Test de l’élan à 94 km/h : cette voiture électrique chinoise a-t-elle vraiment battu un record ?
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Si vous suivez le marché automobile chinois, vous connaissez déjà le Geely Xingyuan, rebaptisé EX2 pour l’export. Ce petit véhicule électrique s’est imposé comme la voiture la plus vendue en Chine en 2025, toutes motorisations confondues. Pas seulement la plus vendue parmi les électriques — la plus vendue tout court. Un an à peine après son lancement, Geely vient de lui offrir une mise à jour substantielle : plus d’autonomie, de nouvelles technologies d’aide à la conduite, et un prix revu à la baisse. Voici ce que cela change concrètement.
La nouveauté la plus significative de cette mise à jour, c’est l’intégration du système Geely Afari Smart Driving (G-ASD). Présenté au CES plus tôt cette année, ce programme d’assistance à la conduite basé sur l’intelligence artificielle constitue la colonne vertébrale de la stratégie de conduite autonome de Geely. Sur le Xingyuan, son implémentation reste raisonnable — on n’est pas sur le niveau d’un concept autonome comme l’EVA Cab — mais elle apporte des fonctionnalités concrètes et appréciables au quotidien.
Au programme : une navigation automatisée sur autoroute (navigate-on-autopilot), un système de stationnement automatique, ainsi qu’un mode sentinelle permettant aux caméras d’enregistrer l’environnement du véhicule lorsqu’il est garé. Ce dernier point peut sembler anecdotique, mais dans un contexte de parking urbain dense, c’est une vraie tranquillité d’esprit. Ce qui rend cette évolution notable, c’est que l’ancienne version du Xingyuan n’offrait aucune de ces fonctionnalités. Son concurrent direct, le BYD Seagull, proposait bien son système God’s Eye — mais uniquement en option payante. Ici, Geely intègre ces technologies de série, ce qui repositionne clairement le rapport équipement/prix de l’EX2.

Sur le plan technique, la gamme conserve ses deux motorisations existantes — 60 kW (80 ch) avec batterie de 30,12 kWh, et 85 kW (114 ch) couplée à une batterie de 40,16 kWh — mais s’enrichit d’une troisième option : une batterie de 47 kWh inédite, qui permet d’atteindre 480 km d’autonomie selon le cycle CLTC. Il faut rappeler que ce standard chinois est notoirement optimiste comparé aux normes WLTP ou EPA utilisées en Europe et aux États-Unis. En usage réel, il convient de revoir ce chiffre à la baisse d’environ 20 à 25 %, ce qui reste néanmoins cohérent pour une citadine polyvalente.
La recharge rapide progresse elle aussi. Là où l’ancienne version nécessitait 30 minutes pour passer de 30 à 80 %, le nouveau Xingyuan accomplit cette même charge en 19 minutes. Ce n’est pas de la recharge ultra-rapide à 150 kW comme on peut en trouver sur des modèles premium, mais pour une voiture dont le prix de base frôle les 9 000 €, c’est une progression tangible. Voici un récapitulatif des trois configurations disponibles :
À bord, la mise à jour apporte le système d’infodivertissement Flyme Auto 2.0, la plateforme logicielle maison de Geely, qui intègre désormais la compatibilité Apple CarPlay. C’est une demande récurrente des utilisateurs, et son absence sur les versions précédentes était régulièrement pointée du doigt. L’interface en elle-même reste dans la lignée de ce que propose Geely depuis quelques années : réactive, bien organisée, avec une large dalle tactile centrale.
Pour le reste, les changements restent cosmétiques : un nouveau dessin de jantes et deux nouvelles teintes extérieures viennent compléter la palette. La silhouette générale n’évolue pas, et c’est assumé. Geely mise sur la continuité stylistique plutôt que sur une refonte visuelle qui aurait pu perturber les acheteurs fidèles à ce modèle.
C’est peut-être là que réside la décision la plus stratégique de cette mise à jour. Le Xingyuan EX2 2026 débute à environ 9 133 dollars en Chine, soit un tarif légèrement inférieur aux 9 700 dollars pratiqués l’année dernière — et ce, malgré un contenu technique enrichi. La version la mieux équipée, avec la grande batterie et toutes les options, atteint environ 14 000 dollars. À titre de comparaison, ce prix reste inférieur à celui de nombreuses citadines thermiques en Europe.
Cette baisse de prix n’est pas anodine. Les ventes du Xingyuan affichent un recul d’environ 3 % par rapport à 2025, signe que la compétition s’est intensifiée. Plusieurs nouveaux modèles de petites voitures électriques positionnés dans la même tranche tarifaire sont apparus ou sont sur le point d’arriver sur le marché chinois. Geely réagit vite — peut-être même trop vite pour certains constructeurs occidentaux habitués à des cycles de développement de cinq à sept ans. Cette cadence de mise à jour, presque annuelle, illustre parfaitement la vitesse à laquelle évolue l’industrie automobile en Chine.
Reste une question que beaucoup d’observateurs se posent : le Xingyuan EX2 mis à jour arrivera-t-il sur les marchés internationaux ? Les signaux sont là. Geely s’est déjà montré capable de déployer ses modèles à l’échelle mondiale via ses différentes marques, et une voiture électrique affichant de telles spécifications à moins de 10 000 dollars constituerait un argument massif face aux offres européennes actuelles. Si cette version exportable venait à confirmer sa commercialisation en Europe, elle redistribuerait sérieusement les cartes du segment des citadines électriques accessibles.
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