Les batteries LMR de LG conservent 92 % de leur capacité après 883 cycles, et c’est excellent
Trouver la chimie de batterie idéale pour les voitures électriques est un peu comme chercher le Graal : chaque technologie […]
Sommaire
Maserati traverse une crise profonde, et les chiffres sont sans appel. En 2025, à peine 10 000 véhicules frappés du célèbre trident ont trouvé preneur dans le monde, contre près de 50 000 en 2018, année record qui avait alors nourri des ambitions bien plus grandes. À l’époque, FCA rêvait de franchir le cap des 100 000 unités vendues d’ici 2022, positionnant le constructeur de Modène en véritable rival de Porsche. La réalité d’aujourd’hui est tout autre, et Stellantis doit désormais trancher sur l’avenir d’une marque aussi emblématique qu’elle est devenue difficile à rentabiliser.
Au printemps dernier, Stellantis tenait une grande réunion pour redéfinir les contours de son portefeuille de marques. Maserati n’y figurait pas. Cette mise à l’écart n’a pourtant pas signifié une condamnation définitive : le groupe ne peut tout simplement pas se permettre de lâcher le trident, ne serait-ce que pour des raisons d’image et de prestige industriel italien. Abandonner Maserati reviendrait à envoyer un signal désastreux sur la capacité de Stellantis à gérer ses marques premium, dans un contexte où le groupe traverse déjà des turbulences financières sérieuses.
Le problème est donc moins une question de volonté que de moyens. Dans l’état actuel de ses finances, Stellantis ne dispose pas des ressources nécessaires pour financer en solo le développement d’une nouvelle génération de véhicules capables de rivaliser avec les BMW Série 8, Porsche Panamera ou autres Bentley. Développer une plateforme haut de gamme de zéro, cela coûte plusieurs milliards d’euros. La solution explorée passe donc par un partenariat, et c’est vers la Chine que les regards se tournent une nouvelle fois.
Ce n’est pas la première fois que le nom de Huawei est associé à un projet Stellantis. Évoquée dès le printemps dernier, cette piste semble se concrétiser. Selon le quotidien économique italien Milano Finanza, les discussions entre Stellantis, Huawei et JAC Motors seraient aujourd’hui à un stade avancé. L’objectif affiché serait de lancer dès 2027 un véhicule co-développé entre Maserati et la marque chinoise Maextro, jeune label de luxe issu précisément de la collaboration entre JAC Motors et Huawei.
Pour préserver un minimum de crédibilité à la marque italienne, l’assemblage final des véhicules se ferait néanmoins en Italie. C’est une concession symbolique mais pas anodine : elle permettrait à Maserati de conserver son étiquette « Made in Italy » tout en s’appuyant sur une base technique et électronique largement conçue en Chine. Ce type d’arrangement n’est pas sans rappeler ce que d’autres constructeurs européens ont déjà mis en place, avec des résultats variables selon les cas.
Le catalogue futur de Maextro donne une idée assez précise de ce que pourrait devenir la prochaine génération de Maserati. En 2027, la marque chinoise prévoit d’enrichir sa gamme avec deux nouveaux modèles :
Dans les deux cas, il s’agirait de véhicules 100 % électriques, avec la possibilité d’intégrer un prolongateur d’autonomie — une architecture qui consiste à embarquer un petit moteur thermique uniquement destiné à recharger la batterie, sans entraîner directement les roues. Cette solution, déjà adoptée par plusieurs constructeurs chinois, permettrait de réduire l’anxiété liée à l’autonomie sur de longs trajets, un argument encore très attendu dans le segment du luxe.
L’histoire ne manque pas de piquant. Si ce partenariat se concrétise, Maserati se retrouvera indirectement liée à Volkswagen Group, qui détient aujourd’hui plus de 50 % du capital de JAC Motors. Autrement dit, deux groupes automobiles européens en pleine recherche de rentabilité se retrouvent mêlés, par des voies chinoises interposées, dans l’avenir d’une marque italienne de prestige. La géopolitique industrielle de l’automobile mondiale n’a décidément plus grand-chose de linéaire.
Ce scénario illustre parfaitement la recomposition en cours dans l’industrie automobile mondiale. Les partenariats sino-européens ne sont plus réservés aux segments de volume : ils s’invitent désormais jusque dans les sphères du luxe et du prestige. Pour vous, en tant qu’amateur ou futur acheteur de Maserati, la question qui se posera concrètement d’ici deux ans sera simple : seriez-vous prêt à acheter une berline au trident dont l’architecture électrique, les systèmes embarqués et très probablement les batteries sont d’origine chinoise, même si la voiture est assemblée à Modène ? C’est précisément cette question que Stellantis devra réussir à trancher avec la bonne réponse marketing avant le lancement.
Réagissez à l'article