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Tesla affirme que sa conduite autonome arrive en Europe, alors qu’en fait…

Philippe Moureau

Tesla multiplie les déclarations optimistes concernant le déploiement de son système Full Self-Driving en Europe, mais la réalité réglementaire semble bien différente. L’agence néerlandaise RDW, régulateur clé pour l’homologation européenne, a publiquement contredit les affirmations du constructeur américain concernant un engagement ferme d’approbation pour février 2026.

Cette divergence d’interprétation illustre parfaitement les défis auxquels Tesla fait face pour étendre son système d’aide à la conduite avancée au-delà du marché américain. Alors qu’Elon Musk mise sur cette technologie pour diversifier les revenus de l’entreprise, l’Europe maintient ses exigences strictes en matière de sécurité routière.

Une communication Tesla démentie par les autorités néerlandaises

Sur X, Tesla a affirmé que l’agence néerlandaise RDW s’était “engagée” à approuver le Full Self-Driving pour les Pays-Bas en février prochain. Selon Tesla, cette validation ouvrirait la voie au déploiement du système dans toute l’Union européenne, marquant une étape cruciale dans la stratégie d’expansion de la conduite autonome.

La RDW a rapidement rectifié ces déclarations dans un communiqué publié sur son site internet. “La RDW et Tesla sont conscientes des efforts nécessaires pour parvenir à une décision sur cette question en février. Si ce calendrier sera respecté reste à déterminer dans la période à venir”, précise l’organisme. L’agence explique avoir établi un planning avec Tesla dans lequel le constructeur devra démontrer que le FSD Supervised respecte les exigences réglementaires européennes d’ici février 2026.

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Des enjeux financiers considérables pour Tesla

L’approbation du Full Self-Driving en Europe représenterait un nouveau flux de revenus massif pour Tesla. Le système est facturé 8 000 dollars en achat unique ou 99 dollars par mois en abonnement. Cette source de revenus devient particulièrement stratégique alors que l’activité automobile traditionnelle de Tesla ralentit face à la concurrence croissante.

Le marché européen offre un potentiel considérable avec des millions de propriétaires de Tesla qui pourraient souscrire à ce service. L’entreprise développe déjà un service de robotaxis autonomes à Austin avec des Model Y, qu’elle prévoit d’étendre à d’autres régions tout en offrant aux propriétaires particuliers la possibilité de conduire les yeux fermés.

L’Europe maintient ses standards de sécurité exigeants

Contrairement aux États-Unis où Tesla a pu tester son logiciel FSD en version bêta avec des conducteurs amateurs sur routes ouvertes, l’Europe applique des normes beaucoup plus strictes. L’Union européenne exige une validation officielle complète des fonctionnalités véhicules avant leur mise sur le marché, un processus que Tesla trouve frustrant.

Elon Musk a d’ailleurs critiqué ces procédures d’approbation européennes, affirmant que le système FSD est déjà plus intelligent et sûr qu’un conducteur humain. “Très frustrant et ça nuit à la sécurité des Européens”, avait-il déclaré sur X l’année dernière. Cette différence d’approche réglementaire explique pourquoi certaines fonctionnalités Tesla arrivent avec plusieurs années de retard en Europe.

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Un système toujours en développement malgré les promesses

Le Full Self-Driving de Tesla reste un système d’aide à la conduite supervisée qui nécessite l’attention constante du conducteur. Malgré son nom, il ne propose pas encore de véritable autonomie complète à grande échelle. Le logiciel peut piloter une Tesla sur n’importe quel itinéraire choisi par le conducteur tout en gérant les panneaux de signalisation et les autres usagers de la route.

Tesla promet depuis des années que le logiciel n’est qu’à quelques mises à jour d’offrir une autonomie totale permettant au conducteur de détourner complètement son attention. Cette promesse tarde à se concrétiser, même si l’entreprise opère désormais quelques services de robotaxis dans certaines zones limitées.

La RDW demande d’ailleurs aux propriétaires Tesla européens de ne plus la contacter pour réclamer l’approbation du FSD. “Nous remercions tous ceux qui l’ont déjà fait, mais nous aimerions encourager les gens à ne pas nous contacter sur cette question”, précise l’agence dans son communiqué de lundi. “Cela mobilise inutilement notre service client et n’aura aucun impact sur le respect ou non du calendrier établi.”

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