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La Polestar 6 existe depuis plusieurs années sous forme de concept, d’abord présentée sous le nom d’O2 en 2022, puis confirmée en production. Les 500 exemplaires de la série de lancement se sont vendus en un rien de temps, signe que la demande était bien réelle. Pourtant, en 2026, le projet semble avoir glissé vers le bas de la liste des priorités de la marque suédo-chinoise. Ce n’est pas un abandon, mais ce n’est clairement plus une urgence non plus.
D’après Graeme Lambert, directeur des communications mondiales de Polestar, interrogé par le média américain Edmunds, le programme de développement de la Polestar 6 est proche de sa phase finale. Les grandes lignes de l’ingénierie sont bouclées. Il reste quelques détails à finaliser, notamment le toit rigide rétractable et les sièges arrière — oui, il s’agit d’un vrai 2+2 — mais Lambert précise que Polestar dispose des ressources internes nécessaires pour y parvenir sans faire appel à des prestataires extérieurs. Sur le papier, rien ne semble insurmontable.
Malgré tout, la marque n’a pas donné de calendrier précis pour une révélation ou un lancement commercial. Polestar avait initialement évoqué une présentation du modèle de production en 2025 ou début 2026. Cette échéance est clairement dépassée, et les déclarations de Lambert laissent entendre qu’une nouvelle date n’est pas pour demain. L’entreprise a confirmé vouloir lancer quatre nouveaux modèles d’ici 2028, et la Polestar 6 ne semble pas figurer parmi eux pour l’instant.

Le pipeline produit de Polestar est déjà bien chargé. Les quatre modèles qui monopolisent l’attention de la marque en ce moment sont :
Face à cette liste, on comprend mieux pourquoi le roadster électrique passe au second plan. Un SUV compact représente un potentiel commercial sans commune mesure avec un cabriolet sportif à production limitée. La logique commerciale prime, même si elle déçoit les amateurs de voitures de sport. Polestar n’est pas encore dans une position financière où elle peut se permettre de développer tous ses projets en parallèle à vitesse égale.

La Polestar 6 ne part pas de zéro sur le plan technique. Elle s’appuie directement sur la plateforme PPA (Polestar Performance Architecture), partagée avec la Polestar 5. Concrètement, cela signifie qu’elle hérite de la quasi-totalité des organes mécaniques de la berline, dans un format plus court et découvrable. Voici les caractéristiques techniques attendues :
Ce positionnement technique la place directement en concurrence avec la Porsche 718 électrique, un adversaire sérieux que Polestar avait explicitement cité comme référence. Sur la feuille de specs, la Polestar 6 ne rougirait pas face à la 718. La vraie question reste celle du prix, qui n’a jamais été officiellement confirmé, mais qui devrait se situer bien au-delà des 100 000 euros au vu du positionnement de la marque et du niveau d’équipement attendu.
Si la Polestar 6 arrive en production, elle sera vraisemblablement assemblée en Chine, aux côtés de la Polestar 5. Ce choix logistique pose un problème majeur pour le marché américain : les véhicules électriques fabriqués en Chine sont soumis à des droits de douane de 100 % aux États-Unis depuis les mesures protectionnistes renforcées ces dernières années. La Polestar 5, déjà concernée par cette situation, est ainsi absente du marché américain. La Polestar 6 ferait face exactement au même obstacle, ce qui ampute d’emblée son potentiel commercial d’un marché clé.
La situation est paradoxale : le Canada voisin a réduit ses tarifs douaniers sur les voitures chinoises, ouvrant grand la porte à ces modèles. Mais les États-Unis, marché autrement plus stratégique pour ce type de voiture de sport premium, restent fermés. Polestar n’a pas commenté de solution alternative — comme un éventuel assemblage en dehors de Chine — pour contourner ce blocage.
Ce qui rend cette situation d’autant plus frustrante pour les fans de la marque, c’est que Polestar avait ouvert les commandes pour les 500 exemplaires de la série de lancement, et ceux-ci se sont écoulés très rapidement. Ce n’est pas anodin : cela prouve qu’une clientèle est prête à débourser une somme importante pour un roadster électrique signé Polestar, sans même avoir vu le modèle de production définitif. Malheureusement, ce signal de marché n’a pas suffi à faire remonter le projet dans l’ordre des priorités. Entre la réalité commerciale d’un SUV compact à fort volume potentiel et un roadster de niche, même séduisant, le choix stratégique de Polestar semble tranché — du moins pour le moment.
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