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La Citroën 2CV fait son retour, et cette fois sous forme électrique. L’annonce a été faite lors d’une présentation aux investisseurs et a visiblement provoqué une belle effervescence dans la salle. Il faut dire que la 2CV n’est pas n’importe quelle voiture : c’est un symbole national, celui d’une époque où l’automobile était pensée avant tout pour être accessible au plus grand nombre. Citroën semble vouloir renouer avec cette philosophie, dans un contexte où le prix moyen d’une voiture électrique en Europe reste encore bien au-dessus de ce que beaucoup de ménages peuvent se permettre.
C’est le chiffre qui retient l’attention : moins de 15 000 € en prix de départ, soit environ 17 500 dollars, avant application des aides à l’achat. Dans plusieurs pays européens, ces bonus écologiques peuvent encore amputer plusieurs milliers d’euros du prix final, ce qui rendrait la nouvelle 2CV accessible à un niveau de budget vraiment inhabituel pour une voiture électrique neuve. Xavier Chardon, PDG de Citroën, a lui-même confirmé l’intention du constructeur de « démocratiser la mobilité électrique », en ressortant le terme “icône” pour justifier le retour de ce modèle légendaire.
Ce qui est notable, c’est que Citroën s’engage à produire ce modèle en Europe, condition indispensable pour intégrer la nouvelle catégorie M1E instaurée par l’Union européenne. Cette classification, souvent comparée aux kei cars japonaises, impose une longueur maximale de 4,2 mètres mais sans contrainte sur la largeur. Contrairement aux quadricycles légers type Citroën Ami, les véhicules M1E restent de véritables voitures : ils doivent respecter les normes de sécurité en vigueur, embarquer des airbags, un contrôle de traction et certaines aides à la conduite. Ce n’est donc pas un sous-véhicule, c’est une voiture à part entière, simplement conçue pour coûter moins cher.
La nouvelle 2CV sera assemblée dans l’usine Stellantis de Pomigliano d’Arco, en Italie, le même site qui produit actuellement la Fiat Panda. Elle partagera cette chaîne de production avec un modèle badgé Fiat, qui devrait présenter un design radicalement différent malgré une base technique commune. Ce type de mutualisation industrielle est précisément ce qui permet à Stellantis de viser un tarif aussi bas tout en maintenant la production sur le sol européen.
Du côté du design, la première image teaser montre une silhouette que l’on n’attendait pas forcément : des passages de roues arrière évasés, une posture assez affirmée, le tout combiné à un grand vitrage arrondi et des proportions volontairement originales. Le résultat semble jouer sur le contraste entre l’héritage rétro de la 2CV et une interprétation contemporaine, sans chercher à être une copie conforme de l’original. Le style reste à confirmer, car Citroën pourrait présenter une version proche de la production au Mondial de Paris en octobre 2026, avant une commercialisation prévue pour 2028.
Construire une voiture électrique à ce prix implique des choix assumés. La batterie devrait afficher une capacité aux alentours de 20 kWh, vraisemblablement en chimie LFP (lithium-fer-phosphate), moins coûteuse à produire et plus robuste dans le temps que les technologies NMC. La puissance du moteur restera probablement sous les 100 chevaux, ce qui est cohérent pour un usage urbain et périurbain. L’autonomie sera donc limitée, mais suffisante pour les trajets du quotidien.
Pour contenir les coûts, certains équipements de confort pourraient être sacrifiés dans les versions d’entrée de gamme. Des lève-vitres manuels ne sont pas à exclure, un choix qui peut paraître anachronique mais qui reste fonctionnel. Il est également possible que Citroën s’appuie sur des technologies ou des composants d’origine chinoise via le partenariat de Stellantis avec Leapmotor. Le groupe a déjà confirmé l’utilisation d’une plateforme chinoise et de batteries chinoises pour un futur Opel électrique, la porte est donc ouverte pour que la 2CV bénéficie du même type d’approvisionnement afin de tenir l’objectif tarifaire.
Sur ce segment, la concurrence commence à s’organiser. La nouvelle Renault Twingo électrique arrive aux alentours de 20 000 €, soit un écart de 5 000 € avec la 2CV visée. Dacia travaille également sur un modèle électrique basé sur la plateforme de la Twingo, annoncé autour de 18 000 € : plus abordable que la Twingo, mais toujours au-dessus du prix cible de Citroën.
| Modèle | Prix de départ estimé | Plateforme | Production |
|---|---|---|---|
| Citroën 2CV électrique | < 15 000 € | Stellantis / Leapmotor (possible) | Italie |
| Dacia électrique (à venir) | ~ 18 000 € | CMF-BEV (Renault) | Europe |
| Renault Twingo électrique | ~ 20 000 € | CMF-BEV | Europe |
| Citroën ë-C3 | ~ 23 000 € | Stellantis eSmart | Slovaquie |
Si Citroën tient vraiment sa promesse tarifaire, la nouvelle 2CV s’imposerait comme la voiture électrique neuve la moins chère d’Europe dans la catégorie des vraies voitures homologuées. C’est un pari ambitieux, et beaucoup de questions restent ouvertes sur les compromis acceptés pour atteindre ce prix. Mais l’idée en elle-même — remettre une voiture électrique à portée du budget d’un étudiant ou d’un primo-accédant — répond à une vraie attente du marché que les constructeurs ont trop longtemps ignorée.
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