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Malgré la faillite de son constructeur, ce SUV électrique va avoir droit à la conduite autonome

Michael Ptaszek

La Fisker Ocean est l’un des symboles les plus marquants des promesses non tenues dans l’industrie automobile électrique. Ce SUV électrique, fabriqué à environ 11 200 exemplaires dans l’usine autrichienne de Magna avant que la marque ne s’effondre en 2024, avait été vendu avec une promesse qui n’a jamais été honorée : celle d’une conduite mains libres. Deux ans après la faillite, une solution inattendue émerge, portée non pas par un constructeur, mais par la communauté open-source.

Une fonctionnalité vendue mais jamais livrée aux propriétaires de Fisker Ocean

Lors de sa commercialisation, Fisker avait mis en avant la capacité de l’Ocean à proposer une conduite autonome de niveau 2 avancé, avec un système mains libres censé fonctionner via les capteurs ADAS déjà intégrés au véhicule. Le matériel était bien présent sur chaque exemplaire produit : radars, capteurs, caméras… tout était en place. Ce qui manquait, c’était le logiciel. Et Fisker a coulé avant de l’avoir développé jusqu’au bout. Résultat : des milliers de propriétaires se sont retrouvés avec un véhicule partiellement fonctionnel, privés d’une option qui avait pourtant pesé dans leur décision d’achat.

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Cette situation est d’autant plus frustrante que les propriétaires de l’Ocean ont déjà dû encaisser de nombreux frais de réparation de leur poche, sans recours facile vers un service après-vente classique. Avec la disparition de Fisker, le support officiel s’est évaporé, laissant les conducteurs dans un flou juridique et technique particulièrement inconfortable. C’est dans ce contexte que l’initiative de Comma AI prend tout son sens.

Comma AI, la solution open-source qui veut pallier les lacunes de Fisker

Comma AI est une entreprise américaine spécialisée dans les systèmes d’assistance à la conduite aftermarket. Son principe est simple : proposer un boîtier matériel associé à un logiciel libre, capable de greffer des fonctionnalités d’aide à la conduite sur des véhicules qui n’en sont pas équipés nativement. Leur catalogue couvre déjà plus de 300 modèles de voitures, et la Fisker Ocean pourrait bientôt rejoindre cette liste.

C’est Majd Srour, spécialiste en rétro-ingénierie et figure bien connue de la communauté Fisker, qui a partagé une vidéo montrant l’Ocean circuler en ville sans intervention humaine sur le volant. Le dispositif utilisé est le Comma Four, un boîtier à fixer sur le pare-brise qui intègre :

  • Un système à triple caméra pour la perception visuelle de l’environnement
  • Une puce Qualcomm Snapdragon 845 MAX pour le traitement des données en temps réel
  • Un accéléromètre 3D et un gyroscope 3D pour la stabilisation et la détection des mouvements
  • Un GPS haute précision et un microphone intégrés
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Le boîtier se connecte au réseau CAN du véhicule pour prendre le contrôle de la direction, de l’accélération et du freinage, à partir des données visuelles captées par ses caméras. L’approche est comparable à celle adoptée par Tesla pour son propre système d’assistance à la conduite, c’est-à-dire une vision artificielle plutôt qu’une cartographie HD figée. À noter que le Comma Four n’exploite pas les capteurs ADAS d’origine du véhicule, il fonctionne en totale indépendance vis-à-vis de l’électronique native de l’Ocean.

Ce que le système peut concrètement apporter aux conducteurs de l’Ocean

Pour l’heure, l’intégration avec la Fisker Ocean reste en phase de développement. La vidéo montre clairement un prototype avec des câbles apparents, et seule la gestion du volant est opérationnelle pour le moment. L’accélération et le freinage automatiques ne sont pas encore pris en charge, et le logiciel correspondant repose sur une branche de développement non encore disponible au public. Il faudra donc encore patienter avant de pouvoir l’installer chez soi.

Quand la solution sera finalisée, Comma AI promet que son système pourra offrir le centrage automatique dans la voie, le régulateur de vitesse adaptatif, l’aide au changement de voie et la surveillance du conducteur. Le logiciel, lui, est gratuit et open-source. En revanche, le boîtier Comma Four est vendu au prix de 999 dollars. Une somme qui peut sembler salée pour des propriétaires qui ont déjà subi des dépenses imprévues depuis la faillite de Fisker, mais qui reste bien inférieure à ce qu’aurait coûté une mise à jour officielle constructeur si elle avait existé.

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Que sont devenus les 11 200 exemplaires de la Fisker Ocean ?

La majorité des Ocean produites ont été livrées à des particuliers à travers le monde. Mais environ 3 200 unités se trouvent aujourd’hui entre les mains d’American Lease et circulent comme véhicules de covoiturage à New York. Ces exemplaires professionnels pourraient eux aussi bénéficier à terme de l’intégration Comma AI, ce qui représente un cas d’usage concret et à grande échelle pour valider le système en conditions réelles.

L’aventure Fisker Ocean illustre un phénomène qui se répète régulièrement dans le secteur : des start-ups lèvent des fonds, promettent des fonctionnalités ambitieuses, livrent du matériel partiellement compatible, puis disparaissent avant d’avoir finalisé le logiciel. Ce que la démarche de Comma AI démontre, c’est que la communauté de propriétaires et les développeurs indépendants peuvent parfois combler ces lacunes là où les entreprises ont échoué. Pour les conducteurs d’Ocean qui attendent depuis des années une fonctionnalité annoncée dès l’achat, c’est au moins une perspective concrète, même si elle nécessite un investissement supplémentaire et une certaine tolérance pour les solutions non officielles.

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