Stellantis veut assembler des voitures électriques chinoises en Amérique
Stellantis ne manque pas d’ambition quand il s’agit de tisser des alliances stratégiques. Le géant automobile, qui chapeaute plus d’une […]
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Le nom VinFast ne vous dit peut-être pas grand-chose, et pourtant ce constructeur automobile vietnamien tente depuis plusieurs années de s’imposer sur les marchés internationaux avec sa gamme de voitures électriques. Son modèle phare, le VF 8, avait fait parler de lui lors de son lancement — rarement en bien. La première génération cumulait les critiques négatives, notamment de la part des journalistes américains qui l’avaient essayée. Aujourd’hui, VinFast dévoile officiellement la seconde génération de ce SUV électrique, avec une philosophie radicalement différente : moins de tout, mais à un prix plus accessible.
Pour comprendre l’enjeu de cette nouvelle version, il faut revenir sur les déboires du VF 8 original. Lancé sur le marché américain avec des ambitions importantes, ce crossover électrique conçu avec l’aide du studio de design Pininfarina n’a pas tenu ses promesses. Les journalistes spécialisés n’ont pas mâché leurs mots : entre les problèmes de finition, une dynamique de conduite décevante et des logiciels peu aboutis, le tableau était sombre. Pourtant, le constructeur avait mis dans la balance un argument de poids : le prix. Insuffisant pour racheter des défauts aussi fondamentaux.
VinFast a néanmoins maintenu le cap. Si ses résultats en Amérique du Nord ont été largement en dessous des attentes, l’entreprise a continué à progresser sur d’autres marchés, notamment en Asie du Sud-Est. C’est donc fort de cette expérience, et visiblement conscient de ses erreurs, que le constructeur présente aujourd’hui ce VF 8 de deuxième génération, dévoilé au Vietnam.

La nouvelle génération du VF 8 marque une rupture nette avec son prédécesseur, à commencer par ses dimensions. Le véhicule est plus court de près de 5 centimètres, et l’empattement recule de presque 11 centimètres. Ce choix a une conséquence directe sur la batterie embarquée : exit le pack de 87,7 kWh de l’ancienne version, place à une unité de 60 kWh. L’autonomie annoncée atteint 500 km selon le cycle NEDC, ce qui correspond à environ 365 km en conditions réelles selon un cycle plus strict de type EPA — à comparer aux 412 km que promettait le modèle sortant selon ce même cycle.
Côté motorisation, VinFast opte cette fois pour un moteur électrique unique, positionné sur le train avant, développant 228 chevaux et 330 Nm de couple. C’est significativement moins que l’ancienne version — qui était uniquement disponible en transmission intégrale avec deux moteurs — mais cette comparaison directe n’est pas totalement honnête. Pour un usage quotidien, 228 ch sur un SUV compact reste tout à fait suffisant. Ce qui compte davantage, c’est la qualité de la châssis et de l’architecture logicielle, deux points que VinFast affirme avoir profondément retravaillés.
Le nouveau VF 8 repose en effet sur une architecture SDV (Software-Defined Vehicle), avec une suspension révisée intégrant des amortisseurs à sélectivité de fréquence à l’avant comme à l’arrière. Ce type de technologie, que l’on retrouve sur des modèles premium, permet d’adapter le comportement de la suspension selon le type de sollicitation, pour un meilleur compromis confort/tenue de route. C’est précisément l’un des reproches majeurs adressés à la première génération, et VinFast semble avoir pris la mesure du problème.
À bord, le VF 8 monte en gamme avec une présentation plus soignée. Voici ce que propose le véhicule de série :
Ce niveau d’équipement est cohérent avec les attentes du marché en 2026, où les acheteurs de SUV électriques dans cette gamme de prix s’attendent à trouver des technologies jusqu’alors réservées aux segments supérieurs. VinFast mise clairement sur le rapport équipement/prix pour séduire, une stratégie qu’il maîtrise mieux que celle de la qualité intrinsèque du produit, du moins historiquement.
La grande inconnue reste l’avenir commercial de ce VF 8 de seconde génération en dehors de l’Asie du Sud-Est. VinFast a présenté le véhicule au Vietnam, où il sera proposé à un tarif inférieur à celui du modèle qu’il remplace, mais aucune date ni aucun engagement ferme n’ont été communiqués concernant une commercialisation aux États-Unis ou en Europe.
La situation américaine de VinFast est particulièrement compliquée. Le projet d’usine en Caroline du Nord, censé assembler les VF 8 et VF 9 dès 2024, est au point mort après que l’État a intenté une action en justice contre le constructeur. Les ambitions ont été fortement revues à la baisse : les 7 500 emplois promis ont fondu à environ 1 400 postes, et aucune date de reprise des travaux n’est confirmée. Si cette usine voit un jour le jour, elle pourrait accueillir la production de ce nouveau VF 8 — mais c’est pour l’instant de l’ordre de la spéculation.
Ce VF 8 deuxième génération reste donc un véhicule à surveiller, surtout si VinFast parvient à tenir ses promesses sur la qualité de conduite. C’est là que tout se jouera. Un SUV électrique bien tarifé mais agréable à conduire, c’est précisément ce que beaucoup d’acheteurs recherchent — et ce que la première version n’a jamais réussi à offrir.
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