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Ce nouveau malus veut enterrer définitivement la voiture thermique

Philippe Moureau

Le paysage fiscal automobile français s’apprête à connaître un changement majeur avec l’adoption prochaine du nouveau barème du malus CO2. Cette réforme, portée par le gouvernement Bayrou via l’article 49-3, marque un durcissement sans précédent de la taxation des véhicules polluants à partir du 1er mars 2025.

Un malus CO2 qui frappe plus tôt et plus fort

Le seuil de déclenchement du malus passe désormais à 113 g/km de CO2, soit une baisse de 5 grammes par rapport au barème actuel. Cette modification représente un virage significatif dans la politique environnementale française. La première tranche de pénalité débute à 50 euros, mais l’escalade des montants s’accélère rapidement.

L’aspect le plus frappant de cette réforme réside dans le plafond maximal du malus, qui atteint désormais 70 000 euros pour les véhicules émettant 193 g/km ou plus. Cette augmentation de 10 000 euros par rapport au barème précédent traduit une volonté claire de pénaliser lourdement les véhicules les plus polluants.

Impact sur les différentes catégories de véhicules

Émissions CO2Malus 2024Nouveau malus 2025
151 g/km2 370 €3 331 €
126 g/km230 €330 €
193 g/km et +60 000 €70 000 €

Les véhicules hybrides, souvent perçus comme une alternative écologique, n’échappent pas à cette nouvelle taxation. Prenons l’exemple du Toyota RAV4 hybride qui, avec ses 126 g/km d’émissions, verra sa pénalité augmenter de 100 euros, passant de 230 à 330 euros. Une hausse relativement modérée comparée aux modèles plus émetteurs.

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Perspectives d’évolution sur 2026 et 2027

Le projet de loi ne se limite pas à 2025 et pose déjà les jalons pour les années suivantes. La progression suit une logique implacable :

  • 2026 : seuil de déclenchement à 108 g/km et malus maximal de 80 000 euros
  • 2027 : seuil abaissé à 103 g/km avec un plafond atteignant 90 000 euros

Cette planification anticipée permet aux constructeurs et aux consommateurs d’anticiper leurs stratégies d’achat et de production. La transition vers des véhicules électriques devient ainsi une option financièrement plus attractive, particulièrement pour les segments premium et sportifs traditionnellement plus émetteurs.

Solutions alternatives et stratégies d’adaptation

Face à ce durcissement fiscal, plusieurs options s’offrent aux acheteurs. La première consiste à privilégier les modèles hybrides rechargeables ou 100% électriques, totalement exemptés de malus. Une autre approche consiste à se tourner vers des véhicules thermiques optimisés, dont les émissions restent sous la barre des 113 g/km.

Les constructeurs accélèrent parallèlement leur transition énergétique, proposant des gammes de plus en plus électrifiées. Cette évolution du marché, conjuguée à la pression fiscale croissante, dessine les contours d’un parc automobile français résolument orienté vers la neutralité carbone.

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