Le constructeur chinois BYD vient de dépasser Tesla en avril 2025 pour devenir le leader mondial des voitures électriques. Pourtant, cette position dominante ne semble pas à l’abri de quelques turbulences. Selon plusieurs sources, le géant de Shenzhen aurait considérablement réduit sa production sur son marché domestique, soulevant des questions sur la réalité de sa croissance fulgurante.
Des mesures drastiques dans les usines chinoises
Les informations rapportées par Reuters révèlent une situation préoccupante dans plusieurs sites de production de BYD. Le constructeur aurait supprimé les équipes de nuit dans quatre de ses sept usines chinoises, réduisant simultanément le rythme d’assemblage. Cette décision aurait pour conséquence directe une baisse de production d’environ un tiers de la capacité maximale de ces installations.
Cette stratégie de ralentissement ne s’arrête pas là. BYD aurait également suspendu ses projets d’extension, renonçant temporairement à l’ajout de nouvelles lignes de production. Pour une entreprise qui emploie plus d’un million de salariés et qui affichait récemment des résultats en forte croissance, ces mesures interpellent. Les raisons officielles restent floues, oscillant entre une volonté de réduction des coûts et des ventes qui n’auraient pas atteint les objectifs fixés.
Des stocks qui s’accumulent malgré des chiffres encourageants
Le paradoxe de BYD réside dans cette apparente contradiction entre des chiffres de vente impressionnants et ces mesures de ralentissement. En mars 2025, la marque avait écoulé 377 420 véhicules hybrides et électriques, dont 72 723 à l’international. Sur le premier trimestre, plus d’un million de véhicules ont été immatriculés, représentant une hausse spectaculaire de 60 % par rapport à l’année précédente.
L’Association des concessionnaires automobiles de Chine apporte un éclairage différent sur cette situation. Leurs données révèlent que les showrooms BYD détiennent en moyenne l’équivalent de 3,21 mois de stock, un chiffre particulièrement élevé comparé à la moyenne du marché qui s’établit à 1,38 mois. Cette accumulation de véhicules invendus pourrait expliquer en partie les décisions de production de l’entreprise.
Les pratiques commerciales dans le viseur des autorités
BYD fait face à des critiques concernant ses méthodes de vente, particulièrement sa tendance à immatriculer des véhicules non commandés par des clients finaux. Ces voitures sont ensuite revendues comme des occasions zéro kilomètre à prix cassé, une pratique que le gouvernement chinois considère comme faussant les statistiques du marché automobile.
Les conséquences de cette stratégie se manifestent concrètement sur le terrain. Plusieurs concessionnaires rencontrent des difficultés financières, certains ayant même fait faillite récemment. Une vingtaine de points de vente seraient actuellement déserts ou fermés, témoignant des tensions dans le réseau de distribution de la marque.
Suppression des équipes de nuit dans 4 usines sur 7
Réduction de production d’un tiers de la capacité
Stock moyen de 3,21 mois contre 1,38 pour le marché
L’offensive européenne comme stratégie de compensation
Face à ces difficultés sur le marché chinois, BYD semble miser sur son expansion européenne pour maintenir sa dynamique de croissance. Le constructeur a lancé une offensive ambitieuse sur le Vieux Continent, prévoyant l’ouverture de trois usines européennes et l’installation d’un centre de recherche et développement en Hongrie.
Cette stratégie porte déjà ses fruits puisque BYD affiche un taux de croissance de 200 % dans cinq des plus grands marchés européens. La marque a même réussi à dépasser Tesla sur les ventes de voitures électriques en Europe, un exploit remarquable considérant qu’elle n’est présente sur ce territoire que depuis l’été 2023. Avec des modèles comme la Dolphin, la Seal ou encore le SUV Seal U, BYD diversifie son offre pour séduire une clientèle européenne de plus en plus sensible à la mobilité électrique.
Le ralentissement observé en Chine pourrait finalement s’avérer être une pause stratégique plutôt qu’un véritable signe de faiblesse. En réajustant sa production domestique tout en accélérant son implantation internationale, BYD semble chercher un équilibre plus durable entre ses ambitions mondiales et la réalité de ses marchés. La question reste de savoir si cette stratégie lui permettra de consolider durablement sa position de numéro un mondial face à une concurrence qui ne désarme pas.
Spécialiste des guides d'achat de voitures électriques, je suis passionné par les nouvelles technologies et je suis un fervent partisan de l'adoption de la technologie électrique et de la mobilité durable.
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