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Cette nouvelle marque chinoise prépare une arrivée massive en France

Philippe Moureau

Vous avez peut-être remarqué l’arrivée discrète de marques comme Lynk&Co ou Zeekr sur le marché français. Toutes appartiennent au géant chinois Geely, qui multiplie les étiquettes depuis quelques années sans vraiment percer face à ses compatriotes BYD ou MG. Face à ce constat, le constructeur chinois révise sa copie et se prépare à déployer sa marque principale sur le continent avec une approche radicalement différente.

Fini le positionnement premium tous azimuts. Geely mise désormais sur des véhicules plus abordables et surtout sur la technologie hybride rechargeable plutôt que sur l’électrique pur. Une stratégie inspirée directement du succès de BYD, qui s’est imposé comme l’un des acteurs majeurs en Europe grâce à cette même recette.

Un bilan mitigé malgré une offensive multi-marques

Le groupe Geely a choisi une approche particulière pour conquérir l’Europe : disperser ses forces entre plusieurs marques spécialisées. Lynk&Co pour l’abonnement automobile, Zeekr pour les berlines électriques haut de gamme, Polestar dans le premium sportif, Smart relancé dans l’urbain électrique, et Farizon pour les utilitaires. Chacune de ces marques vise un segment spécifique avec des prix élevés et une offre exclusivement électrifiée.

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Cette stratégie n’a visiblement pas donné les résultats escomptés. Pendant que ses compatriotes SAIC (propriétaire de MG), BYD ou Chery progressent rapidement, Geely peine à s’imposer. Ces trois constructeurs chinois rivalisent aujourd’hui avec des marques établies comme Mazda, Nissan ou Honda en termes de volumes de vente européens. Un écart qui interpelle quand on sait que Geely reste paradoxalement un acteur secondaire sur son marché domestique chinois, malgré les énormes volumes brassés localement.

La marque mère entre en scène avec une nouvelle stratégie

Face à ces résultats décevants, Geely fait machine arrière et prépare l’arrivée de sa marque principale sur six marchés européens prioritaires. La Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, l’Italie, l’Espagne et la Pologne verront ainsi fleurir des concessions Geely dans les prochains mois. L’objectif ? Atteindre plus de 1 000 points de vente à moyen terme.

Cette expansion s’accompagne d’un repositionnement stratégique majeur. Fini le tout-électrique premium, place aux modèles hybrides rechargeables accessibles. Une approche qui présente plusieurs avantages : des prix de vente plus contenus, une autonomie totale rassurante pour les acheteurs européens, et surtout l’évitement des taxes douanières supplémentaires que l’Union européenne applique aux véhicules électriques chinois.

Un catalogue riche pour séduire tous les segments

Geely dispose d’un avantage considérable : un catalogue particulièrement fourni entre ses gammes Geely et Galaxy. Le constructeur peut piocher dans une offre qui couvre pratiquement tous les segments du marché européen :

  • Les SUV compacts avec le Binyue (commercialisé sous le nom Coolray dans certains pays) et l’Icon
  • Les SUV familiaux comme les Boyue L et Xingyue L
  • Les grandes berlines familiales Galaxy L7 et Starship 7
  • Une gamme complète de berlines Starshine déclinée en versions 6, 7 et 8
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Cette diversité permet à Geely d’envisager une couverture complète du marché européen, des citadines aux grands SUV familiaux. Chacun de ces modèles peut être équipé de la motorisation hybride rechargeable qui constitue désormais le cœur de la stratégie européenne du groupe.

Hybride rechargeable : l’arme fatale pour contourner les barrières

Le choix de l’hybride rechargeable ne relève pas du hasard. Cette technologie offre plusieurs avantages décisifs sur le marché européen actuel. D’abord, elle rassure les consommateurs encore réticents face à l’électrique pur, en proposant une autonomie illimitée grâce au moteur thermique d’appoint.

Ensuite, et c’est probablement l’argument le plus décisif, les véhicules hybrides rechargeables échappent aux droits de douane majorés que l’Union européenne impose aux voitures électriques chinoises. Ces taxes, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de points supplémentaires, handicapent considérablement la compétitivité-prix des modèles 100% électriques en provenance de Chine.

BYD a parfaitement compris cette donne et base une grande partie de son succès européen sur ses modèles hybrides rechargeables comme le Seal U DM-i ou le Tang. Geely compte manifestement suivre cette voie tracée par son compatriote, en s’appuyant sur des décennies d’expérience dans les motorisations hybrides acquises notamment grâce à sa participation au capital de Volvo.

Cette réorientation stratégique de Geely témoigne de la maturité grandissante des constructeurs chinois sur les marchés internationaux. Plutôt que de persister dans une approche qui ne porte pas ses fruits, le groupe n’hésite pas à pivoter vers une stratégie plus pragmatique, directement inspirée des succès observés chez la concurrence. Reste à voir si cette nouvelle approche permettra enfin à Geely de rattraper son retard face à ses compatriotes déjà bien implantés en Europe.

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