Des camions électriques chinois vont désormais être assemblés en Europe
Deux fabricants chinois de poids lourds, SuperPanther et Sinotruk, assemblent désormais leurs camions électriques sur le sol européen, plus précisément […]
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La fiscalité a toujours été l’un des principaux leviers qui orientent les choix des automobilistes. Ce que vous payez chaque année pour rouler pèse souvent autant dans la balance que le prix à la pompe ou le coût d’un plein de recharge. Alors que la Chine commence à mettre fin aux avantages accordés aux hybrides rechargeables, le Royaume-Uni vient de confirmer l’instauration d’une taxe kilométrique sur les voitures électriques, applicable dès avril 2028. La question qui se pose naturellement pour les conducteurs français : est-ce que Paris pourrait un jour s’inspirer de Londres ?
Le gouvernement britannique a publié sa réponse définitive à la consultation publique sur l’Electric Vehicle Excise Duty (EVED), un dispositif dont les grandes lignes circulaient déjà fin 2025. Plus de 5 000 contributions ont été reçues entre novembre 2025 et mars 2026, émanant aussi bien de particuliers que de professionnels du secteur. Face aux critiques, l’exécutif a assoupli plusieurs modalités pratiques, mais le principe central reste intact : les conducteurs seront taxés en fonction du nombre de kilomètres effectivement parcourus.
La justification officielle est simple et difficilement contestable. Avec l’électrification progressive du parc automobile britannique, les recettes issues des taxes sur les carburants sont appelées à s’effondrer sur les prochaines décennies. Ce manque à gagner doit bien être compensé par d’autres mécanismes, et la redevance kilométrique apparaît comme la solution la plus cohérente aux yeux du Trésor britannique.
En pratique, cette redevance s’ajoutera à la taxe de circulation déjà existante. Les particuliers devront communiquer le relevé de leur compteur kilométrique ainsi qu’une estimation de leur kilométrage annuel au moment du renouvellement de leur vignette. Une régularisation sera ensuite effectuée. Pour les véhicules équipés d’une connectivité 4G ou 5G, une option de transmission automatique via la télématique embarquée sera proposée, avec des contrôles administratifs réservés aux cas de fraude suspectée.
Les loueurs et gestionnaires de flottes automobiles avaient exprimé des inquiétudes légitimes lors de la consultation publique. Ils ont obtenu plusieurs concessions significatives par rapport au texte initial. Les entreprises pourront désormais centraliser les déclarations de kilométrage de l’ensemble de leurs véhicules, évitant ainsi que la charge administrative ne repose individuellement sur chaque conducteur.
L’autre point de friction concernait la revente des véhicules d’occasion. Les professionnels de la location et du leasing redoutaient que des taxes non soldées ne compliquent les transactions et ne viennent peser sur la valeur résiduelle des voitures électriques. Une réponse leur a été apportée : les entreprises pourront régler à l’avance les redevances dues avant toute cession de véhicule. Un compromis qui limite les risques sans remettre en cause l’architecture générale du dispositif.
Le tarif de 3 pences par mile ne restera pas figé. À partir de l’exercice fiscal 2029-2030, le gouvernement britannique a confirmé que la taxe serait revalorisée chaque année en fonction de l’inflation. Concrètement, cela signifie que le coût réel d’utilisation d’une voiture électrique au Royaume-Uni augmentera mécaniquement d’année en année, en plus de la taxe de circulation traditionnelle.
Pour les acheteurs qui considèrent encore aujourd’hui que rouler électrique est systématiquement moins cher, ce signal mérite d’être pris au sérieux. Sur dix ans, avec une inflation moyenne autour de 3 %, la redevance annuelle pour 12 000 km pourrait dépasser 550 € en valeur courante d’ici 2038. Pas de quoi effacer l’avantage économique du tout-électrique, mais un rognage progressif qui compte.
À ce stade, aucun projet officiel de taxe kilométrique visant les voitures électriques n’a été annoncé en France. Mais les mêmes contraintes structurelles existent dans l’Hexagone. La taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques (TICPE) représente chaque année plusieurs dizaines de milliards d’euros de recettes pour les finances publiques françaises. À mesure que les véhicules thermiques reculent dans le parc national, cette manne est appelée à s’éroder significativement.
La Cour des Comptes a déjà alerté sur cette trajectoire. La question du financement des infrastructures routières dans un parc majoritairement électrifié est posée, même si elle reste pour l’heure sans réponse officielle. La fiscalité automobile française évolue déjà : si les voitures électriques sont encore exemptées de malus au poids en 2026, cette exonération paraît difficilement tenable à long terme. D’autres leviers pourraient être activés progressivement, qu’il s’agisse d’un mécanisme inspiré du modèle britannique ou d’une forme modernisée de la vignette automobile, disparue au début des années 2000 et qui revient régulièrement dans les discussions budgétaires.
Ce qui est certain, c’est que la gratuité fiscale relative dont bénéficient actuellement les conducteurs électriques français a une date de péremption. Le précédent britannique donne une idée assez précise de la direction que pourrait prendre le débat, et il serait prudent d’en tenir compte au moment de calculer le coût total de possession de votre prochain véhicule sur plusieurs années.
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