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La Geely EX2 n’a jamais prétendu être une sportive. Ce petit hayon électrique, vendu sous le nom de E2 sur certains marchés européens, s’est construit une réputation solide grâce à son prix contenu et à sa praticité du quotidien. À peine plus grande qu’une Honda Fit, elle est souvent l’une des options les plus abordables du marché là où elle est commercialisée. Bref, une voiture honnête, sans prétention, conçue pour aller du point A au point B sans se faire remarquer. Jusqu’à ce que Geely décide d’en faire tout autre chose.
C’est à l’occasion du Festival Interlagos, l’un des événements automobiles les plus suivis du Brésil, que Geely a choisi de présenter deux versions conceptuelles de son EX2 : la EX2 Street et la EX2 Track. L’événement, qui mêle voitures rapides, tours de piste et présentations de constructeurs, offrait le cadre idéal pour ce type de démonstration. Geely venait tout juste d’introduire l’EX2 sur le marché brésilien, et plutôt que de se contenter d’un lancement classique, le constructeur chinois a pris le parti de montrer jusqu’où l’on pouvait pousser ce petit hatchback électrique.
L’idée derrière ces deux concepts est simple : démontrer que la personnalisation et le plaisir de conduite ne sont pas des notions incompatibles avec une voiture électrique d’entrée de gamme. À 24 000 dollars de base au Brésil, l’EX2 est déjà l’une des électriques les moins chères du pays. Partir de cette base pour créer un vrai concept orienté piste, c’est envoyer un message clair à ceux qui pensent que l’âme d’une voiture s’évapore avec l’arrivée d’un moteur électrique.

La EX2 Street est la version la plus raisonnable des deux, celle qui se rapproche davantage d’une réalisation envisageable en série. Geely a abaissé la suspension, monté des jantes de 17 pouces, remplacé la sellerie en simili-cuir par du vrai cuir, et troqué le ciel de toit clair d’origine contre un pavillon en Alcantara sombre. Des modifications qui, somme toute, restent dans le registre du tuning accessible.
La EX2 Track, elle, va beaucoup plus loin. La carrosserie arbore des graphismes agressifs au style presque bande dessinée, avec une bouche dentée peinte sur le bouclier avant qui fait écho au logo Geely revisité. À l’intérieur, tout ce qui se trouvait derrière les sièges avant a été supprimé pour laisser place à une cage de sécurité. Les sièges baquets sont désormais équipés de harnais cinq points. Et surtout, une pédale de frein à main hydraulique a été installée, avec un levier d’une longueur franchement assumée. Voici ce que ça donne en résumé :
Geely précise que les réglages de châssis et de suspension ont été revus pour rendre la voiture plus à l’aise dans un contexte de conduite engagée. Le groupe motopropulseur, lui, reste identique à la version de série.

Ce qui rend l’EX2 particulièrement intéressante pour ce type d’exercice, c’est son architecture. Là où la majorité des petites électriques accessibles, comme la BYD Seagull, fonctionnent en traction avant et se prêtent difficilement aux glissades, l’EX2 est propulsion arrière. Elle dispose en plus de suspensions indépendantes et de freins à disque sur les quatre roues. Sur le papier, tous les ingrédients sont réunis pour s’amuser sérieusement.
Et ce n’est pas qu’une affaire de papier. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux montrent l’EX2 Track en train de consumer ses pneus arrière et de réaliser des donuts dans les règles de l’art. La chaîne YouTube brésilienne ACF avait d’ailleurs déjà mis en avant ce potentiel quelques semaines avant le Festival Interlagos, attirant l’attention sur le fait que cette petite citadine avait les bases techniques pour jouer dans une autre cour que celle à laquelle on la destinait.
Geely a clairement indiqué que ni l’EX2 Street ni l’EX2 Track n’étaient destinées à une production en série. Ces deux concepts restent des exercices de style et de démonstration. Mais ce qu’ils illustrent est loin d’être anecdotique. La voiture électrique traîne encore l’image d’un objet fonctionnel, efficace mais dénué de caractère. Les modèles offrant de réelles sensations existent, mais ils se situent dans des gammes de prix souvent inaccessibles.
Ce que Geely fait avec l’EX2, c’est montrer qu’une base abordable, propulsion arrière, avec une architecture saine, peut être transformée en quelque chose de bien plus engageant. Le tableau ci-dessous résume les caractéristiques clés de la version Track face à la série :
| Caractéristique | EX2 série | EX2 Track concept |
|---|---|---|
| Puissance | 114 ch | 114 ch (inchangé) |
| Batterie | 40 kWh | 40 kWh (inchangé) |
| Transmission | Propulsion arrière | Propulsion arrière |
| Suspension | Standard | Abaissée, réglages châssis spécifiques |
| Sécurité intérieure | Standard | Cage de sécurité + harnais 5 points |
| Frein à main | Électrique de série | Hydraulique à levier long |
| Prix de base (Brésil) | 24 000 $ | Concept non commercialisé |
Pour les passionnés qui craignaient que l’électrification rime avec uniformisation et perte de personnalité, ces deux concepts rappellent que la mécanique d’une voiture reste une toile vierge, quel que soit le type de motorisation. Modifier, préparer, pousser une machine dans ses retranchements : tout cela reste possible, y compris avec une citadine électrique à moins de 25 000 dollars. Et c’est peut-être l’un des messages les plus utiles que Geely pouvait envoyer à un marché qui commence à peine à apprivoiser la conduite zéro émission.
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