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Dans quelques années, les voitures thermiques n’auront plus aucun avantage

Albert Lecoq

Si vous hésitez encore entre une voiture électrique et un modèle thermique, une étude récente du cabinet PwC pourrait bien éclairer votre décision. Selon Strategy&, l’entité spécialisée de ce géant du conseil, l’année 2030 marquera un tournant décisif où les véhicules électriques surpasseront leurs équivalents essence ou diesel sur pratiquement tous les plans. Cette projection s’appuie sur des données chiffrées qui révèlent une mutation profonde du secteur automobile.

Depuis 2017, le moteur thermique a atteint son pic de production et amorce un déclin progressif. La part de marché mondiale des véhicules électriques devrait bondir de 20% en 2025 à près de 60% en 2035. Cette évolution s’explique par des avancées technologiques majeures qui réduisent progressivement l’écart entre les deux technologies.

Les batteries franchissent des seuils décisifs de performance

L’évolution des batteries constitue le moteur principal de cette transformation. Les ingénieurs approchent désormais la barre symbolique des 450 à 500 Wh/l de densité énergétique, seuil considéré comme crucial pour égaler les performances des voitures thermiques. Cette amélioration se traduit concrètement par des autonomies dépassant les 600 kilomètres avec des packs plus légers et compacts.

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Les projections de Strategy& prévoient un gain de 50 à 75 km d’autonomie à capacité identique d’ici 2030, ou alternativement une réduction des coûts de 500 euros pour une autonomie équivalente. Cette double amélioration permettra aux constructeurs d’offrir soit des véhicules plus performants, soit des modèles plus accessibles financièrement.

AnnéeDensité énergétique (Wh/l)Autonomie typique (km)Temps de recharge 0-80%
2025350-400450-55025-35 minutes
2030450-500600-70010-15 minutes

La recharge ultra-rapide change la donne

La vraie révolution pourrait bien venir de la vitesse de recharge. D’ici 2030, il sera possible de récupérer 400 km d’autonomie en seulement 10 minutes sur les modèles grand public. Les véhicules haut de gamme pourront même atteindre 615 km en 10 minutes, selon les projections de l’étude. Ces performances dépassent déjà les annonces de certains constructeurs comme BYD, qui revendique 400 km en 6 minutes avec sa technologie Megawatt.

Cette accélération de la recharge s’accompagne d’une baisse spectaculaire des coûts. Les cellules LFP (Lithium-Fer-Phosphate) ont surpris les analystes en tombant à environ 60 €/kWh, bien en dessous des prévisions initiales. Cette chute s’explique par la surcapacité mondiale de production, qui intensifie la concurrence entre fabricants et tire les prix vers le bas.

  • Coût des batteries LFP actuel : 60 €/kWh
  • Gain d’efficacité prévu : 5 à 10% de consommation en moins
  • Objectif de consommation 2030 : 12 à 14 kWh/100 km
  • Part du coût batterie dans le groupe motopropulseur : 60 à 70%
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L’équation économique bascule progressivement

Sur le plan financier, la parité du coût total de possession (TCO) entre véhicules électriques et thermiques est déjà atteinte dans la plupart des segments. Cette compétitivité résulte principalement des coûts d’entretien réduits et du prix de l’électricité généralement inférieur à celui des carburants fossiles. Un constat que partage l’UFC-Que Choisir pour le marché français.

Le prix d’achat reste le dernier bastion des voitures thermiques. Le coût du groupe motopropulseur électrique, dominé par les batteries, demeure supérieur à celui d’un moteur traditionnel. La parité à l’achat n’est attendue qu’à partir de 2030, avec une convergence totale des prix vers 2040. Des modèles comme la future Renault Twingo électrique, annoncée sous les 20 000 euros dès 2026, préfigurent cette démocratisation.

Des défis géopolitiques persistent malgré les avancées

La dépendance aux matières premières stratégiques constitue le principal point de vulnérabilité de cette transition. La Chine contrôle largement les chaînes d’approvisionnement des terres rares et du lithium, créant une situation de dépendance pour les constructeurs occidentaux. Les récentes tensions commerciales, incluant des pénuries organisées et la fermeture stratégique de mines de lithium, illustrent cette fragilité géopolitique.

Cette réalité explique en partie pourquoi l’adoption des véhicules électriques progresse de manière inégale selon les régions. Tandis que la Chine tire cette croissance mondiale, les États-Unis restent plus prudents sur le sujet. L’Europe, qui doit bannir la vente de véhicules thermiques et hybrides dès 2035, se trouve au cœur de ces enjeux d’approvisionnement. Les constructeurs européens intensifient leurs investissements dans des chaînes d’approvisionnement alternatives, notamment avec des projets d’extraction en Australie, au Canada et même en France pour le lithium.

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Cette mutation technologique et économique redessine déjà les stratégies des constructeurs automobiles. Avec une part de marché mondiale prévue à 40% en 2030 et 60% en 2035 pour les véhicules électriques, la question n’est plus de savoir si cette transition aura lieu, mais plutôt à quelle vitesse elle s’accomplira selon les régions du monde.

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