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Le nom LFA porte encore une charge symbolique forte chez les passionnés d’automobile. La première génération, propulsée par un V10 atmosphérique de 562 ch, capable d’abattre le 0 à 100 km/h en 3,8 secondes, est restée dans les mémoires comme l’une des supercars les plus raffinées jamais produites par un constructeur japonais. Lexus a décidé de ressusciter ce nom, mais cette fois sous une forme entièrement électrique. Le prototype a fait son apparition au Goodwood Festival of Speed en juillet 2026, offrant pour la première fois un aperçu concret de ce que la marque prépare. Voici ce que l’on sait.
C’est lors de la célèbre montée de côte du Goodwood FOS que le prototype de la nouvelle Lexus LFA électrique s’est montré au grand public. Encore partiellement camouflé, il révèle malgré tout une silhouette basse et tendue, fidèle à l’esprit de la version originale. La voiture partage l’essentiel de sa structure avec les Toyota GR GT et GR GT3, deux programmes de course développés en parallèle, ce qui laisse présager une base technique sérieuse orientée vers la performance pure.
Ce qui a le plus retenu l’attention lors de cette apparition, c’est le son. Lexus a en effet doté son prototype d’un son artificiel imitant un moteur V8. Une approche délibérément assumée, que le designer en chef Shogo Kasamatsu, à l’origine du concept LFA présenté en décembre 2025, a explicitement revendiquée. Il ne s’agit pas, selon ses propres mots, de “simplement reproduire le son d’un moteur”, mais de “repenser le son lui-même”. Une posture différente de celle d’Hyundai avec l’IONIQ 5 N et son faux levier de vitesses, mais qui s’inscrit dans la même réflexion : comment restituer des sensations dans une voiture électrique haute performance ?
Sur le plan technique, la Lexus LFA électrique est présentée comme le futur premier véhicule de grande série à embarquer les fameuses batteries à semi-conducteurs (solid-state) de Toyota. Ces batteries promettent des avantages significatifs par rapport aux technologies lithium-ion actuelles :
Le problème, c’est que Toyota promet ces batteries depuis un bon moment déjà. La mise en production était initialement annoncée pour 2021, puis repoussée à 2022, ensuite à 2025, et désormais l’objectif officiel se situe entre 2027 et 2028. Le constructeur japonais continue d’affirmer vouloir “réaliser la première utilisation pratique mondiale de batteries tout-solide dans des véhicules électriques à batterie”, mais le scepticisme est légitimement de mise. D’autant que Lexus a récemment abandonné ou retardé plusieurs projets électriques, dont le concept LF-Z. Difficile dans ce contexte de ne pas se demander si l’échéance sera une nouvelle fois décalée.
Malgré les zones d’ombre techniques, des informations concrètes commencent à émerger. Kasamatsu a confié à Autocar que le modèle de production est “presque terminé” et qu’un lancement est prévu pour 2027. Sur le plan des dimensions, la LFA électrique se positionne clairement dans la catégorie supercar :
| Dimension | Mesure |
|---|---|
| Longueur | 469 cm |
| Largeur | 204 cm |
| Hauteur | 120 cm |
| Empattement | 273 cm |
Ces proportions la placent dans le même registre que des rivales comme l’Aston Martin DB12 ou la Ferrari Roma. À l’intérieur, le concept préfigure un habitacle orienté pilotage avec un volant de type yoke, des palettes au volant et un cockpit entièrement numérique à l’immersion soignée. L’ambiance annoncée est celle d’une voiture pensée pour le conducteur, sans chercher à multiplier les gadgets pour le principe.
Si Lexus mise sur l’exclusivité et le soin apporté à l’expérience de conduite, le segment des supercars électriques ultra-puissantes n’attend pas. Au même Goodwood FOS, BYD présentait la Denza Z, affichée comme “la première supercar intelligente au monde”, avec une configuration tri-moteur développant 1 582 ch et un 0 à 100 km/h annoncé en 2,1 secondes environ. Pour rappel, la LFA d’origine avec son V10 mettait déjà 3,8 secondes pour accomplir le même exercice.
Toyota reconnaît lui-même, via Kasamatsu, que “beaucoup de gens ne pensent pas que la propulsion par batterie soit passionnante en ce moment”. C’est une lecture honnête du marché, mais aussi un aveu des défis de perception que les constructeurs traditionnels affrontent face à des acteurs qui n’hésitent pas à empiler les kilowatts. La Lexus LFA électrique semble vouloir jouer une carte différente : celle de l’émotion construite, de l’identité sonore travaillée et d’une expérience de conduite cohérente plutôt qu’une guerre de chiffres. Si la promesse des batteries solid-state se concrétise enfin à l’horizon 2027-2028, la LFA pourrait effectivement disposer d’un argument technique différenciant face à ses concurrentes. Encore faut-il que le calendrier tienne, ce que Toyota n’a pas toujours réussi à faire sur ce dossier précis.
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