Xiaomi se lance dans les SUV hybrides rechargeables
Xiaomi n’est plus seulement un constructeur de smartphones ou de voitures 100 % électriques. Le géant technologique chinois vient d’obtenir […]
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Pendant que les batteries solid-state concentrent l’attention médiatique depuis plusieurs années, une autre technologie avance discrètement mais sûrement vers les voitures de série. Les anodes en silicium sont déjà en production, déjà dans certains véhicules, et pourraient transformer concrètement l’expérience de conduite électrique bien avant la fin de cette décennie. General Motors en est convaincu, et n’est pas seul dans cette direction.
Aujourd’hui, l’immense majorité des batteries lithium-ion embarquées dans les véhicules électriques utilisent du graphite pour constituer l’anode, c’est-à-dire la partie négative de la cellule qui stocke les ions lors de la charge et les libère lors de la décharge. Le graphite a longtemps été le choix logique : il stabilise la batterie, offre une bonne densité énergétique et se comporte de manière prévisible dans le temps. Le problème, c’est que cette matière première est extraite dans des conditions environnementales souvent problématiques, et que plus de 90 % de sa transformation est concentrée en Chine, ce qui expose les constructeurs à une dépendance géopolitique et économique difficile à ignorer.
Remplacer une partie du graphite par du silicium dans l’anode permet de changer radicalement la donne. Le silicium est capable de stocker environ dix fois plus d’ions que le graphite, ce qui se traduit directement par une meilleure autonomie ou un pack batterie plus compact à capacité équivalente. La difficulté technique majeure, c’est que le silicium gonfle de manière significative lors des cycles de charge et de décharge, ce qui peut fragiliser la cellule. C’est pourquoi les fabricants optent pour des formulations hybrides graphite-silicium, en augmentant progressivement la proportion de silicium à mesure que la maîtrise industrielle progresse.
Contrairement aux batteries solid-state qui restent pour l’instant cantonnées aux laboratoires et aux prototypes, les batteries à anode silicium sont bel et bien en production. La preuve la plus spectaculaire vient du McMurtry Spéirling, une hypercar britannique à effet de sol qui a marqué les esprits lors du Festival of Speed de Goodwood. Elle est propulsée par des cellules du fabricant taïwanais Molicel, intégrant des anodes en silicium développées par la société américaine Group14. Le résultat est éloquent : un 0 à 100 km/h en 1,7 seconde environ, et un quart de mile abattu en huit secondes.
Mercedes-Benz a également franchi le pas avec la nouvelle AMG GT, dont la batterie intègre des anodes à base de silicium. L’avantage ici ne se joue pas sur la vitesse de pointe mais sur la recharge : la marque à l’étoile revendique un passage de 10 % à 80 % en seulement 11 minutes, grâce à une puissance de charge maximale atteignant 600 kilowatts. C’est un chiffre qui dépasse largement ce que proposent la plupart des véhicules électriques actuels, et qui donne une idée concrète de ce que cette technologie peut apporter au quotidien.
Kurt Kelty, vice-président en charge des batteries et de la durabilité chez General Motors, l’a exprimé clairement lors de la conférence GM Empower à San Francisco : “Nous sommes convaincus que le silicium est la prochaine technologie d’anode.” Il précise que les anodes en silicium seront intégrées en proportions croissantes dans les batteries du groupe à court et moyen terme. GM ne s’avance pas sur des chiffres d’autonomie ou des délais précis, mais la direction est tracée.
Le constructeur américain adopte par ailleurs une stratégie multi-chimies assumée, en adaptant chaque technologie à un usage spécifique plutôt qu’en cherchant une solution universelle. Voici comment se répartissent les choix actuels et futurs du groupe :
La vraie question n’est pas de savoir si les anodes en silicium fonctionnent — elles fonctionnent — mais à quelle vitesse elles peuvent descendre en gamme pour équiper des véhicules électriques accessibles au grand public. Sur ce point, la dynamique industrielle est encourageante. La startup américaine Sila a déjà mis en service son usine de Moses Lake dans l’État de Washington, avec une capacité initiale suffisante pour alimenter 50 000 véhicules électriques par an. Des accords d’approvisionnement ont été signés avec Mercedes-Benz et Panasonic, le principal fournisseur de batteries de Tesla. En cas de montée en puissance de la demande, l’usine pourrait être étendue pour couvrir les besoins de 2,5 millions de véhicules.
De son côté, Group14 produit déjà ses matériaux d’anode silicium dans une usine en Corée du Sud, après avoir repris le contrôle total d’une coentreprise avec SK Inc. La capacité annoncée atteint 10 gigawattheures de matériaux, de quoi équiper plus de 100 000 véhicules électriques. Ces volumes restent modestes à l’échelle du marché mondial, mais ils confirment que la technologie sort du stade expérimental pour entrer dans une logique de production industrielle.
Les batteries solid-state restent sur le radar de l’ensemble du secteur — GM inclus, qui maintient des prototypes actifs dans ses laboratoires — mais leur commercialisation à grande échelle semble encore lointaine. D’ici là, les anodes en silicium offrent une voie crédible et déjà praticable pour améliorer significativement l’autonomie des véhicules électriques et leurs temps de recharge, deux critères qui pèsent encore lourd dans la décision d’achat. La transition ne se fera pas en un claquement de doigts, mais les pièces sont en place, les usines tournent et les premiers véhicules de série sont déjà là.
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