Cette batterie LFP charge de 10 à 97 % en 9 minutes, même par -20 °C
Le temps de recharge a longtemps été l’argument massue des détracteurs des voitures électriques. Mais les constructeurs et équipementiers chinois […]
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Le 18 septembre 2026, Lidl a frappé fort en abaissant le prix de sa recharge en courant alternatif à 0,18 euro le kilowattheure, accessible via l’application Lidl Plus. À titre de comparaison, recharger 50 kWh — la capacité de la batterie d’une Renault 5 E-Tech — revient à 9 euros seulement. Sur les bornes d’un opérateur spécialisé comme Ionity ou Electra, la même opération vous coûterait facilement au-delà de 30 euros. L’annonce mérite qu’on s’y attarde, non pas parce qu’elle est sans précédent, mais parce qu’elle redistribue concrètement les cartes dans un marché de la recharge publique encore loin d’être stabilisé.
Avant de brancher votre voiture et de vous réjouir trop vite, quelques précisions s’imposent. Le tarif à 0,18 €/kWh ne s’applique qu’à la recharge en courant alternatif (AC), c’est-à-dire la charge lente plafonnée à 22 kW. La recharge rapide en courant continu (DC), disponible sur certaines bornes Lidl jusqu’à 180 kW, reste facturée à 0,29 euro le kWh, soit l’ancien tarif AC. La baisse représente tout de même 37,9 % sur la charge lente, ce qui est significatif. Autre bonne nouvelle : l’application Lidl Plus, indispensable pour bénéficier de ce prix, est entièrement gratuite — aucun abonnement mensuel à souscrire.
Il y a malgré tout une nuance technique à ne pas négliger. Si la borne AC de Lidl monte jusqu’à 22 kW, la grande majorité des véhicules électriques ne peut pas absorber cette puissance. La plupart sont limitées à 11 kW, parfois 7,4 kW selon leur chargeur embarqué — c’est notamment le cas de la Renault 5 E-Tech. Concrètement, pendant un passage en caisse d’une heure, vous récupérerez entre 7 et 11 kWh, soit entre 40 et 70 kilomètres d’autonomie supplémentaire selon votre véhicule. C’est loin d’être négligeable, mais il ne faut pas s’attendre à repartir avec une batterie pleine après un aller-retour au rayon légumes. Ce tarif est surtout rentable si vous prenez le temps de laisser votre voiture branchée pendant une visite prolongée.
Anecdote révélatrice du contexte : sur certains parkings Lidl, des conducteurs ont tenté de brancher leur voiture sur les prises dédiées aux vélos électriques en libre accès. La pratique reste juridiquement douteuse, mais elle témoigne de l’appétit réel pour une recharge bon marché à une époque où le prix du carburant traditionnel n’a jamais été aussi élevé.
Lidl ne joue pas dans la même cour qu’Ionity, Electra ou TotalEnergies Charge. Ces opérateurs doivent rentabiliser chaque borne installée grâce au seul revenu généré par la vente d’électricité. Lidl, lui, peut se permettre de vendre le kilowattheure à prix coûtant, voire en dessous, et récupérer sa marge sur le panier moyen en magasin. C’est le même mécanisme que celui qui a longtemps rendu les stations-service de la grande distribution imbattables sur le prix du carburant. L’enseigne revendique aujourd’hui plus de 5 700 points de charge répartis sur les parkings de ses supermarchés, et se positionne comme le premier réseau de recharge rapide de France par le nombre de points. Sur environ 1 600 supermarchés en France, plus de 1 000 seraient déjà équipés, ce qui laisse encore une belle marge de déploiement.
L’enseigne va même plus loin en commercialisant ses propres bornes de recharge domestiques, s’immisçant ainsi dans la recharge à domicile. Pour le conducteur électrique, Lidl devient potentiellement un point de contact à la fois en déplacement et chez soi. Face à ce positionnement, les opérateurs spécialisés disposent d’un seul vrai levier de différenciation : la vitesse de charge. Une session à 150 ou 350 kW sur autoroute ne se remplace pas par une borne AC de supermarché, surtout pour un long trajet. Mais pour la recharge du quotidien, en milieu urbain ou péri-urbain, la pertinence d’un réseau spécialisé se réduit mécaniquement à mesure que la grande distribution étend ses capacités.
Lidl n’est pas seul sur ce terrain. La bataille entre distributeurs pour capter les conducteurs de voitures électriques est déjà bien engagée. Intermarché a déployé des bornes rapides sur ses parkings, E.Leclerc propose son application maison avec des tarifs autour de 0,24 €/kWh, et Carrefour retravaille son offre pour rester dans la course. Au printemps 2026, distributeurs, énergéticiens et opérateurs de recharge se sont même retrouvés à l’Élysée pour coordonner leurs annonces. La logique commerciale est identique pour tous : la borne de recharge est devenue le nouveau produit d’appel, remplaçant progressivement la pompe à carburant comme raison supplémentaire de venir faire ses courses ici plutôt qu’ailleurs.
| Opérateur | Tarif indicatif (€/kWh) | Type de charge |
|---|---|---|
| Lidl (avec Lidl Plus) | 0,18 € | AC jusqu’à 22 kW |
| E.Leclerc | ~0,24 € | AC / DC |
| Lidl (DC) | 0,29 € | DC jusqu’à 180 kW |
| Ionity / Electra | 0,49 à 0,79 € | DC haute puissance |
Pour vous, conducteur de voiture électrique qui faites vos courses chaque semaine, l’équation est simple : brancher sa voiture pendant 45 minutes à 1 heure pour récupérer 50 à 80 kilomètres d’autonomie à moins de 2 euros, c’est une habitude qui peut changer sensiblement votre budget mobilité sur l’année. Reste à s’assurer qu’une borne est disponible à votre arrivée — la popularité croissante du dispositif rend l’accès aux prises parfois sportif aux heures de pointe. L’application Lidl Plus permet de vérifier la disponibilité des bornes en temps réel, ce qui évite les mauvaises surprises.
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