vers la mobilité du futur.

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