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Lucid Motors avait promis pour cette année un SUV de taille intermédiaire, baptisé Lucid Cosmos. C’était ambitieux sur le papier, peut-être même un peu trop. Le constructeur californien vient d’officialiser ce que beaucoup anticipaient déjà : le Cosmos ne sera pas commercialisé avant 2027, au mieux dans la seconde moitié de l’année. Une décision qui s’inscrit dans un contexte financier tendu et dans ce que la direction appelle un « operational reset », autrement dit une remise à plat globale de l’organisation. Voici ce que vous devez savoir sur ce report et sur l’état réel de Lucid en ce moment.
Le Lucid Cosmos n’a pour l’instant été montré qu’à travers des silhouettes, sans aucun détail technique officiellement confirmé. Dans ce contexte, annoncer une commercialisation pour le second semestre 2026 relevait davantage de la communication marketing que d’une feuille de route réaliste. De nombreux observateurs du secteur étaient sceptiques dès le départ, et ils avaient raison de l’être. Lucid n’a pas l’habitude de lancer des véhicules rapidement : la Lucid Air, berline premium présentée au public bien des années avant sa production, et le Lucid Gravity SUV, dont les premières livraisons significatives n’ont démarré qu’à partir de septembre 2025, illustrent bien la cadence du constructeur.
Silvio Napoli, le nouveau PDG de Lucid, a été clair lors de la publication des résultats du deuxième trimestre 2026 : « Nous n’allons pas reproduire les erreurs du passé, où de très bonnes voitures ont été pénalisées par un lancement précipité. » Il a évoqué la seconde moitié de 2027 comme horizon le plus probable, tout en laissant entendre que ce calendrier restait susceptible d’évoluer. En d’autres termes, si vous attendiez le Cosmos pour bientôt, mieux vaut revoir vos plans.
Le report du Cosmos n’est pas une décision prise isolément. Elle intervient au moment où Lucid publie des résultats trimestriels inférieurs aux attentes, avec des pertes plus importantes que prévu et un chiffre d’affaires légèrement en deçà des projections des analystes. La direction a d’ailleurs refusé de mettre à jour ses prévisions pour l’ensemble de l’année 2026, préférant mettre en avant les mesures correctives en cours.
Lucid affirme avoir identifié 1,4 milliard de dollars d’opportunités d’amélioration de trésorerie d’ici la fin de l’année, en jouant notamment sur la réduction des dépenses d’investissement et l’optimisation des stocks de véhicules. Une restructuration organisationnelle a également été mise en place, dans la foulée d’un remaniement de l’équipe dirigeante intervenu le mois dernier. Ces mesures sont destinées à stabiliser l’entreprise avant de s’aventurer dans un lancement de modèle supplémentaire. Le constructeur précise par ailleurs disposer d’une liquidité suffisante pour tenir bien au-delà de 2027, avec le soutien toujours présent en arrière-plan du fonds souverain saoudien, actionnaire majoritaire depuis plusieurs années.
Ces derniers mois, Lucid a dû faire face à des rumeurs persistantes de faillite imminente, au point de prendre la décision rare de les démentir publiquement. Le constructeur a réaffirmé lors de la publication de ses résultats que sa situation financière est saine, s’appuyant sur ses réserves de liquidité et sur le filet de sécurité que représente Aramco/PIF. Cette transparence forcée illustre néanmoins la fragilité de la perception que le marché a de l’entreprise.
Dans ce contexte, précipiter le lancement du Cosmos aurait été risqué à double titre :
Reporter d’un an minimum est donc une décision qui relève autant de la sagesse industrielle que de la contrainte économique. Mieux vaut sortir un produit bien préparé que de brûler des ressources sur un lancement bancal.
Les informations concrètes sur le Cosmos restent très rares. On sait qu’il s’agira d’un SUV de taille intermédiaire, positionné en dessous du Gravity sur le plan des dimensions, et vraisemblablement à un prix plus accessible pour élargir la clientèle de Lucid. Si l’on se base sur le savoir-faire de la marque en matière de technologie de batterie — la Air affiche une autonomie homologuée dépassant les 800 km selon le cycle EPA — on peut légitimement s’attendre à ce que le Cosmos intègre une plateforme performante sur ce plan.
Lucid a bâti sa réputation sur quelques points forts bien identifiés :
Si Lucid parvient à décliner une partie de ces atouts dans un format plus compact et à un tarif plus compétitif, le Cosmos pourrait trouver un vrai public. Mais encore faut-il que le constructeur soit en mesure de le livrer dans des volumes significatifs dès son lancement, ce qui, au vu du précédent du Gravity, reste une question ouverte. La patience sera donc de mise, que vous soyez simple curieux ou acheteur potentiel de ce SUV électrique californien.
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