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Geely n’est pas encore un nom que tout le monde cite spontanément dans les concessions européennes, mais le constructeur chinois avance ses pions avec méthode. Bien implanté sur son marché domestique, il propose une gamme étoffée dont certains modèles ont déjà franchi les frontières, à l’image de la petite E2, du Starray EM-i ou encore de l’E5. Ce dernier, un SUV électrique né en 2024 sous l’appellation Galaxy E5 en Chine avant d’être exporté sous le nom d’EX5, s’offre une nouvelle version en cette rentrée 2026. Et les évolutions, aussi discrètes soient-elles en apparence, cachent des changements techniques de fond qui méritent qu’on s’y attarde.
Sur le plan stylistique, Geely joue la continuité. Les lignes épurées et la silhouette du précédent EX5 sont conservées à l’identique, et vous ne distinguerez les deux générations qu’à quelques détails. Le changement le plus visible est l’apparition d’un capteur LiDAR sur le toit, réservé à la finition la plus haute, et qui ouvre la voie à une conduite semi-autonome aussi bien sur autoroute qu’en agglomération. Des caméras supplémentaires font également leur apparition, tandis que les poignées affleurantes disparaissent au profit d’une solution plus classique. Les roues, elles, sont disponibles en 18 ou 19 pouces selon la version.
Le Geely EX5 2026 mesure entre 4,62 et 4,63 mètres de long selon la déclinaison, pour 1,90 à 1,92 mètre de large, 1,67 mètre de haut et un empattement de 2,75 mètres. La vraie surprise côté habitacle vient d’un coffre avant, ou « frunk », de 160 litres qui fait son apparition : un ajout bienvenu qui s’ajoute à un volume de coffre arrière atteignant 1 838 litres banquette rabattue, un chiffre généreux pour la catégorie. Le conducteur dispose d’un écran tactile de 15,4 pouces intégrant le système Flyme Auto 2, épaulé par un combiné numérique de 10,2 pouces et un affichage tête-haute.
C’est sous la carrosserie que les choses deviennent vraiment intéressantes. Sauf en entrée de gamme, le Geely EX5 abandonne la traction avant pour la propulsion, un choix qui modifie sensiblement le comportement dynamique attendu du véhicule. Ce changement s’accompagne de l’adoption du tout nouveau moteur maison baptisé Thunder, une unité dite « 16-en-1 » affichant un rendement de 93,8 %. À titre de comparaison, Geely a mis en avant ce bloc en réalisant un roulage d’économie avec la berline Galaxy TT autour du lac Qinghai, descendant à 8,2 kWh/100 km, un chiffre qui ne s’applique pas directement à ce SUV mais qui donne une idée du niveau d’efficacité visé.
La puissance disponible selon la version se répartit comme suit :
La pompe à chaleur est livrée de série sur l’ensemble des versions, ce qui est une bonne nouvelle pour l’autonomie hivernale. Le LiDAR et les fonctions de conduite semi-autonome, eux, restent réservés à la finition la plus haute.
Les quatre versions 800 volts reçoivent la nouvelle batterie Aegis Golden Brick à cellules dites « Ultra Short Blade », une technologie LFP (lithium-fer-phosphate) disponible en 61,52 ou 70,01 kWh de capacité. L’autonomie maximale annoncée atteint 635 kilomètres selon le cycle CLTC, ce qui correspond à environ 514 kilomètres en WLTP, une estimation raisonnable si l’on applique le coefficient de conversion habituel entre ces deux normes.
Mais c’est la vitesse de charge qui retient l’attention : la batterie accepte une charge à 6C, soit une puissance maximale de 460 kW grâce à l’architecture 800 volts. Geely annonce un passage de 10 à 70 % en 8 minutes et 25 secondes dans des conditions de température ambiante normales. La cible est clairement BYD et son Yuan Plus — commercialisé en Europe sous le nom d’Atto 3 — qui revendique lui aussi une charge ultra-rapide via sa technologie Flash Charging, capable de passer de 10 à 97 % en neuf minutes. La guerre des chiffres de charge est lancée entre les deux constructeurs chinois. Nuance à apporter néanmoins : la recharge en courant alternatif reste limitée à 6,6 kW sur toutes les versions, un point faible pour une utilisation quotidienne à domicile sur une prise renforcée ou une wallbox classique.
Le Geely EX5 2026 démarre à 97 800 yuans en Chine, soit environ 12 800 euros au prix de lancement pour la version d’entrée de gamme en 400 volts. Le tableau ci-dessous résume les différents tarifs annoncés :
| Version | Prix en yuans | Équivalent en euros |
|---|---|---|
| Entrée de gamme 400V (traction) | 97 800 ¥ | ~12 800 € |
| Versions 800V (propulsion) | à partir de 107 800 ¥ | ~14 100 € |
| Finition haute avec LiDAR | 137 800 ¥ | ~18 000 € |
À titre de comparaison, la gamme précédente démarrait à 109 800 yuans, ce qui signifie que Geely a revu ses prix à la baisse sur les versions d’accès, une stratégie clairement offensive face à la concurrence locale. Ces tarifs ont de quoi faire rêver, mais il serait naïf de les projeter directement sur le marché européen. Si le Geely EX5 2026 devait arriver chez nous — et rien n’est officiellement annoncé à ce stade —, les droits de douane européens sur les véhicules électriques chinois, qui atteignent aujourd’hui des niveaux significatifs, gonfleraient inévitablement la facture finale. L’EX5 première génération était déjà vendu en Europe à un prix bien supérieur à son équivalent chinois, et cette nouvelle version ne ferait probablement pas exception à la règle.
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