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BYD n’en finit pas de monter en gamme. Après avoir conquis le marché de masse avec ses modèles Han, Song ou Yuan, le constructeur chinois s’apprête à frapper un grand coup dans le segment des berlines de luxe avec le Great Han, aussi appelé “Da Han” en Chine. Ce flagship attendu pour le troisième trimestre 2026 affiche des ambitions claires : rivaliser avec les meilleures berlines électriques du marché premium, Tesla Model S et Lucid Air comprises.
Le Great Han ne fait pas dans la demi-mesure côté dimensions. Avec 5 256 mm de longueur, 1 999 mm de largeur, 1 510 mm de hauteur et un empattement de 3 130 mm, la berline se positionne clairement dans la catégorie des grandes routières de représentation. Pour vous donner un ordre d’idée, ces cotes sont proches de la Mercedes Classe S en version à empattement long, et dépassent sensiblement celles de la Tesla Model S ou de la Lucid Air. Il s’agit du premier modèle de segment D issu de la gamme Dynasty de BYD, qui regroupe jusqu’ici des modèles plus accessibles.
Ce positionnement soulève une vraie question : BYD est-il réellement capable de convaincre une clientèle premium exigeante, habituée aux codes de l’automobile de luxe ? À en juger par les premières images officielles dévoilées quelques jours avant sa validation par le MIIT (le ministère chinois de l’Industrie et des Technologies de l’Information), la marque a visiblement soigné la présentation. On distingue notamment un LiDAR intégré au toit, signe que le Great Han embarquera un système d’aide à la conduite avancé, ainsi qu’une suspension pneumatique à double chambre, une technologie généralement réservée aux berlines haut de gamme allemandes.
Deux variantes de motorisation ont été homologuées par le MIIT. La première, en propulsion, repose sur un moteur arrière unique de 370 kW, soit 496 chevaux — de quoi assurer des performances solides pour une berline de ce gabarit. La seconde adopte une transmission intégrale avec l’ajout d’un moteur avant de 200 kW (268 ch), portant la puissance combinée à 570 kW, autrement dit 764 chevaux. Ce sont des chiffres qui placent le Great Han dans le territoire des voitures de sport déguisées en berlines familiales.
Les spécifications complètes de la batterie n’ont pas encore été communiquées officiellement, mais BYD a confirmé que le Great Han sera équipé de sa nouvelle Blade Battery 2.0, une évolution de sa technologie de cellules lithium-fer-phosphate. Cette batterie de nouvelle génération est couplée à un système de charge rapide “Flash Charging” capable de récupérer une charge significative en seulement 5 minutes. L’autonomie annoncée en cycle CLTC atteint 1 008 km, un chiffre que peu de berlines électriques peuvent revendiquer aujourd’hui. Gardez à l’esprit que le cycle CLTC est généralement plus favorable que le cycle WLTP utilisé en Europe, mais même en appliquant un coefficient de correction, l’autonomie réelle resterait dans des ordres de grandeur très compétitifs.
Le Great Han arrivera sur le marché chinois en tant que pendant berline du Great Tang, un SUV 7 places déjà lancé et qui avait enregistré plus de 100 000 précommandes avant même sa mise en vente officielle, après son annonce au Salon de Pékin en avril dernier. Le Great Tang est proposé à partir de 250 000 yuans, soit environ 37 000 dollars, ce qui place le Great Han dans une fourchette tarifaire similaire, voire légèrement inférieure selon BYD.
Ce positionnement prix est particulièrement agressif pour une berline de ce niveau d’équipement et de ces dimensions. À titre de comparaison, une Tesla Model S démarre autour de 80 000 euros en Europe, et une Lucid Air dépasse allègrement les 90 000 euros. Même en tenant compte des différences de marchés et des taxes à l’importation, l’écart est considérable. La question de l’arrivée du Great Han sur le marché européen reste ouverte — les droits de douane imposés par l’Union Européenne aux constructeurs chinois depuis 2024 compliquent sérieusement l’équation commerciale. Mais si BYD trouvait un moyen de l’y introduire, la berline représenterait une proposition difficile à ignorer pour les acheteurs de voitures électriques premium.
La technologie Blade Battery de BYD est déjà reconnue pour ses qualités en matière de sécurité thermique — les cellules LFP en format lame limitent considérablement les risques d’emballement thermique, un point faible historique des batteries à haute densité énergétique. Avec la version 2.0, BYD annonce une densité énergétique améliorée, ce qui explique en partie l’autonomie record affichée malgré un gabarit généreux.
Le système Flash Charging en 5 minutes mérite qu’on s’y attarde. BYD ne précise pas encore la puissance de charge maximale requise pour atteindre ce résultat, mais les infrastructures capables de délivrer plusieurs centaines de kilowatts restent encore rares en dehors de la Chine. Si cette promesse est tenue à grande échelle, elle change radicalement la perception de l’anxiété d’autonomie : arrêter 5 minutes sur une aire d’autoroute, c’est à peine le temps d’un café. Reste à savoir si les réseaux de recharge européens seront compatibles avec ce protocole lors d’une éventuelle commercialisation hors Chine.
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