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Le calendrier de Tesla pour le déploiement de son système Full Self-Driving (Supervised) à l’échelle européenne prend du retard. Le constructeur californien misait sur le 6 octobre 2026 pour un vote décisif au sein du Comité technique européen des véhicules à moteur (TCMV). Ce ne sera pas le cas. La réunion a bien lieu, mais la question du FSD n’y sera pas soumise au vote. Et comme ce comité ne se retrouve pas avant décembre, c’est désormais la nouvelle échéance la plus optimiste pour Tesla. Un recul de plus dans une série qui commence à peser sur la crédibilité des annonces du constructeur.
La Direction générale GROW de la Commission européenne a publié le projet d’ordre du jour de la 119e réunion du TCMV, datée du 11 septembre 2026. La séance se tient à Bruxelles, de 10h à 15h. Le point numéro 3 mentionne une simple “continuation des discussions sur la demande des Pays-Bas d’une autorisation au titre de l’article 39”. Ce créneau est planifié entre 11h45 et 12h10, juste avant la pause déjeuner. Tesla n’est pas cité, et aucun vote n’est à l’ordre du jour.
L’article 39 du règlement européen sur la réception par type (2018/858) constitue la voie d’exemption prévue pour les nouvelles technologies qui n’entrent pas dans le cadre réglementaire existant. C’est ce mécanisme qu’a utilisé le régulateur néerlandais RDW pour approuver le FSD Supervised aux Pays-Bas en avril 2026. Il demande aujourd’hui à la Commission de transformer cette autorisation nationale en une autorisation valable sur l’ensemble du territoire européen. Le reste de la journée du 6 octobre portera sur Euro 7, les moteurs à hydrogène pour engins non routiers, ainsi que les règles CO2 pour les poids lourds. Le FSD n’aura droit qu’à une discussion, pas à un vote.
Ce report n’est pas isolé. En novembre 2025, Tesla affirmait s’attendre à une approbation néerlandaise en février 2026. Le RDW avait alors démenti cette projection. La cible s’était ensuite déplacée au 10 avril 2026, date que Tesla a finalement respectée. Elon Musk avait alors évoqué une disponibilité à l’échelle européenne pour l’été 2026. En juin, le TCMV a bien examiné le dossier, mais sans voter. Le 1er septembre, Tesla Europe annonçait sur le réseau social X que le FSD était approuvé dans cinq pays de l’UE, utilisé par plus de 70 000 clients, et qu’un vote européen pourrait se tenir le 6 octobre. Ce ne sera pas le cas non plus.
Pour que la demande néerlandaise aboutisse, il faut une majorité qualifiée : 15 États membres sur 27, représentant au moins 65 % de la population de l’Union. À ce stade, sept pays ont reconnu l’approbation néerlandaise, dont le Danemark, la Belgique, l’Estonie, la Lituanie, la Slovénie et la Tchéquie. Ensemble, ces sept pays représentent environ 53 millions d’habitants, soit à peine 12 % de la population européenne. L’écart avec le seuil requis est considérable.
Le vrai obstacle pour Tesla ne tient pas au calendrier administratif, mais aux objections de fond que plusieurs États membres maintiennent fermement. La Suède a demandé à l’UE de rejeter le FSD tant que Tesla n’aura pas supprimé la possibilité de configurer le système au-delà des limites de vitesse autorisées. Les régulateurs nordiques ont également soulevé des inquiétudes concernant les conditions de conduite sur routes verglacées et l’attention portée par le conducteur.
La France, de son côté, a refusé de reconnaître l’approbation néerlandaise, en invoquant des problèmes de vitesse excessive et de vigilance du conducteur en milieu urbain. Et les données indépendantes récentes ne jouent pas en faveur de Tesla : un collectif bruxellois dédié à la sécurité des piétons a constaté cette semaine que le FSD dépassait la limite de 30 km/h dans 55 % des segments testés, et ce dans un pays qui a pourtant déjà validé le système. Un chiffre difficile à ignorer pour des régulateurs qui hésitent encore.
Ces quatre pays — France, Allemagne, Italie, Espagne — représentent à eux seuls environ 58 % de la population européenne. Sans au moins une partie d’entre eux dans la colonne des partisans, le seuil des 65 % reste mathématiquement hors de portée. Le ministre français des Transports a bien pris contact avec Elon Musk, mais aucun changement de position officiel n’a suivi.
Pour les propriétaires de Tesla en France ou en Allemagne qui attendent de pouvoir activer le Full Self-Driving légalement, la situation reste en suspens. Même si décembre 2026 débouche sur un vote, rien ne garantit qu’il sera favorable. Tesla devra vraisemblablement répondre aux exigences techniques des régulateurs qui s’opposent, notamment sur la gestion des vitesses et la supervision du conducteur, avant d’espérer un feu vert continental.
Les sept pays qui ont déjà reconnu l’approbation néerlandaise offrent un terrain d’expérimentation réel, mais représentent un marché encore limité. Pour Tesla, l’enjeu est de taille : l’Europe est l’un des marchés les plus réglementés et les plus exigeants en matière de sécurité routière, et un déploiement raté ou contesté pourrait fragiliser la crédibilité du système bien au-delà des frontières européennes. Le dossier FSD en Europe n’est pas refermé, mais il avance à un rythme qui n’a rien à voir avec celui que Tesla communique publiquement.
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