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Le solaire dépasse toutes les énergies : une première mondiale historique

Alexandra Dujonc

L’Agence Internationale de l’Énergie vient de publier son rapport annuel et les chiffres parlent d’eux-mêmes. Pour la première fois dans l’histoire moderne, l’énergie solaire s’impose comme la principale source de croissance énergétique mondiale. Un tournant qui mérite qu’on s’y attarde, surtout lorsqu’on observe comment l’électrification bouleverse nos habitudes de consommation et nos modes de transport.

La demande énergétique globale a progressé de 1,3% en 2025, un rythme inférieur à la moyenne de la décennie précédente. Cette modération s’explique par une croissance économique moins vigoureuse, des conditions climatiques plus clémentes dans certaines régions et l’adoption croissante de technologies plus performantes. Rien de fracassant à première vue, mais creusez un peu et vous découvrirez une réalité bien différente du côté de l’électricité.

La demande électrique s’envole malgré un contexte énergétique stable

Pendant que la consommation énergétique générale ronronnait, la demande en électricité bondissait de près de 3% sur l’année. Ce rythme représente plus du double de la progression énergétique globale. Vous vous demandez ce qui alimente cette soif d’électrons ? La liste est longue : l’électrification des bâtiments et de l’industrie, l’expansion des véhicules électriques et surtout la consommation croissante des centres de données qui cartonnent avec l’essor de l’intelligence artificielle.

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Ce décalage entre énergie et électricité raconte une histoire fascinante. Nous assistons à une transformation profonde de nos systèmes énergétiques, où l’électricité prend progressivement le dessus sur les carburants fossiles traditionnels. Les chiffres de l’AIE montrent que cette tendance ne faiblit pas, même si la croissance s’est légèrement tassée par rapport à 2024, notamment grâce à des étés moins caniculaires en Inde et en Asie du Sud-Est.

Le solaire écrase la concurrence et redessine le paysage énergétique

Voici le chiffre qui change la donne : le solaire a représenté plus de 25% de la croissance de l’offre énergétique mondiale en 2025. Jamais une source d’énergie renouvelable moderne n’avait occupé cette première place. Le gaz naturel arrive en deuxième position avec 17%, confirmant son rôle persistant dans la production électrique, mais l’écart se creuse.

Le secteur électrique a connu des moments remarquables l’année dernière. Les installations solaires ont généré environ 600 térawattheures supplémentaires à l’échelle planétaire, du jamais vu pour une technologie en une seule année. Cette expansion colossale a contribué à faire reculer la production électrique issue du charbon. Les renouvelables et le nucléaire combinés ont couvert près de 60% de la hausse de la demande énergétique. Mieux encore : la production propre a dépassé l’augmentation totale de la consommation électrique, ce qui signifie que l’électricité décarbonée a plus que compensé la croissance.

Les voitures électriques freinent la soif de pétrole

La demande mondiale de pétrole a progressé, mais à peine : 0,7% seulement. Les véhicules électriques y sont pour beaucoup. Les ventes ont grimpé de plus de 20% en 2025 pour atteindre les 20 millions d’unités, soit environ un quart des ventes mondiales de voitures neuves. Ces chiffres commencent sérieusement à peser sur la consommation d’essence et de diesel.

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Si vous roulez en électrique, vous participez à ce mouvement qui grignote progressivement le marché pétrolier. L’AIE estime que depuis 2019, le déploiement des technologies propres a atteint une échelle suffisante pour réduire significativement l’usage des énergies fossiles. Ces technologies évitent désormais une consommation annuelle équivalente à la demande énergétique totale de l’Amérique latine. Pas mal pour un secteur souvent critiqué pour sa lenteur à décoller.

Le stockage par batterie bat tous les records

Parmi les technologies qui progressent à vitesse grand V, le stockage par batterie remporte la palme. Environ 110 gigawatts de nouvelles capacités ont été installés en 2025, un volume supérieur à toutes les années précédentes d’ajouts de capacités au gaz naturel. Cette explosion s’explique par la nécessité de compenser l’intermittence du solaire et de l’éolien.

Le nucléaire connaît également un regain d’intérêt. Plus de 12 GW de nouveaux réacteurs ont été mis en chantier dans plusieurs régions du globe. Cette renaissance, même modeste, témoigne d’une réévaluation du rôle de l’atome dans la transition énergétique, notamment pour assurer une production stable et décarbonée.

Des trajectoires régionales qui divergent fortement

Tous les pays ne suivent pas le même chemin. Les États-Unis ont enregistré l’une de leurs plus fortes croissances de demande énergétique du siècle (hors années de rebond post-récession), tirée par les centres de données, l’activité industrielle et un hiver particulièrement rigoureux. La Chine reste le principal moteur de la croissance mondiale, mais son rythme a ralenti à 1,7% grâce au développement massif des renouvelables et aux gains d’efficacité énergétique.

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Du côté des émissions, la situation se complexifie. Les émissions mondiales de CO2 liées à l’énergie n’ont augmenté que de 0,4% en 2025. La Chine a même vu ses émissions diminuer, portée par l’essor fulgurant des renouvelables. L’Inde a stabilisé ses émissions pour la première fois depuis les années 1970 (pandémie exclue), notamment grâce à une mousson favorable qui a boosté l’hydroélectricité.

Les technologies propres grignotent le terrain des fossiles

L’AIE souligne un point crucial : collectivement, le solaire, l’éolien, les pompes à chaleur et autres technologies propres déplacent désormais une demande de gaz naturel équivalente à environ la moitié des exportations mondiales de GNL. Ces volumes ne sont plus anecdotiques, ils redessinent les flux énergétiques internationaux.

Les données montrent que l’électrification s’accélère sur plusieurs fronts simultanément. Fatih Birol, directeur exécutif de l’AIE, résume bien la situation : la consommation d’électricité croît beaucoup plus rapidement que la demande énergétique globale, et une source d’énergie progresse plus vite que toutes les autres. Cette dynamique se déploie malgré un contexte géopolitique tendu, des marchés énergétiques volatils et une incertitude économique persistante.

Pour vous qui vous intéressez aux voitures électriques, ces chiffres confirment que votre choix s’inscrit dans une tendance de fond. L’infrastructure se développe, la production électrique se verdit et la pression sur les carburants fossiles s’intensifie, particulièrement dans le secteur des transports routiers. Si la croissance des véhicules électriques se maintient à ce niveau, la demande pétrolière continuera de faiblir progressivement, redessinant l’équilibre énergétique mondial que nous connaissions depuis des décennies.

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