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Tesla Cybercab : un joystick virtuel caché pour conduire manuellement le robotaxi

Michael Ptaszek

Le Tesla Cybercab se veut l’incarnation du véhicule entièrement autonome, sans volant ni pédales. Mais un utilisateur vient de mettre au jour une fonctionnalité que Tesla n’a jamais rendue publique : un mode de conduite manuelle dissimulé dans les menus de l’écran tactile. Une découverte qui soulève autant de questions techniques que réglementaires.

Un joystick virtuel découvert par hasard dans l’habitacle du Cybercab

C’est un simple trajet en robotaxi qui a conduit à cette révélation. Le 7 septembre 2026, un passager prénommé Matthew Skrzypczak publie une vidéo sur X après être monté dans un Tesla Cybercab et avoir constaté que l’interface de l’écran n’était pas dans sa configuration habituelle. L’écran tactile unique du véhicule était divisé en deux zones distinctes : à gauche, une interface de conduite centrée sur un joystick virtuel à l’écran, accompagnée d’un bouton “Fermer les portes de l’habitacle”, d’options pour ouvrir les portières et contacter le support client. À droite, une vue en temps réel des caméras périmétriques du véhicule, le montrant garé dans ce qui ressemble à un parking, bien que les caméras latérales semblaient figées sur une image d’une session précédente à une borne Supercharger.

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Matthew Skrzypczak lui-même a écrit qu’il avait “le sentiment de ne pas être censé voir ça”, avant de tenter malgré tout de piloter le véhicule avec ce joystick. La manipulation est simple en théorie : il suffit de faire glisser un doigt sur l’écran pour déplacer le curseur directionnel et contrôler le véhicule. Tesla n’a jamais communiqué officiellement sur l’existence de cette fonctionnalité, ce qui rend la découverte d’autant plus intéressante.

Pourquoi Tesla a intégré des commandes manuelles dans un véhicule sans volant

La logique derrière ce choix est en réalité assez pragmatique. Même un véhicule 100 % autonome doit pouvoir être déplacé manuellement dans certaines situations : repositionnement dans un dépôt, sortie d’un espace étroit, opération de maintenance ou intervention d’urgence. Sans volant ni pédales, la seule solution restante est une interface logicielle. Tesla a donc opté pour ce joystick tactile, vraisemblablement destiné aux opérateurs de flotte ou aux techniciens, et non aux passagers lambda.

Voici ce que cette interface révèle concrètement sur l’architecture du Cybercab :

  • Le véhicule conserve une capacité de déplacement manuel à basse vitesse via l’écran tactile
  • L’interface inclut un accès rapide aux commandes des portes et au support client
  • Les caméras périmétriques restent actives et accessibles depuis ce mode
  • Ce mode n’est pas accessible dans l’interface passager standard : il semble s’afficher lors d’états spécifiques du système
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La présidente du conseil d’administration de Tesla, Robin Denholm, avait d’ailleurs ouvert la porte à plus de flexibilité dès octobre dernier, déclarant que si les régulateurs l’exigeaient, le Cybercab pourrait tout à fait recevoir “un volant et des pédales”. Une déclaration qui prend aujourd’hui un relief particulier.

Les régulateurs américains scrutent de près la certification du Cybercab

Le contexte réglementaire autour du Cybercab est tendu. Le véhicule a été lancé commercialement à Austin le 3 septembre 2026, et le jour même, la NHTSA (National Highway Traffic Safety Administration) a ouvert un audit pour vérifier dans quelles conditions Tesla a pu certifier un véhicule dépourvu de volant, de pédales et de rétroviseurs. L’agence cherche à déterminer si Tesla était fondée à considérer que certaines normes fédérales de sécurité ne s’appliquent tout simplement pas à un véhicule sans conducteur. Cette enquête porte sur un parc d’environ 1 000 véhicules.

La question posée par les régulateurs n’est pas anecdotique : que se passe-t-il concrètement si un robotaxi nécessite une intervention humaine immédiate et qu’il n’existe aucun moyen physique de reprendre le contrôle ? Un joystick tactile prévu pour ramener un véhicule à vitesse de pas dans un dépôt ne constitue pas une réponse satisfaisante à cette problématique de sécurité publique.

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Le robotaxi Tesla face au défi de la montée en échelle

Cette affaire rappelle également que le déploiement du service de robotaxi Tesla avance à un rythme mesuré. Le service tourne depuis plus d’un an à Austin avec des Model Y équipés du même hardware et software d’autonomie que le Cybercab. Ce dernier n’est au fond qu’une carrosserie différente autour d’une plateforme technologique déjà connue.

Caractéristique Tesla Model Y (robotaxi) Tesla Cybercab
Volant / pédales Oui Non
Plateforme autonome FSD Hardware 4 FSD Hardware 4
Contrôle manuel de secours Volant + pédales physiques Joystick virtuel (caché)
Statut réglementaire Conforme aux normes fédérales Sous audit NHTSA

Tesla a construit le Cybercab comme une affirmation : l’autonomie totale est là, les commandes manuelles sont obsolètes. Mais la réalité opérationnelle, comme le montre ce joystick caché, est plus nuancée. Et tant que la montée en échelle du service n’est pas au rendez-vous, cette tension entre la communication de Tesla et les exigences concrètes du terrain continuera d’alimenter le débat autour de ses robotaxis.

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