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Hyundai mise sur Atlas : mais que peut réellement faire ce robot humanoïde ?

François Zhang-Ming

Hyundai vient de dévoiler au CES de Las Vegas ses plans ambitieux pour transformer radicalement ses chaînes de production automobile. D’ici 2028, le constructeur coréen prévoit d’intégrer pas moins de 30 000 robots dans ses installations de production, dont une partie sera constituée de robots humanoïdes. Cette initiative marque un tournant décisif dans l’automatisation industrielle, s’appuyant sur l’acquisition stratégique de Boston Dynamics en 2021.

L’investissement de Hyundai dans la robotique avancée s’inscrit dans une démarche globale de modernisation de ses processus de fabrication. Si les usines du groupe utilisent déjà plusieurs robots Boston Dynamics, notamment le célèbre Spot ressemblant à un chien pour les contrôles qualité, l’arrivée d’Atlas représente un saut technologique considérable. Ce robot bipède est conçu pour accomplir des tâches de manière similaire à un humain, mais avec une dextérité inégalée.

Les spécifications techniques impressionnantes du robot Atlas

Atlas mesure 1,9 mètre de hauteur et pèse environ 90 kilogrammes, soit approximativement les dimensions d’un adulte de grande taille. Sa conception lui permet d’atteindre une hauteur maximale de 2,3 mètres lorsqu’il étend ses bras, avec une capacité de levage pouvant aller jusqu’à 50 kilogrammes. En usage continu, sa capacité de portage soutenue est évaluée à 30 kilogrammes.

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La robustesse d’Atlas se manifeste également dans sa capacité à fonctionner dans des conditions extrêmes. Le robot peut opérer dans une plage de températures allant de -20° à 40°C, bien que ces conditions impactent significativement son autonomie, quelle que soit la chimie de sa batterie. Cette polyvalence thermique en fait un outil adapté aux environnements industriels variés.

CaractéristiqueValeur
Hauteur1,9 mètre
Poids90 kilogrammes
Portée maximale2,3 mètres
Capacité de levage50 kg (30 kg en continu)
Autonomie4 heures environ

Une évolution majeure des actionneurs électriques

La grande innovation d’Atlas réside dans l’abandon des systèmes hydrauliques au profit d’actionneurs électriques. Cette transition technologique permet au robot de combiner force brute et précision, résolvant les problèmes de finesse qui caractérisaient les versions précédentes. Selon Jaehoon Chang, vice-président du Hyundai Motor Group, les actionneurs représentent le composant matériel le plus critique, déterminant largement les performances globales du robot.

Ces actionneurs représentent environ 60% du coût total des matériaux de tout robot. C’est là que l’expertise manufacturière massive de Hyundai entre en jeu, permettant une production à grande échelle rapide et économiquement viable. Les actionneurs seront fabriqués par Hyundai Mobis, le fournisseur interne du groupe, garantissant un contrôle qualité optimal et une intégration parfaite.

Des capacités d’interaction et d’autonomie avancées

Atlas dispose de trois doigts tactiles à échelle humaine qui lui permettent de saisir délicatement des objets de petite taille sans les endommager. Cette dextérité fine était essentielle pour permettre au robot de s’intégrer dans les flux de travail existants et de remplacer efficacement la main-d’œuvre humaine sur les tâches répétitives et intensives. Les concepteurs ont mis l’accent sur sa capacité à trier les pièces, faire fonctionner des machines et manipuler des objets en les déplaçant d’un point à un autre.

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Dans les démonstrations en environnement d’usine, Atlas a prouvé sa capacité à déplacer de manière autonome des capots moteur depuis les contenants fournisseurs vers un chariot mobile. Le robot analyse son environnement, planifie ses mouvements en temps réel et s’ajuste instantanément lorsqu’une correction s’avère nécessaire, grâce à ses caméras et ses capacités de détection tactile.

  • Scan automatique des codes-barres pour la gestion d’inventaire
  • Fonctionnement autonome avec supervision minimale
  • Possibilité de télé-opération via réalité virtuelle si nécessaire
  • Installation et configuration en une seule journée
  • Apprentissage rapide de nouvelles tâches

Une alimentation énergétique inspirée des véhicules électriques

Atlas partage plusieurs similitudes avec les véhicules électriques, notamment dans sa gestion énergétique. Le robot peut remplacer sa batterie de manière autonome, une prouesse technique remarquable. Il transporte deux blocs-batteries échangeables de capacité non divulguée, qu’il retire un à la fois pour maintenir l’alimentation pendant tout le processus d’échange.

Boston Dynamics annonce une autonomie d’environ 4 heures, bien que cette durée diminue considérablement lors de tâches impliquant le levage ou le transport de charges lourdes. Le robot est conçu pour la fiabilité et la facilité de maintenance, avec un indice de protection élevé contre les poussières et une résistance satisfaisante à l’eau.

Sécurité et cohabitation avec les équipes humaines

La sécurité constitue une priorité absolue dans la conception d’Atlas. Le robot dispose d’un système de vision 360 degrés qui lui permet d’observer et de travailler en présence d’humains. Bien qu’Atlas soit programmé pour maintenir une distance de sécurité avec les opérateurs, Boston Dynamics a intégré des rembourrages et minimisé les points de pincement comme précautions supplémentaires.

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Hyundai utilisera initialement Atlas pour le séquençage des pièces, une fonction cruciale consistant à livrer les composants au bon endroit et au bon moment sur la chaîne de montage. L’éventail des tâches sera progressivement élargi au fur et à mesure que la technologie fera ses preuves. Les robots seront formés au Robot Metaplant Application Center (RMAC) avant leur déploiement dans l’usine Metaplant America près de Savannah, en Géorgie.

Si le retour sur investissement d’Atlas reste à démontrer, il représente selon ses concepteurs le premier robot humanoïde commercialement viable, marquant une étape significative pour l’industrie. Bien que cette automatisation puisse entraîner des suppressions d’emplois, les dirigeants de Hyundai soulignent que de nouveaux postes seront créés pour l’entretien, la formation et la supervision de ces machines. Le constructeur coréen a également présenté au CES d’autres initiatives robotiques, notamment un bras robotique pour la recharge de l’Ioniq 5 autonome et une plateforme motorisée pour le stationnement automatique, confirmant sa vision d’un avenir industriel hautement automatisé.

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