Volvo EX40 et EC40 restylés : nouveau visage, Gemini à bord, et le reste ?
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Vous vivez en appartement, vous venez d’acquérir une voiture électrique ou vous y pensez sérieusement, et vous vous heurtez à l’inertie habituelle de votre syndic ? C’est le cas de figure le plus fréquent en France, où environ un habitant sur deux vit en logement collectif. La bonne nouvelle, c’est que la loi vous offre un levier concret pour installer votre propre borne sans attendre l’accord de l’assemblée générale. Ce mécanisme s’appelle le droit à la prise, et il est bien plus solide qu’on ne le croit souvent.
Le droit à la prise est inscrit dans le droit français depuis la loi Grenelle II de 2010 et son décret d’application de 2011. Il a ensuite été considérablement renforcé par la loi d’orientation des mobilités de fin 2019, puis par le décret de décembre 2020, entré en vigueur en janvier 2021. Ce décret a opéré un vrai renversement de logique : avant lui, il fallait l’accord de l’assemblée générale pour installer une borne, et quelques voisins récalcitrants suffisaient à bloquer le projet indéfiniment. Désormais, c’est l’installation qui est la règle, et c’est le refus qui doit se justifier devant un tribunal judiciaire.
Concrètement, vous n’avez pas à demander la permission au syndic. Vous l’informez simplement des travaux à venir, par lettre recommandée avec accusé de réception, en joignant le devis et le schéma de raccordement établis par votre installateur. À compter de la réception de ce courrier, le syndic dispose de trois mois pour réagir. Sans action de sa part dans ce délai, l’accord est réputé acquis. Pour s’y opposer, il ne peut pas se contenter d’un courrier de refus : il doit saisir le tribunal judiciaire, invoquer un motif sérieux et vous en informer dans les quinze jours. Ce droit concerne aussi bien les copropriétaires que les locataires, ces derniers devant simplement en informer leur propriétaire, qui n’a pas la faculté de s’y opposer. Le décret de 2020 a également étendu ce droit aux places de parking extérieures, à condition qu’elles soient sécurisées dans l’enceinte de la résidence. Seule limite réelle : votre place doit vous être personnellement réservée. Un emplacement visiteurs partagé n’entre pas dans ce cadre.
Avant de notifier quoi que ce soit au syndic, il vaut mieux clarifier ce que vous voulez installer. La loi plafonne la borne individuelle en copropriété à 22 kilowatts (triphasé 32 ampères), mais la majorité des résidents optent pour une borne de 7,4 kilowatts (monophasé 32 ampères), déjà largement suffisante au quotidien. Branchée le soir, elle restitue de quoi couvrir plusieurs centaines de kilomètres de trajet pendant la nuit, sans jamais solliciter le réseau de l’immeuble aux heures de forte consommation. L’installation doit impérativement être confiée à un électricien certifié IRVE (infrastructure de recharge pour véhicules électriques), obligation légale dès que la borne dépasse 3,7 kilowatts (16 ampères en monophasé). C’est lui qui garantit la conformité à la norme électrique en vigueur et pose le bon matériel, notamment l’obturateur de sécurité qui, sur les modèles actuels, a migré du mur vers le pistolet T2S.
Deux montages de raccordement sont possibles :
Dans les deux cas, votre devis doit absolument inclure un système de délestage dynamique. Ce dispositif permet à votre borne de communiquer en temps réel avec le compteur de l’immeuble. Par un soir d’hiver chargé, quand chauffages et ascenseurs tournent à plein régime, la borne réduit automatiquement sa puissance, voire suspend la charge, pour la reprendre au cœur de la nuit. C’est précisément cet argument qui neutralise la crainte la plus répandue chez les syndics : celle de voir dix véhicules branchés à 19h faire sauter le tableau électrique général.
La facture d’une borne individuelle en parking collectif se situe généralement entre 1 200 et 2 500 euros, selon la distance à parcourir pour amener le câble jusqu’à votre place et la complexité du raccordement. Plusieurs mécanismes permettent d’alléger cette dépense :
Il arrive fréquemment que la première demande de droit à la prise dans une copropriété agisse comme un révélateur. Le conseil syndical prend conscience que si dix ou vingt résidents tirent chacun leur câble indépendamment, le sous-sol se transforme rapidement en chaos de gaines et le compteur des parties communes sature dès la quatrième ou cinquième borne simultanée. Le syndic dispose alors d’un seul motif valable pour refuser votre installation individuelle : s’engager à équiper l’ensemble du parking d’une infrastructure collective de recharge. Il peut aussi s’opposer si le réseau électrique de l’immeuble rend l’opération techniquement impossible en l’état, ou si une solution de recharge est déjà disponible sur place. Ces situations restent rares dans la pratique, le délestage dynamique désamorçant la quasi-totalité des objections techniques.
Deux grandes formules existent pour cette infrastructure collective. La première fait appel à un opérateur privé, qui pré-câble le parking à ses frais et facture ensuite chaque résident via un abonnement dédié. C’est une solution propre et évolutive, mais le délai de mise en œuvre est significatif : neuf à dix-huit mois contre trois à quatre pour une borne individuelle. La seconde fait intervenir le gestionnaire de réseau public — Enedis sur 95 % du territoire, ou une entreprise locale de distribution dans certaines communes — qui peut, depuis 2023, préfinancer lui-même la colonne électrique du parking via le Turpe, le tarif d’acheminement. La copropriété n’avance rien : seuls les résidents qui se raccordent remboursent leur quote-part. Chacun conserve son propre compteur Linky et son abonnement auprès du fournisseur de son choix, sans dépendre du tarif qu’impose un opérateur tiers. Comptez tout de même jusqu’à six mois de travaux après la signature de la convention avec le gestionnaire de réseau.
Si vous êtes pressé, le droit à la prise reste la voie la plus directe et la plus efficace : un dossier IRVE solide, une lettre recommandée bien rédigée, et l’horloge des trois mois joue mécaniquement en votre faveur. La seule incertitude réelle tient à la bonne volonté du syndic pour signer la convention d’accès au local technique, qu’il doit parapher dans les deux mois suivant votre notification. Et si votre démarche individuelle finit par pousser toute la copropriété à câbler son parking, vous aurez rendu un service durable à tous ceux qui passeront à l’électrique après vous.
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