Actu voiture électrique

Ce SUV électrique avec batterie semi-solide coûte moins de 14 000 €, mais…

François Zhang-Ming

Le MG 4X vient de faire son entrée officielle sur le marché chinois, et son positionnement tarifaire a de quoi faire réfléchir. Proposé à partir de 99 800 yuans, soit environ 13 700 €, ce SUV électrique embarque une technologie de batterie que l’on commence tout juste à voir se démocratiser : la batterie semi-solide. Derrière ce nom technique se cache une évolution concrète qui touche à la sécurité, à l’autonomie et à la résistance au froid. Voici ce qu’il faut savoir.

Le MG 4X, premier SUV électrique de SAIC avec batterie semi-solide

SAIC, le constructeur chinois à l’origine de la marque MG, avait déjà lancé l’an dernier la nouvelle MG 4 berline compacte, présentée comme le premier véhicule électrique produit en série à intégrer une batterie semi-solide. Le MG 4X est la déclinaison SUV de cette même famille, avec une carrosserie surélevée et des dimensions qui le placent dans le segment des SUV compacts. Avec 4 500 mm de longueur, 1 849 mm de largeur et 1 621 mm de hauteur pour un empattement de 2 735 mm, il se rapproche du gabarit d’un BYD Atto 3, un segment très actif en Europe comme en Asie.

A lire également :  80 voitures électriques testées sur autoroute : les résultats font mal

Le MG 4X est disponible avec deux configurations de batterie, proposées par des fournisseurs distincts. D’un côté, une batterie semi-solide de 53,9 kWh développée par SAIC Qingtao, de l’autre une batterie LFP de 64,2 kWh signée CATL, le leader mondial de la cellule lithium-fer-phosphate. Le choix entre les deux ne se résume pas à une simple question de capacité : il s’agit de deux approches technologiques bien distinctes, avec leurs propres atouts en matière de densité énergétique, de durabilité et de comportement thermique.

Autonomie, puissance et équipements : ce que propose concrètement le SUV

Sur le plan des performances, les deux versions moteur du MG 4X restent dans une gamme raisonnable pour un SUV du quotidien. La motorisation de base développe 125 kW (167 ch), tandis que les finitions supérieures passent à 150 kW (201 ch), le tout en propulsion arrière. Côté autonomie, les chiffres sont annoncés selon le cycle CLTC, un protocole de mesure chinois généralement plus optimiste que le WLTP utilisé en Europe :

  • Batterie semi-solide 53,9 kWh : jusqu’à 510 km d’autonomie CLTC
  • Batterie LFP CATL 64,2 kWh : jusqu’à 610 km d’autonomie CLTC

L’habitacle s’appuie sur un cockpit dit intelligent, avec un grand écran central de 15,6 pouces à disposition flottante et un second écran conducteur de 10,25 pouces. Le système embarque la conduite assistée de niveau 2 Horizon, avec fonction NOA sur autoroute et stationnement automatique à distance dans tous les scénarios. SAIC s’est aussi associé au fabricant de smartphones Oppo pour offrir une connectivité native : CarPlay, HiCar et d’autres services sont accessibles directement depuis le téléphone du conducteur. Les finitions Smart ajoutent un pack de 21 capteurs intelligents, contre 5 caméras et 8 radars ultrasoniques sur les versions d’entrée de gamme Free.

A lire également :  Crise du pétrole : ces technologies vous permettent de rouler presque gratuitement

La batterie semi-solide : une technologie concrète, pas seulement marketing

Le terme “semi-solide” peut sembler flou, mais il recouvre une réalité technique précise. Dans une batterie lithium-ion classique, l’électrolyte qui assure le transfert des ions est entièrement liquide, ce qui le rend inflammable en cas de choc ou de surchauffe. Dans la batterie développée par SAIC Qingtao, la proportion d’électrolyte liquide est ramenée à seulement 5 %, le reste étant remplacé par un électrolyte gélifié ou solide. Résultat : un risque d’inflammation drastiquement réduit et une meilleure stabilité chimique sur toute la durée de vie de la cellule.

SAIC affirme que sa batterie a subi deux tests de pénétration par aiguille — l’un des tests de sécurité les plus contraignants du secteur — sans provoquer de fumée, d’incendie ou d’explosion pendant deux heures. Le constructeur revendique un résultat 20 % supérieur aux standards industriels en vigueur. Ce type de certification n’est pas anodin : c’est précisément sur la sécurité thermique que les batteries LFP avaient su convaincre en leur temps, et la technologie semi-solide semble vouloir aller encore plus loin. À cela s’ajoutent de meilleures performances par temps froid, un point souvent problématique pour les véhicules électriques dans les pays à hivers rigoureux.

Prix, versions et arrivée attendue en Europe

Voici un récapitulatif des tarifs officiels en Chine pour les différentes versions du MG 4X, en yuans et en euros approximatifs :

A lire également :  Tesla dépose un brevet surprenant pour en finir avec les grincements dans les voitures
VersionBatteriePrix standardPrix promotionnel
MG 4X 510 FreeSemi-solide 53,9 kWh99 800 ¥ (~13 900 €)92 800 ¥ (~12 900 €)
MG 4X 510 SmartSemi-solide 53,9 kWh109 800 ¥ (~15 300 €)102 800 ¥ (~14 300 €)
MG 4X 610 FreeLFP CATL 64,2 kWh106 800 ¥ (~14 900 €)99 800 ¥ (~13 900 €)
MG 4X 610 SmartLFP CATL 64,2 kWh116 800 ¥ (~16 300 €)109 800 ¥ (~15 300 €)

Ces tarifs sont valables en Chine, où les subventions à l’achat permettent de faire baisser encore le ticket d’entrée. Pour les acheteurs européens, il faudra patienter, mais la perspective est réelle : SAIC prévoit d’apporter sa technologie MG SolidCore Battery en Europe dès 2026, initialement via la MG4 version Urban. Sous conditions WLTP — nettement plus sévères que le CLTC — l’autonomie devrait avoisiner les 400 km, un chiffre déjà très correct pour ce segment de prix. Les éventuels droits de douane européens sur les véhicules électriques d’origine chinoise resteront le principal facteur d’incertitude sur le prix final affiché en concession.

Réagissez à l'article
guest

0 Commentaires
Le plus ancien
Le plus récent Le plus populaire