Test de l’élan à 94 km/h : cette voiture électrique chinoise a-t-elle vraiment battu un record ?
Quand un constructeur annonce que son nouveau break électrique est “le roi du test de l’élan”, on s’y intéresse. Quand […]
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Il y a quelque chose de presque provocateur dans la façon dont Volkswagen aborde le débat sur la fin du moteur thermique en Europe. Plutôt que de se lancer dans des joutes politiques sur les dates d’interdiction, le constructeur allemand préfère jouer la carte de la philosophie… et des écuries. Martin Sander, membre du directoire de Volkswagen en charge des ventes, du marketing et de l’après-vente, a récemment livré une réflexion qui mérite qu’on s’y attarde.
Lors d’un entretien accordé à AutoExpress, Martin Sander a posé une question aussi simple qu’efficace : “Savez-vous quand les chevaux ont été interdits ? Quand a-t-il été formellement interdit d’en acheter ?” La réponse, vous la connaissez : jamais. Pourtant, la voiture à moteur thermique a naturellement supplanté le cheval comme moyen de transport au cours du XXe siècle. Pas par décret, pas par obligation réglementaire, mais parce que les gens ont constaté par eux-mêmes qu’aller d’un point A à un point B en voiture était tout simplement plus pratique, plus rapide et moins contraignant.
Pour Sander, le même basculement se produira avec les véhicules électriques. Le problème, selon lui, c’est que le débat public reste trop focalisé sur la notion d’interdiction du thermique, ce qui brouille les cartes et empêche une conversation plus constructive sur les réels avantages de l’électrique. Il ne s’agit pas d’obliger qui que ce soit, mais de créer les conditions pour que les automobilistes fassent eux-mêmes le choix. Cette analogie n’est d’ailleurs pas entièrement nouvelle : le patron de Rivian, RJ Scaringe, avait lui aussi utilisé une formule similaire, affirmant que continuer à acheter un véhicule thermique aujourd’hui, c’est un peu comme “construire une écurie en 1910”.
Martin Sander est assez direct sur ce que l’industrie et les pouvoirs publics doivent faire pour accélérer la transition. Son discours se résume en trois axes : l’infrastructure de recharge, une communication positive autour des atouts des voitures électriques, et un effort sur le prix de l’énergie. “Supprimez toutes les barrières”, dit-il. Ce n’est pas une formule creuse : en Europe, l’anxiété liée à l’autonomie reste l’un des principaux freins à l’achat, devant le prix des véhicules eux-mêmes selon plusieurs études récentes.
Sur la question de l’interdiction du thermique prévue en Europe à partir de 2035, Sander adopte une posture pragmatique. Il reconnaît que si, à cette date, 3, 4 ou 5 % des acheteurs souhaitent encore un moteur à combustion, on pourra toujours en discuter. Une ouverture d’esprit qui colle, d’ailleurs, à l’évolution réglementaire récente : l’Union européenne a assoupli sa position initiale. Si les nouvelles immatriculations de voitures thermiques devront afficher une réduction de 90 % des émissions de CO₂ par rapport aux niveaux de 2021 à partir du milieu de la prochaine décennie, une poignée de modèles à moteur thermique pourra donc techniquement survivre sur le marché.
Volkswagen ne mise pas tout sur une seule technologie. Le constructeur de Wolfsburg a opté pour une approche multi-énergies qui lui permet de s’adapter à des marchés aux profils très différents. Sa gamme repose actuellement sur :
Cette diversité permet à Volkswagen d’être en meilleure posture que certains de ses concurrents directs, qui ont parfois misé trop vite et trop massivement sur l’électrique sans anticiper le ralentissement de la demande observé entre 2024 et 2025.
Côté produits, Volkswagen nourrit son catalogue avec des modèles attendus. La ID. Polo, présentée récemment sous la forme d’une compacte électrique à hayon, sera commercialisée en parallèle de l’ancienne génération de la Polo thermique — une cohabitation assumée qui illustre parfaitement la philosophie du constructeur. La version ID. Polo GTI ajoute une touche sportive à cette offre. Du côté des SUV, l’ID.4 devrait bénéficier d’une mise à jour significative prochainement, tandis que la berline et le break ID.7 ont affiché des résultats commerciaux solides sur le marché européen.
Un point mérite attention : Sander a clairement fermé la porte à l’introduction d’une technologie à prolongateur d’autonomie (range-extended EV) en Europe. “Il y a un marché en Chine. En Allemagne ou en Europe en ce moment ? Je ne vois vraiment pas cette opportunité”, a-t-il déclaré, estimant que l’autonomie actuelle de sa gamme électrique est suffisante pour rester compétitif sur le Vieux Continent. Une position tranchée, alors que certains concurrents — notamment chinois — misent précisément sur cette technologie pour séduire les clients encore réticents à l’autonomie purement électrique.
Ce que Volkswagen défend au fond, c’est une transition choisie plutôt qu’imposée. Que vous soyez convaincu ou sceptique à l’égard du tout-électrique, l’analogie avec le cheval rappelle une vérité simple : les grandes mutations dans les transports ne se sont jamais faites par la force, mais parce qu’une solution s’est avérée suffisamment meilleure pour que la majorité finisse par l’adopter. La question reste ouverte : l’électrique est-il déjà à ce stade ?
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