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Honda est une marque qui a toujours eu du mal à se cantonner à un seul domaine. Motos, voitures, générateurs, robots humanoïdes, jets privés… Si ça tourne, Honda y a probablement mis son nez. Mais voilà que le géant japonais semble prêt à ajouter un nouveau venu à sa liste déjà bien fournie : un vélo à assistance électrique tout-terrain, autrement dit un e-MTB. Et à en juger par ce qui a été présenté, il ne s’agit pas d’un simple exercice de style.
C’est à l’occasion du Sea Otter Europe de Gérone, en Espagne, que Honda a levé le voile sur ce projet en septembre 2026. L’événement, dédié au cyclisme sous toutes ses formes, était le terrain idéal pour marquer les esprits. Et Honda a visiblement fait le déplacement avec l’intention d’être pris au sérieux.
Le signe le plus parlant ? Le site web allemand de Honda invite déjà les passionnés à s’enregistrer pour manifester leur intérêt. Le message affiché est sobre mais volontaire : « New terrain, same dream », avec la mention que le vélo est « presque là ». Ce type de communication ne ressemble pas à une marque qui tâte le terrain ; ça ressemble à une marque qui prépare un lancement commercial.
Honda a d’ailleurs choisi de présenter ce prototype aux côtés du légendaire RN01, son vélo de descente développé au début des années 2000, ainsi que ses dernières motos électriques et prototypes tout-terrain. Un parallèle assumé, qui montre que l’entreprise considère ce projet comme une suite logique à une histoire interrompue, et non comme un coup marketing opportuniste.
Techniquement, le prototype est construit autour d’un cadre monocoque en carbone développé en partenariat avec le fabricant allemand de e-bikes premium Rotwild, via sa division ADP Engineering. C’est un choix qui dit beaucoup : Rotwild n’est pas un assembleur bas de gamme, c’est une référence dans l’univers du VTT électrique haut de gamme.
Le bras arrière massif, que Honda nomme le « Gullarm », rappelle sans détour les architectures utilisées sur les motos de la marque. La suspension adopte un système à pivot unique avec plusieurs biellettes pilotant l’amortisseur arrière — une configuration connue pour sa précision et sa progressivité.
Voici les éléments techniques déjà confirmés sur le prototype :
Sur ce dernier point, un détail intrigue les observateurs attentifs. Les images diffusées par Honda montrent un carter moteur légèrement différent de celui du Shimano EP801 actuel. Insuffisant pour affirmer qu’un nouveau moteur Shimano est en développement, mais assez pour alimenter les spéculations jusqu’aux prochaines annonces officielles.
Honda a une vraie histoire avec le VTT. Au début des années 2000, la division R&D moto de la marque avait développé le RN01, un vélo de descente radical équipé d’une transmission fermée montée dans le cadre — une architecture plus proche de la moto que du vélo classique. Honda avait engagé ce bolide en compétition internationale avant de se retirer du sport vers 2006.
Ce retour est donc chargé de symbolique. Et Honda ne fait pas semblant de l’ignorer : exposer le nouveau prototype à côté du RN01 est un message clair sur la continuité de la démarche. La marque ne colle pas simplement son logo sur un cadre générique acheté à un fournisseur OEM asiatique, comme beaucoup d’autres constructeurs automobiles l’ont fait pour surfer sur la vague du vélo électrique.
Honda n’a pas encore communiqué sur plusieurs points essentiels pour les futurs acheteurs :
Ces inconnues sont nombreuses, mais elles sont normales à ce stade du développement. Ce qui l’est moins, en revanche, c’est qu’Honda collecte déjà des inscriptions d’intérêt sur son site. Ce détail change la nature du projet : on n’est plus dans la phase de concept ou d’exploration, mais bel et bien dans une phase de préparation commerciale active.
Le marché du VTT électrique haut de gamme est aujourd’hui dominé par des acteurs solides comme Specialized, Trek, Giant ou encore Rotwild lui-même. Honda arrive avec un bagage technique conséquent et une crédibilité mécanique que peu de nouveaux entrants peuvent revendiquer. La vraie question n’est donc pas de savoir si Honda peut faire un bon e-MTB — c’est plutôt de savoir à quel prix il sera proposé, et si la marque sera prête à jouer le jeu sur le long terme, là où d’autres ont abandonné après quelques saisons.
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