Skoda Epiq : le SUV électrique le moins cher de la marque entre en production
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Nissan traverse une période délicate. Le constructeur japonais, en pleine restructuration, cherche des leviers technologiques capables de lui redonner une crédibilité face à une concurrence chinoise qui avance à marche forcée sur le terrain des batteries. C’est dans ce contexte que la firme de Yokohama vient d’annoncer une collaboration à trois, impliquant la start-up britannique Gelion et l’Université d’Oxford, autour d’un projet ambitieux centré sur les batteries lithium-soufre à électrolyte solide. Un pari technologique et économique dont les implications dépassent largement le cadre d’un simple partenariat de recherche.
Le programme porte un nom explicite : Cost-effective, Resilient Solid-state Li-S, soit en français, lithium-soufre solide à la fois rentable et robuste. Il réunit le Centre Technique Européen de Nissan (NTCE), la start-up australo-britannique Gelion, spécialisée dans les matériaux de cathode, et l’Université d’Oxford. Le budget total du projet avoisine les 4,5 millions de dollars (environ 3,4 millions de livres sterling), dont une grande partie — près de 3,2 millions de dollars — sera couverte par des subventions publiques et privées.
L’idée centrale repose sur la technologie propriétaire de Gelion, baptisée NES (Nano-Encapsulated Sulfur). Là où les batteries lithium-ion classiques s’appuient sur des cathodes à base de nickel et de cobalt, deux matériaux coûteux et dont l’extraction pose de sérieux problèmes environnementaux et géopolitiques, la technologie NES substitue ces éléments par du soufre, une matière première abondante, peu chère et accessible en dehors de la Chine. C’est précisément ce point qui a retenu l’attention du cabinet d’analyse financière Longspur Capital, qui a publié un rapport intitulé sans détour « Cheaper Than China ». Selon ce rapport, Gelion serait en mesure de produire ses cathodes à base de soufre en Occident à un coût inférieur à celui pratiqué en Chine aujourd’hui, ce qui représenterait un rééquilibrage stratégique non négligeable dans un secteur jusqu’ici dominé par les acteurs asiatiques.
Pour comprendre pourquoi ce partenariat suscite autant d’intérêt, il faut s’attarder un instant sur ce que les batteries à électrolyte solide promettent concrètement. Par rapport aux batteries lithium-ion liquides que l’on retrouve aujourd’hui dans la quasi-totalité des voitures électriques, les batteries solides présentent plusieurs avantages potentiels majeurs :
Nissan n’est pas en train de partir de zéro sur ce sujet. Dès janvier 2025, le constructeur avait inauguré sa première ligne de production de batteries solides dans son usine de Yokohama. Il collabore par ailleurs avec la société américaine LiCAP Technologies, dont la technologie brevetée dite Activated Dry Electrode permet de supprimer l’utilisation de solvants dans le processus de fabrication, réduisant à la fois les coûts et l’empreinte environnementale de la production. Un prototype commercial est attendu pour l’année fiscale 2027, en cohérence avec l’objectif de Nissan de lancer son premier véhicule électrique équipé de batteries tout-solide en 2028.
Si Nissan accélère, il faut bien reconnaître que la Chine ne se tourne pas les pouces. BYD, le géant de Shenzhen, travaille activement sur ses propres batteries tout-solide à base de sulfures, avec des ambitions de production en petites séries dès 2027 et une montée en volume prévue pour 2030. En avril dernier, le scientifique en chef du groupe BYD, Lian Yubo, a déclaré que les batteries tout-solide avaient atteint « un stade critique », tout en reconnaissant que les défis liés à la production de masse restaient réels. Sun Huajun, directeur technique de la division batteries de BYD, a également mis en avant la supériorité des électrolytes sulfurés en termes de durabilité et de stabilité par rapport aux technologies liquides traditionnelles.
La course est donc belle et bien lancée, et le rapport « Cheaper Than China » de Longspur Capital prend tout son sens dans ce contexte. Gelion a démontré que sa plateforme de matériaux cathodiques est compétitive non seulement sur le plan des performances, mais aussi — et c’est là le point différenciant — sur celui des coûts de fabrication hors de Chine. Dans un contexte où les gouvernements européens et américains cherchent à sécuriser leurs chaînes d’approvisionnement en batteries, cette capacité à produire localement et à prix compétitif constitue un argument de poids.
Ce partenariat avec Gelion et Oxford s’inscrit dans un contexte plus large pour Nissan au Royaume-Uni. Le constructeur a récemment réaffirmé son engagement envers son usine de Sunderland, où ce projet devrait à terme contribuer à structurer une filière locale de fabrication de batteries solides. Mais la situation reste contrastée : dans le même temps, Nissan vient de signer un mémorandum d’entente avec Chery International, le constructeur automobile chinois, pour une éventuelle production de véhicules destinés à la marque chinoise sur ce même site britannique. Une décision qui illustre bien les tensions stratégiques auxquelles Nissan est confronté : rivaliser technologiquement avec la Chine d’un côté, tout en cherchant à tirer parti de ses capacités industrielles pour des marques chinoises de l’autre.
Pour les acheteurs de voitures électriques, les retombées concrètes de ce type de partenariat ne se feront pas sentir avant plusieurs années. Mais la trajectoire est claire : la prochaine génération de batteries promet de modifier en profondeur les critères de choix, notamment en matière d’autonomie réelle, de longévité et de coût total de possession. Autant de facteurs qui pèsent lourd dans la décision d’achat d’un véhicule électrique en 2026.
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