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Le solaire écrase les énergies fossiles dans la production d’électricité mondiale

Alexandra Dujonc

Quand on parle de voiture électrique, on pense souvent à l’autonomie, au prix ou aux bornes de recharge. Mais rarement à l’origine de l’électricité qui alimente ces véhicules. Or, cette question est centrale : rouler en électrique est d’autant plus pertinent que le mix énergétique qui vous alimente est propre. Et selon un rapport publié en juin 2026 par Ember, think tank spécialisé dans l’énergie et le climat, la tendance mondiale va clairement dans le bon sens — même si tout n’est pas encore parfait.

Le gaz naturel perd du terrain face aux énergies renouvelables

Le constat d’Ember est net : sur 124 économies produisant de l’électricité à partir du gaz naturel, 61 ont déjà atteint leur pic de production gazière. Parmi elles, on trouve quatre pays du G7 : le Royaume-Uni, l’Allemagne, l’Italie et le Japon. Ce n’est pas anodin. Ces économies industrialisées, historiquement dépendantes du gaz pour leur production électrique, ont amorcé un tournant structurel.

La part du gaz dans le mix électrique mondial a reculé pour la cinquième année consécutive, passant de 23,9 % en 2020 à 21,8 % en 2025. La production gazière a certes légèrement progressé en volume absolu, mais sa croissance s’est considérablement tassée. La raison est simple : le solaire et l’éolien captent désormais l’essentiel de la nouvelle demande en électricité. Pour un conducteur de véhicule électrique en France ou en Europe, c’est une évolution directement favorable à l’empreinte carbone de ses trajets.

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Le solaire : une progression qui écrase la concurrence fossile

Les chiffres publiés par Ember pour 2025 méritent qu’on s’y arrête. La production solaire mondiale a progressé de 636 térawattheures (TWh), soit 17 fois plus que la croissance du gaz, qui n’a progressé que de 38 TWh sur la même période. Le solaire a assuré à lui seul environ 75 % de la croissance mondiale de la demande en électricité l’an dernier, contre seulement 5 % pour le gaz.

Pour mettre cela en perspective, la croissance du gaz entre 2021 et 2025 représente environ la moitié du rythme observé lors de la période 2016-2020. C’est la traduction concrète d’un basculement du marché. Comme le souligne Malgorzata Wiatros-Motyka, analyste senior chez Ember : « Les arguments économiques et de sécurité énergétique convergent de plus en plus dans la même direction. Les énergies renouvelables réduisent les coûts tout en limitant l’exposition aux chocs sur les prix des combustibles et aux perturbations géopolitiques. Le gaz perd progressivement les avantages qui en faisaient autrefois le carburant par défaut pour la croissance des systèmes électriques. »

La géopolitique, accélérateur inattendu de la transition

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022 a brutalement exposé les fragilités d’une dépendance aux importations de gaz fossile. Les hausses de prix qui ont suivi ont poussé l’Europe et une partie de l’Asie à accélérer massivement leurs investissements dans les énergies renouvelables. En 2026, le conflit au Moyen-Orient a de nouveau fragilisé les marchés du GNL (gaz naturel liquéfié), renforçant encore l’argument en faveur d’une électricité produite localement et à prix stable.

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Cette dimension est directement liée au débat sur les voitures électriques. Un argument souvent avancé contre elles est leur dépendance à un réseau électrique lui-même tributaire d’énergies fossiles. Or, cette dépendance se réduit structurellement, et plus vite que prévu. Conduire électrique en 2026, c’est déjà, dans de nombreux pays européens, rouler majoritairement grâce à des sources décarbonées.

Les grandes économies émergentes choisissent le renouvelable plutôt que le gaz

L’un des enseignements les plus significatifs du rapport concerne les économies en forte croissance, qui auraient pu logiquement se tourner vers le gaz pour répondre rapidement à leur demande croissante en électricité. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Voici les données clés pour trois pays représentant environ 42 % de la demande électrique mondiale en 2025 :

  • Inde : la part du gaz dans le mix électrique est passée de 12,6 % en 2010 à seulement 2,3 % en 2025, une chute spectaculaire pour la troisième économie en termes de demande énergétique.
  • Brésil : de 13,7 % en 2014, la part du gaz est descendue à 7,3 % en 2025, au profit notamment de l’hydraulique et du solaire.
  • Chine : malgré une demande électrique en hausse constante et colossale, Pékin a maintenu la part du gaz autour de 3 % de son mix énergétique, en misant massivement sur le solaire et l’éolien.
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Ces trajectoires montrent que le gaz n’est plus considéré comme une étape obligatoire vers la transition énergétique. Des pays entiers « sautent » directement vers les renouvelables, ce qui modifie en profondeur les projections mondiales sur le pic de la production gazière.

Ce que cela signifie concrètement pour les conducteurs de voitures électriques

Au sein du G7, la tendance est également parlante : en 2025, la production gazière a reculé de 50 TWh, tandis que les renouvelables progressaient de 123 TWh. L’électricité propre a failli dépasser le fossile dans le mix global du G7, une première historique qui illustre à quel point le rapport de force a changé.

Pour vous, propriétaire ou futur acquéreur d’un véhicule électrique, cela a une implication directe : l’empreinte carbone au kilomètre parcouru va continuer de baisser mécaniquement, sans que vous ayez à changer quoi que ce soit à vos habitudes. Recharger sa voiture électrique la nuit en 2026 est, dans la plupart des pays d’Europe occidentale, une démarche déjà bien plus propre qu’il y a cinq ans. Et si la tendance décrite par Ember se confirme, ce sera encore plus vrai en 2030. Le gaz n’est pas mort dans la production électrique mondiale, mais son rôle de pilier est clairement en train de s’effacer, remplacé par des sources qui, elles, ne fluctuent pas au gré des tensions géopolitiques ou des marchés pétroliers.

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