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Volvo prépare 13 nouveaux modèles d’ici 2030 : une offensive sans précédent

François Zhang-Ming

Volvo traverse une période de turbulences commerciales, mais la marque suédoise ne compte pas rester les bras croisés. Avec des ventes mondiales en recul de 11 % au premier trimestre 2025, puis de 5,6 % au deuxième trimestre, la filiale de Geely décide de frapper fort en lançant ce qu’elle présente comme la plus grande offensive produit de ses 99 ans d’existence. Au programme : 13 nouveaux modèles d’ici fin 2030, un mélange de voitures électriques et d’hybrides de troisième génération, avec un objectif clairement affiché : doubler sa part de marché.

Un plan produit massif taillé pour deux marchés distincts

La stratégie de Volvo repose sur une distinction nette entre ce qui est destiné aux marchés occidentaux et ce qui est conçu spécifiquement pour la Chine. Sur les 13 modèles annoncés, 6 à 7 sont prévus pour l’Europe et les États-Unis, tandis que les 6 restants seront développés exclusivement pour le marché chinois, sur des plateformes Geely et avec une architecture logicielle dédiée. Volvo et sa maison mère comptent mutualiser les pièces et les chaînes d’approvisionnement pour contenir les coûts, une décision pragmatique qui reflète la réalité économique du secteur.

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Pour la Chine, l’approche est donc distincte, avec des technologies propres à Geely, pensées pour répondre aux attentes très spécifiques du consommateur chinois, notamment en matière de connectivité embarquée et de systèmes d’infodivertissement. Cette séparation des plateformes entre les marchés n’est pas anodine : elle traduit une volonté de ne pas imposer un modèle unique à des marchés aux besoins fondamentalement différents.

Les voitures électriques au cœur de l’offensive pour l’Europe et les États-Unis

Pour ses marchés occidentaux, Volvo s’appuie sur deux architectures déjà éprouvées, SPA2 et SPA3, jusqu’ici réservées aux véhicules électriques. La plateforme SPA2 est celle qui soutient l’EX90 et la berline ES90, tandis que SPA3 est utilisée pour le récent EX60. Ces architectures seront désormais associées à la plateforme informatique HuginCore, un système orienté logiciel qui permet notamment les mises à jour over-the-air, c’est-à-dire à distance, sans passer par le concessionnaire.

Parmi les modèles potentiels qui pourraient rejoindre la gamme occidentale, un rapport d’Automotive News évoque des projets concrets :

  • Une berline électrique badgée S60, attendue aux États-Unis dès 2028
  • Un break électrique sous le badge V70, qui serait une première dans le segment premium électrique
  • Un SUV compact EX50, qui viendrait compléter la gamme en dessous de l’EX60
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Si ces informations se confirment, Volvo proposerait une gamme occidentale intégralement électrique, ce qui représenterait un virage significatif par rapport à la stratégie hybride encore très présente il y a quelques années. La présence d’un break électrique premium serait particulièrement notable sur le marché européen, un segment encore très peu investi par les constructeurs.

Les hybrides de troisième génération restent dans l’équation

Malgré la domination annoncée des modèles électriques pour l’Occident, Volvo ne tourne pas définitivement le dos à la motorisation hybride rechargeable. Des PHEV de troisième génération font partie du plan produit, probablement destinés aux marchés où l’infrastructure de recharge reste insuffisante ou aux clients qui ne sont pas encore prêts à franchir le cap du tout électrique. Ces nouveaux hybrides devraient logiquement bénéficier d’une autonomie électrique améliorée et d’une intégration plus poussée avec les systèmes logiciels du groupe.

Ce maintien de l’hybride dans la stratégie est cohérent avec ce que l’on observe chez d’autres constructeurs premium : les voitures électriques progressent, mais une frange significative des acheteurs européens et américains reste attachée à la flexibilité qu’offre un PHEV, surtout sur les longs trajets ou en l’absence de borne à domicile.

Des ambitions financières précises et une nouvelle façon de vendre

Volvo ne se contente pas d’annoncer des lancements, la marque fixe également des objectifs financiers mesurables. Si le plan se déroule comme prévu, la marge EBIT (bénéfice avant intérêts et impôts) devrait dépasser les 8 %, contre 3,5 % en 2025, soit plus du double. Un bond considérable, qui implique que les nouveaux modèles soient à la fois bien accueillis commercialement et produits de façon plus rentable.

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Pour accompagner ce renouvellement de gamme, Volvo annonce également une refonte de son modèle de vente : tarification transparente, offres simplifiées et versions à livraison rapide. Hakan Samuelsson, PDG de Volvo Cars, résume l’ambition sans détour : « Nos showrooms auront un visage très différent en 2030. C’est notre pipeline produit le plus ambitieux de tous les temps, adapté aux besoins régionaux. » Une promesse que les quatre prochaines années se chargeront de valider, ou non, dans un marché premium de plus en plus concurrentiel où BMW, Mercedes et Audi accélèrent eux aussi sur le terrain électrique.

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