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La Norvège vient de franchir une nouvelle étape dans son engagement pour le transport maritime électrique. L’opérateur norvégien Boreal AS a passé commande de 20 ferries électriques à foils Candela P-12, une commande qui représente le plus important déploiement de ce type de navires jamais réalisé. Ces embarcations futuristes prendront place le long des côtes norvégiennes et dans les fjords, là où l’électrification des liaisons rapides posait jusqu’ici de sérieux problèmes techniques.
Si la Norvège domine déjà largement le classement mondial pour l’adoption des véhicules électriques sur route, et même pour les ferries conventionnels pour voitures, les navires à passagers rapides sont restés fidèles au diesel. La raison ? Les besoins énergétiques considérables de ces bateaux à grande vitesse, combinés à l’absence d’infrastructure électrique suffisante dans les zones côtières reculées. Candela propose une approche différente : plutôt que de compenser la consommation par des batteries surdimensionnées, la société suédoise a choisi de réduire drastiquement les besoins énergétiques à la source.
Le P-12 utilise des hydrofoils en fibre de carbone pilotés par ordinateur qui soulèvent la coque hors de l’eau dès que le bateau dépasse les 18 nœuds. En « volant » littéralement au-dessus de la surface, le ferry réduit la traînée de manière si importante que sa consommation énergétique chute d’environ 80% par rapport aux navires traditionnels de taille comparable. Cette efficacité remarquable permet de résoudre une équation qui semblait impossible : combiner autonomie significative et vitesse utile avec une propulsion uniquement électrique.
Le P-12 peut naviguer à environ 25 nœuds, soit approximativement 46 km/h, tout en transportant jusqu’à 25 passagers. Son autonomie atteint environ 74 kilomètres, ce qui le place en concurrence directe avec les « hurtigbåtar » diesel qui assurent actuellement les liaisons entre de nombreuses communautés côtières norvégiennes. La sobriété énergétique du P-12 présente un autre avantage majeur : elle évite l’un des principaux obstacles au déploiement des ferries électriques, à savoir l’infrastructure de recharge.
Contrairement aux ferries électriques conventionnels qui nécessitent des systèmes de recharge de plusieurs mégawatts, le P-12 peut se recharger en environ une heure avec des chargeurs rapides DC standards, similaires à ceux utilisés pour les voitures électriques. Cette caractéristique s’avère décisive dans un pays où les améliorations du réseau électrique peuvent prendre des années, particulièrement dans les zones rurales et côtières isolées.
Les deux premiers navires devraient être livrés en 2027, tandis que les ferries restants seront déployés progressivement jusqu’en 2030. Ce calendrier étalé permettra à Boreal AS d’intégrer ces nouvelles technologies dans ses opérations quotidiennes et d’ajuster les déploiements en fonction des retours d’expérience terrain.
Au-delà des performances techniques, ce qui retient l’attention dans cette commande, c’est son ampleur. Candela a déjà fait ses preuves avec des programmes pilotes et des déploiements limités, mais une commande de 20 navires marque un tournant significatif. Les grands réseaux de transport public ne se contentent plus d’expérimenter avec quelques unités : ils intègrent désormais ces ferries électriques à haute efficacité dans leurs flottes en nombre croissant.
La Norvège constitue le terrain d’essai idéal pour ce type d’innovation. Le pays mène déjà le monde en matière d’adoption de véhicules électriques terrestres, et sa géographie côtière exige des alternatives crédibles aux ferries diesel. Si les hydrofoils parviennent à s’imposer sur les liaisons maritimes rapides en Norvège, cela enverra un signal fort : ce modèle peut s’exporter à l’échelle mondiale.
Les retours d’expérience sur les bateaux à hydrofoils de Candela soulignent une transformation radicale du confort de navigation. Ces ferries se distinguent par leur silence remarquable et leur stabilité, offrant une sensation proche du glissement plutôt que de la navigation traditionnelle. L’absence de moteur diesel bruyant et la réduction des vibrations transforment complètement l’expérience des passagers, particulièrement sur les trajets quotidiens.
Cette technologie pourrait bien représenter pour le transport maritime ce que les vélos électriques et les voitures électriques ont apporté aux déplacements terrestres de courte et moyenne distance. Nous assistons au même processus d’électrification progressive, cette fois sur l’eau. Si ce déploiement norvégien tient ses promesses, il pourrait enfin amener l’électrification à l’un des derniers bastions du transport encore largement dépendant des énergies fossiles. Les côtes norvégiennes serviront de laboratoire grandeur nature pour une technologie qui, si elle fait ses preuves à cette échelle, pourrait rapidement s’étendre aux zones côtières du monde entier.
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