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Factorial Energy ne chôme pas. La start-up américaine spécialisée dans les batteries à électrolyte solide vient d’annoncer un nouveau partenariat stratégique avec Mitsui Kinzoku, géant japonais de la fabrication industrielle et l’un des rares acteurs mondiaux à produire des électrolytes solides à base de sulfure. Un accord qui pourrait bien accélérer concrètement la commercialisation de cette technologie de stockage d’énergie très attendue dans l’industrie automobile.
Factorial Energy s’est imposée ces dernières années comme l’un des acteurs incontournables du développement des batteries semi-solides et tout-solide. La société développe deux plateformes propriétaires : FEST (Factorial Electrolyte System Technology) et Solstice, cette dernière étant entièrement orientée vers les batteries tout-solide. L’un des obstacles les plus sérieux à la mise sur le marché de ces batteries reste leur fabrication à grande échelle, et c’est précisément là que Mitsui Kinzoku entre en jeu.
Le groupe japonais est notamment reconnu comme le leader mondial du film de cuivre ultra-fin, couvrant environ 90 % du marché des semi-conducteurs pour ce type de matériau. Il a également mis au point l’A-SOLiD, un électrolyte solide argyrodite à base de sulfure spécifiquement conçu pour les batteries tout-solide, qu’il produira en masse dans une usine dédiée à Saitama, au Japon. La combinaison de la plateforme Solstice de Factorial avec la technologie d’électrolyte de Mitsui Kinzoku vise donc à lever le verrou industriel qui freine encore cette filière. Siyu Huang, PDG de Factorial, a été clair sur le sujet : « L’innovation en matière de batteries ne peut pas être le fait d’une seule entreprise. »
Si les grands noms de l’automobile comme Mercedes-Benz, Stellantis et Hyundai ont investi dans Factorial, ce n’est pas par hasard. Les chiffres avancés par la société sont significatifs. La plateforme Solstice affiche une densité énergétique allant jusqu’à 450 Wh/kg, soit environ 80 % de plus que les batteries lithium-ion classiques. Elle reste stable jusqu’à 90 °C, ce qui lui confère une tolérance thermique bien supérieure aux solutions actuelles.
Les tests en conditions réelles confirment le potentiel de ces cellules. L’an dernier, une Mercedes EQS modifiée équipée de 106 cellules solides Factorial a parcouru plus de 1 200 km sur une seule charge. De son côté, Stellantis a intégré les cellules FEST dans un prototype de Dodge Charger Daytona pour des essais routiers en Amérique du Nord. Les cellules 77 Ah FEST ont démontré une densité énergétique de 375 Wh/kg sur plus de 600 cycles, avec un taux de décharge allant jusqu’à 4C et une recharge ultra-rapide de 15 % à 90 % en 18 minutes. Elles fonctionnent également dans une plage de températures extrêmes allant de -30 °C à +45 °C, ce qui les rend compatibles avec des usages dans des zones climatiques très variées.
L’accord avec Mitsui Kinzoku s’inscrit dans une dynamique plus large. Factorial a récemment reçu des investissements de POSCO Future M et de IQT (In-Q-Tel, le fonds de capital-risque lié aux services de renseignement américains), deux sources de financement qui témoignent de l’intérêt stratégique suscité par ces technologies bien au-delà du seul secteur automobile. En janvier 2026, l’entreprise a décroché sa première commande commerciale pour des véhicules de tourisme, suivie en juillet d’une première commande dans le secteur aérospatial. Factorial a également lancé en début d’année le premier programme commercial de batterie solide aux États-Unis, en collaboration avec Karma Automotive.
À cela s’ajoute un accord signé en juillet avec SK On, via un mémorandum d’entente, pour déployer la technologie de cellules solides de Factorial dans le vaste réseau de production mondial de SK On. Ce dernier fournit déjà des batteries à Hyundai Motor Group, Ford et Volkswagen, ce qui ouvre potentiellement la voie à une diffusion à grande échelle. Factorial ne se limite donc plus au seul domaine automobile : ses batteries sont aussi envisagées pour la défense, l’aérospatiale et la robotique.
La question qui intéresse le plus grand nombre reste celle du calendrier. Siyu Huang, dans une interview accordée au New York Times en décembre dernier, a évoqué une disponibilité des batteries solides Factorial dans des véhicules électriques dès 2027. Comme souvent avec les technologies premium, elles feront vraisemblablement leur entrée par le haut du marché, c’est-à-dire dans des véhicules électriques haut de gamme ou à hautes performances, avant de descendre progressivement vers des modèles plus accessibles.
Ce scénario est cohérent avec l’histoire récente de l’industrie : les grandes avancées technologiques, qu’il s’agisse des premières batteries à haute densité ou des systèmes de recharge rapide, ont toujours commencé par des segments premium avant de se démocratiser. Si Factorial tient ses promesses sur le plan industriel — ce qui reste le principal défi à résoudre — vous pourriez voir apparaître ces cellules dans des modèles de série d’ici la fin de la décennie, avec des autonomies et des temps de recharge qui rendraient les batteries lithium-ion actuelles bien moins compétitives.
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