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Jeep prépare 4 nouveaux modèles pour l’Europe d’ici 2030, dont un SUV “made in China”

Michael Ptaszek

Depuis 2024, Jeep ne propose plus en Europe que deux modèles : l’Avenger et le Compass. Le Grand Cherokee, le Gladiator et même le mythique Wrangler ont tous été retirés du catalogue européen. Une cure d’amaigrissement radicale, dictée avant tout par une contrainte réglementaire : le groupe Stellantis doit ramener sa moyenne d’émissions à 50 g/km de CO2 d’ici 2030, et les gros modèles thermiques peu électrifiés pesaient trop lourd dans la balance. Mais cette gamme squelettique atteint ses limites commerciales, et la marque américaine prépare désormais une offensive en quatre nouveaux modèles d’ici la fin de la décennie.

Le Recon ouvre la voie, mais uniquement en électrique

Premier modèle attendu sur le Vieux Continent, le Jeep Recon est déjà commercialisé aux États-Unis. Son arrivée en Europe est prévue pour 2027, mais avec une particularité de taille : il sera exclusivement proposé en 100 % électrique. Pas d’hybride, pas de diesel, pas de compromis. Ce positionnement monochrome n’est pas un hasard : dans un marché européen soumis à des réglementations de plus en plus strictes, Stellantis ne peut pas se permettre d’importer des versions thermiques sans dégrader davantage ses moyennes de CO2.

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Le Recon incarne une silhouette résolument baroudeuse, fidèle à l’ADN tout-terrain de la marque, mais adapté aux contraintes d’une motorisation électrique. Il s’adresse à une clientèle qui veut conserver le look et les capacités off-road de Jeep sans faire de concession à l’électrique. Si le positionnement tarifaire reste à confirmer pour le marché européen, ce modèle aura la lourde tâche d’élargir l’offre de la marque sans cannibaliser l’Avenger, qui joue dans une catégorie inférieure.

Un SUV co-développé avec Dongfeng : l’alliance sino-américaine au cœur de la stratégie

La véritable rupture dans la stratégie de Jeep interviendra en 2028, avec l’arrivée d’un SUV de taille moyenne, positionné entre le Compass et le Recon. Ce modèle est issu d’un partenariat entre Jeep et le constructeur chinois Dongfeng, et sera assemblé dans l’usine de Wuhan. Deux architectures de motorisation sont envisagées : une version hybride rechargeable et une version à autonomie étendue (range extender), technologie encore marginale en Europe où elle n’a pas vraiment fait ses preuves commercialement — les résultats très discrets de Leapmotor sur ce segment en sont un bon exemple.

Ce choix de produire en Chine n’est pas une anomalie chez Stellantis : Peugeot suit une logique similaire avec Dongfeng, une collaboration qui remonte à 1992. La marque premium Voyah, elle, devrait prochainement sortir de l’usine Stellantis de Rennes. Reste une question légitime : comment la clientèle européenne accueillera-t-elle un SUV à badge américain mais fabriqué en Chine ? Dans un contexte où les marques chinoises elles-mêmes peinent parfois à convaincre les automobilistes européens, l’équation n’est pas simple. La réputation tout-terrain de Jeep sera son meilleur atout, mais l’origine de fabrication pourrait freiner certains acheteurs habitués à y associer un gage de qualité américain.

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Deux compacts sur la plateforme STLA One pour remplacer le Renegade

En dessous de ce SUV intermédiaire, deux modèles compacts bâtis sur la nouvelle plateforme STLA One complèteront la gamme. Présentée en mai 2025, cette architecture est conçue pour réduire les coûts de production d’environ 20 %, un argument de poids dans un marché où les marges sur les véhicules électriques restent sous pression. Selon Fabio Catone, responsable de Jeep en Europe, ces modèles afficheront des dimensions comprises entre 4,2 et 4,3 mètres, se logeant donc juste au-dessus de l’Avenger.

L’objectif assumé est de capitaliser sur l’héritage du Renegade, lancé en 2014, qui avait popularisé le format du petit SUV baroudeur accessible. Ces deux compacts proposeront des motorisations hybrides ainsi que des versions quatre roues motrices, un critère différenciant face à la concurrence qui abandonne souvent la transmission intégrale sur ce segment. La plateforme STLA One doit permettre à Jeep de rationaliser ses coûts tout en gardant une palette de motorisations suffisamment large pour répondre aux attentes variées du marché européen.

  • Dimensions visées : 4,2 à 4,3 mètres, légèrement au-dessus de l’Avenger (4,08 m)
  • Motorisations prévues : hybride et versions 4×4
  • Plateforme : STLA One, réduction des coûts de production de ~20 %
  • Inspiration : héritage du Renegade, pensé pour le segment des SUV compacts abordables
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Ce que Jeep ne fera pas en Europe : pick-up, Scrambler et Wagoneer S exclus

La feuille de route est ambitieuse, mais elle comporte autant d’absences notables que d’annonces. Aucun pick-up Jeep ne rejoindra le catalogue européen dans les années à venir : ni successeur du Gladiator, ni Scrambler pourtant récemment dévoilé. La réglementation CO2 ferme simplement la porte à ces gabarits trop émetteurs pour être rentables à homologuer.

Le Wagoneer S électrique, SUV premium lancé aux États-Unis, a lui aussi été écarté du plan européen. La direction de Jeep estime que son créneau sera suffisamment couvert par le Recon d’un côté et le futur modèle issu de la coopération avec Dongfeng de l’autre. En résumé, la gamme européenne de Jeep passera de 2 à 6 modèles d’ici 2030, dans un équilibre pensé autant pour satisfaire les acheteurs que pour respecter les objectifs d’émissions imposés au groupe. Jeep reste l’une des quatre marques internationales de Stellantis aux côtés de Peugeot, Fiat et RAM, et son redéploiement en Europe sera l’un des chantiers industriels les plus suivis de la décennie.

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