BYD Denza Z : le roadster électrique de 1 500 ch qui arrive en Europe
La marque BYD ne manque pas d’ambition. Après avoir conquis les segments des citadines et des berlines électriques, le constructeur […]
Sommaire
Amazon vient de franchir un cap symbolique dans sa stratégie de décarbonation logistique : le géant américain du commerce en ligne compte désormais plus de 50 000 véhicules de livraison électriques en circulation dans le monde. C’est la moitié de l’objectif fixé pour 2030, soit 100 000 unités déployées globalement. Un chiffre qui mérite qu’on s’y attarde, tant il illustre la transformation silencieuse mais massive que vivent les flottes professionnelles en ce milieu de décennie.
Si Amazon n’a pas communiqué de répartition officielle précise par marque et par modèle, les informations disponibles permettent de reconstituer les grandes lignes. La majorité des fourgonnettes électriques arborant le logo Amazon ont été fabriquées par Rivian, la startup californienne spécialisée dans les véhicules électriques utilitaires. Dans le cadre d’un contrat cadre portant sur 100 000 unités, Rivian a déjà livré plus de 30 000 Electric Delivery Vans (EDV) à Amazon. Ces véhicules, développés sur mesure pour les besoins de livraison du groupe, circulent majoritairement sur le territoire américain.
À côté de Rivian, Mercedes-Benz joue un rôle croissant, notamment sur le marché européen. Amazon a intégré plus de 10 000 fourgonnettes électriques en Europe à fin 2025, dont près de 5 000 véhicules Mercedes-Benz ajoutés au cours de la seule année 2025. Ces utilitaires électriques à l’étoile, fabriqués en Allemagne et en Espagne, ont été déployés en priorité en Autriche, en France, en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. La fabrication locale répond autant à des logiques industrielles qu’à des exigences réglementaires croissantes sur les émissions en zone urbaine.
Avoir 50 000 véhicules électriques dans une flotte de livraison, c’est bien. Être capable de les recharger chaque nuit pour repartir le matin, c’est une autre affaire. Amazon a anticipé cette contrainte en déployant des dizaines de milliers de points de recharge dans ses entrepôts et centres de distribution à travers le monde. Aux États-Unis, le réseau de recharge privé d’Amazon est tout simplement le plus grand réseau privé de recharge pour véhicules électriques du pays, avec plus de 17 000 bornes installées dans ses centres de livraison nationaux.
Ce chiffre est loin d’être anodin. À titre de comparaison, certains réseaux publics de recharge rapide peinent encore à atteindre de tels volumes sur des territoires entiers. Pour Amazon, cette infrastructure n’est pas un avantage compétitif affiché : c’est une nécessité opérationnelle. Un véhicule de livraison immobilisé faute de charge, c’est une tournée qui ne part pas, des délais qui glissent et une promesse client non tenue.
La stratégie d’électrification d’Amazon ne se limite pas aux fourgonnettes. En Europe, le groupe a également déployé plus de 100 poids lourds électriques Mercedes-Benz, avec l’intention de doubler ce chiffre d’ici la fin de l’année 2026. Ces véhicules lourds sont intégrés aux lignes de transport entre hubs logistiques, là où les distances et les charges le permettent.
À l’autre extrémité du spectre, Amazon mise sur la micromobilité pour conquérir les centres-villes européens, où les zones à faibles émissions et les rues piétonnes rendent les fourgonnettes inadaptées. Vélos cargo électriques, cyclomoteurs et diables motorisés complètent désormais le tableau. En 2025, ce sont plus de 30 millions de colis qui ont été livrés via ces modes de transport alternatifs en Europe, grâce à un réseau de plus de 70 hubs de micromobilité répartis dans les grandes agglomérations.
Atteindre 50 000 véhicules électriques représente donc exactement la moitié du chemin vers l’objectif 2030. Le rythme d’intégration semble soutenu si l’on considère que les commandes passées auprès de Rivian portent encore sur des dizaines de milliers d’unités supplémentaires, et que la montée en cadence de Mercedes-Benz sur le segment des utilitaires électriques en Europe devrait faciliter les approvisionnements.
Ce qui est frappant dans la démarche d’Amazon, c’est moins l’ambition affichée que la méthode employée : construire une infrastructure de recharge avant de saturer la flotte, diversifier les fournisseurs selon les géographies, et adapter les formats de véhicules aux contraintes locales plutôt que d’imposer un modèle unique. Pour les professionnels de la logistique qui observent ces évolutions, la leçon est claire : la transition vers des flottes zéro émission se pilote comme un projet industriel, avec des investissements en infrastructure aussi importants que les achats de véhicules eux-mêmes.
Réagissez à l'article