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Stellantis met en pause la voiture électrique et mise tout sur l’hybride : voici pourquoi

Philippe Moureau

Le groupe automobile Stellantis vient de prendre une décision stratégique majeure concernant son site de production italien de Termoli. Le constructeur réoriente l’activité de cette usine, initialement destinée à la fabrication de batteries pour véhicules électriques, vers la production de systèmes de propulsion hybride. Cette réorientation illustre les ajustements nécessaires face à une adoption des voitures électriques moins rapide qu’anticipée en Europe.

Une production massive de transmissions hybrides prévue

L’usine de Termoli se concentrera désormais sur la fabrication de la transmission eDCT, un système hybride sophistiqué intégrant un moteur électrique de 21 kW couplé à une batterie de 0,89 kWh. Cette technologie équipe déjà plusieurs modèles du groupe à travers la motorisation Hybrid 136 e-DSC6. Stellantis ambitionne une production annuelle de 300 000 unités, un volume considérable qui témoigne de la confiance du groupe dans cette technologie de transition.

  • Moteur électrique : 28 chevaux de puissance
  • Capacité de production visée : 300 000 transmissions par an
  • Effectif concerné : 2 000 emplois préservés

Impact social et industriel pour la région

Cette réorientation apporte un nouveau souffle au site italien, après plusieurs années d’incertitudes. L’arrêt de la production du moteur FIRE en 2020, puis la mise en pause du projet d’usine ACC de batteries électriques, avaient créé un climat d’inquiétude. Cette nouvelle stratégie permet non seulement de préserver les emplois existants, mais pourrait également générer 300 postes supplémentaires. Les syndicats italiens accueillent favorablement cette décision qui pérennise l’activité industrielle de la région.

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Le groupe Stellantis confirme son ancrage territorial avec un plan d’investissement ambitieux. 3 milliards d’euros seront consacrés au développement des sites français sur les cinq prochaines années. Cette enveloppe vise à renforcer les capacités de production de composants pour véhicules hybrides et électriques. Le groupe s’appuie actuellement sur deux autres sites majeurs pour la production de transmissions eDCT : Metz en France et Mirafiori en Italie.

Une adaptation aux réalités du marché automobile

Cette décision reflète une lecture pragmatique du marché automobile européen. Alors que l’Europe cherche à développer son autonomie dans la production de batteries, la demande en véhicules électriques progresse moins rapidement que les projections initiales. La technologie hybride représente une solution intermédiaire pertinente, permettant de réduire significativement les émissions tout en répondant aux besoins immédiats des consommateurs.

Cette stratégie industrielle démontre la capacité d’adaptation de Stellantis face aux évolutions du marché, tout en maintenant ses engagements sociaux et environnementaux. Le groupe consolide ainsi sa position dans le segment des motorisations hybrides, tout en poursuivant le développement de sa gamme électrique à travers ses différentes marques.

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