La taxe inattendue des voitures électriques qui arrive en 2024

ParAlbert Lecoq 13 décembre 2023 à 17h51

Chers lecteurs, l’univers des voitures électriques évolue rapidement et, avec lui, la perspective d’une nouvelle fiscalité. Examinons ensemble les contours de cette mutation, essentielle pour comprendre les futures politiques environnementales et fiscales.

Les recettes fiscales en mutation avec l’essor des véhicules électriques

La montée en puissance des voitures électriques, symbolisée par des marques telles que Tesla, remet en question les recettes fiscales traditionnelles. En France, la TICPE, appliquée sur les carburants, connaît un déclin. En 2022, elle représentait 18 milliards d’euros, un montant significatif pour l’État, maintenant menacé par le succès des véhicules électriques.

Le défi est donc de compenser cette perte sans freiner la transition écologique. Une future taxe kilométrique apparaît comme une solution envisageable, déjà testée en Australie, Norvège, et aux États-Unis. Elle propose une taxe basée sur l’utilisation réelle des routes. Dans l’immédiat, la France a cependant trouvé une solution de récupérer des fonds avec une nouvelle taxe.

La nouvelle taxe sur les voitures électriques lourdes

Le gouvernement français a décidé de taxer les véhicules électriques jugés trop lourds. Cette décision pourrait remettre en question les aides à l’achat existantes. Dans un premier temps, la révision du bonus écologique dès 2024 remet en cause le bilan carbone de la fabrication des véhicules et de leurs batteries qui sera prise en compte dans la fiscalité, ciblant en particulier les véhicules électriques chinois.

Ensuite, un malus au poids sera appliqué à toutes les voitures de plus de 1600 kg. Dans les faits, un abattement de 300 kg sera automatiquement appliqué aux véhicules électriques, le seuil débutant ainsi à 1 900 kg. Un malus en euros par kg supplémentaire sera appliqué selon un barème progressif :

Fraction de la masse en ordre de marche (kg)Tarif en 2024 (€)
Jusqu’à 15990
De 1 600 à 1 79910
De 1 800 à 1 89915
De 1 900 à 1 99920
De 2 000 à 2 10025
À partir de 2 10030

Des modèles populaires comme la Tesla Model Y vont être touchés, étant donné le poids dépassant les 1 900 kg dans sa version Grande Autonomie notamment, tout comme la plupart des SUVs, sans parler de certains modèles de chez Audi et Mercedes qui dépassent allègrement les 2 400 kg.

Les constructeurs français tels que Renault ou Peugeot, avec leurs nouveaux SUV électriques, vont également voir leurs nouveaux modèles impactés.

Cette mesure n’est pas encore définitivement validée et acceptée mais est, hélas, déjà très bien accueillie et poussée par le gouvernement.

La taxe kilométrique : une solution innovante mais controversée

Cette future taxe hautement probable implique que les conducteurs paient selon la distance parcourue, une forme de péage moderne. Cependant, cette mesure suscite des inquiétudes quant à l’intrusion dans la vie privée, du fait de la surveillance nécessaire des déplacements.

Le modèle de l’Oregon, où une taxe au kilomètre est compensée par un crédit sur la taxe essence, offre un aperçu d’un système équilibré. Le défi est de financer les infrastructures tout en respectant la vie privée des usagers.

La France face au défi de la taxation des véhicules électriques

La France, à l’image d’autres pays, cherche un équilibre entre fiscalité adaptée aux voitures électriques et respect des libertés individuelles. Le malus au poids qui va se mettre en place permettra de renflouer les caisses et l’éventuelle future taxe au kilomètre, recommandée par l’OPECST, est une piste sérieuse. Les décideurs doivent orchestrer une transition douce vers une fiscalité adaptée, sans perturber l’économie ou les citoyens.

Les véhicules électriques, au-delà de leur rôle dans la transition écologique, deviennent des acteurs clés de la fiscalité environnementale. Ce changement appelle à une réflexion innovante en matière de fiscalité et de technologie.

La route vers une mobilité propre est complexe, mêlant défis fiscaux et innovations technologiques. Les décisions prises aujourd’hui façonneront le paysage des véhicules électriques de demain, où fiscalité, responsabilité environnementale et innovation devront coexister harmonieusement.

Par Albert Lecoq

Spécialiste des guides d'achat de voitures électriques, je suis passionné par les nouvelles technologies et je suis un fervent partisan de l'adoption de la technologie électrique et de la mobilité durable.

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