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La Cixi Vigoz : ce drôle d’engin français mi-vélo mi-voiture électrique qui roule à 120 km/h

Albert Lecoq

Il existe des projets automobiles qui résistent à toute classification. La Cixi Vigoz en fait clairement partie. Développée par une startup française du même nom, connue pour son système de pédalage sans chaîne baptisé PERS, cette machine à trois roues brouille volontairement les frontières entre le vélo à assistance électrique et la voiture électrique compacte. Ni tout à fait l’un, ni tout à fait l’autre, elle suscite autant l’intérêt que l’interrogation — et c’est précisément ce qui mérite qu’on s’y attarde.

Un projet né à Paris il y a plus de dix ans

La Vigoz n’est pas née d’une idée de génie sortie de nulle part en 2025. Son développement a débuté en 2015 à Paris, ce qui en fait un projet vieux d’une décennie, toujours sans calendrier de production annoncé. Ce point mérite d’être souligné : comme d’autres projets ambitieux dans le secteur des véhicules alternatifs, la Vigoz avance à son propre rythme, loin des cycles industriels traditionnels. Cixi indique que le véhicule est actuellement en phase de “design intent”, ce qui signifie que le prototype présenté donne une image fidèle du produit final attendu, sans que la production de série soit pour autant imminente.

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La startup Cixi s’est d’abord fait remarquer avec son système PERS, un pédalage sans chaîne qui équipe la Vigoz et constitue l’un des éléments les plus singuliers de ce véhicule. Ce système ne sert pas uniquement à avancer : il permet également de contrôler intégralement la vitesse du véhicule et, fait assez peu commun, de reculer. Autrement dit, les pédales ne sont pas là pour faire joli ou satisfaire une quelconque réglementation — elles sont au cœur du fonctionnement même de l’engin.

Fonctionnement technique : une batterie de 22 kWh, mais il faut pédaler

Sous ses airs d’ovni roulant, la Vigoz embarque une batterie de 22 kWh couplée à un moteur électrique entraînant les roues arrière. Mais voilà le point qui distingue radicalement ce véhicule de tout ce que vous connaissez : il ne se déplace pas si vous ne pédalez pas. Le moteur électrique fonctionne en assistance, à la manière d’un VAE poussé dans ses derniers retranchements, et non comme un moteur autonome. Selon le niveau d’assistance sélectionné, Cixi annonce une autonomie pouvant atteindre 160 kilomètres sur une charge complète, avec une vitesse maximale revendiquée de 120 km/h, ce qui la rend théoriquement compatible avec les voies rapides et autoroutes.

La recharge s’effectue via une prise Type 2 en courant alternatif, standard bien connu en Europe. Rien d’exotique de ce côté-là. En revanche, l’absence de climatisation est à noter : Cixi compense avec des ventilateurs intégrés au siège pour les journées chaudes. Pas d’airbags non plus — la startup justifie cela par l’absence de volant, ce qui complique effectivement leur intégration. Les passagers bénéficient de ceintures de sécurité trois points, présentées comme suffisantes par le constructeur.

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Dimensions, habitacle et points Isofix : une vraie place pour deux passagers

La Vigoz n’est pas un micro-véhicule étroit qu’on imaginerait se faufiler dans les ruelles parisiennes. Ses dimensions sont les suivantes :

  • Longueur : 350 cm
  • Largeur : 154 cm
  • Hauteur : 165 cm

On est donc face à un gabarit relativement imposant pour un engin de cette nature. Cixi met en avant cette hauteur comme un avantage de visibilité sur route, notamment face aux véhicules plus conventionnels. L’habitacle accueille deux personnes, et la place arrière dispose de points d’ancrage Isofix certifiés pour installer un siège enfant homologué — un détail qui témoigne d’une vraie réflexion sur l’usage familial. Si vous souhaitez plus d’espace de chargement, il est possible de rabattre le panneau arrière pour transformer la Vigoz en mono-place avec un coffre ouvert agrandi.

Les deux portes s’ouvrent pour permettre une montée côté sécurité, et lorsqu’une porte s’ouvre, le guidon s’abaisse automatiquement pour faciliter l’accès. Le véhicule intègre également un système d’inclinaison automatique en virage, censé garantir un comportement routier fluide malgré une architecture à trois roues.

Quel permis faut-il pour conduire la Vigoz, et à quel prix ?

La question du permis est légitime, et la réponse dépendra du marché concerné. Selon Cixi, il faudra soit un permis voiture léger, soit une combinaison d’un permis voiture classique et d’un permis moto léger. Rien de définitif à ce stade, ce qui reflète la difficulté à catégoriser juridiquement un tel véhicule dans les réglementations existantes.

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Quant au prix, Cixi n’a communiqué aucun chiffre. Ce qui est acté en revanche, c’est le modèle commercial retenu : la Vigoz ne sera pas vendue à l’achat. Elle sera uniquement disponible via un système d’abonnement. Une approche que l’on voit se développer dans le secteur de la mobilité, mais qui soulève des questions légitimes sur le coût total sur la durée et la flexibilité pour l’utilisateur. Reste à savoir si ce modèle séduira suffisamment d’acheteurs potentiels pour permettre à Cixi de franchir le cap de la production industrielle — une étape que le projet n’a pas encore atteinte après dix ans de développement.

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