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BYD lance la production de voitures électriques en Europe : ce que ça change vraiment

Michael Ptaszek

BYD ne se contente plus d’exporter ses véhicules vers l’Europe depuis ses usines chinoises. Le constructeur de Shenzhen passe à la vitesse supérieure en lançant une production locale sur le sol européen, avec une première usine en Hongrie dont le démarrage en série est désormais attendu pour le quatrième trimestre 2026. Une confirmation officielle donnée par un haut responsable du groupe à l’agence Reuters, qui mérite qu’on s’y attarde en détail.

Des droits de douane à l’origine de toute la stratégie européenne de BYD

Pour comprendre pourquoi BYD investit massivement dans une capacité de production locale, il faut revenir à une décision structurante : depuis fin 2024, l’Union européenne applique des droits de douane supplémentaires sur les voitures électriques importées de Chine. Pour BYD, ces taxes atteignent environ 17 %, ce qui pèse lourd sur la compétitivité tarifaire de ses modèles sur le marché européen. Face à cette contrainte, le constructeur a choisi de produire directement en Europe plutôt que d’absorber ou de répercuter ces surcoûts sur ses clients.

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Cette logique n’est pas anodine pour les acheteurs. Fabriquer en Europe, c’est potentiellement rendre des modèles comme la BYD Dolphin Surf, affichée à partir de 19 990 euros, encore plus compétitifs sur les tarifs. Mieux encore, des véhicules assemblés sur le territoire européen pourraient se retrouver éligibles au bonus écologique français, dont les critères tiennent compte précisément du lieu de fabrication et de l’empreinte carbone liée à la production. C’est un levier commercial significatif sur un marché où chaque centime compte.

L’usine hongroise : déjà en route, mais avec du retard

L’usine BYD de Hongrie ne part pas de zéro : une production pilote a démarré fin janvier 2026, permettant de tester les lignes d’assemblage et de former les équipes locales. Mais la montée en cadence vers une production en grande série a pris du retard. Le constructeur avait initialement tablé sur un démarrage dès le deuxième trimestre 2026, ce qui représente aujourd’hui environ un an de retard par rapport aux prévisions initiales annoncées lors du lancement du projet.

Malgré ce glissement de calendrier, Stella Li, vice-présidente de BYD, a tenu à rassurer en déclarant que l’usine hongroise est « notre priorité absolue actuellement ». Ce type de déclaration, venant d’un niveau aussi élevé dans la hiérarchie du groupe, donne un signal clair sur l’engagement réel du constructeur envers ce site. Il convient néanmoins de rester prudent : BYD a déjà revu ses délais à plusieurs reprises, et l’échéance du quatrième trimestre 2026 reste à confirmer dans les faits.

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Quels modèles seront assemblés en Europe ?

Deux modèles sont déjà confirmés pour une production en Hongrie dans un premier temps :

  • BYD Dolphin Surf : le modèle le plus accessible de la gamme européenne de BYD, avec un prix de départ inférieur à 20 000 euros, et clairement positionné pour capter le marché de masse.
  • BYD Atto 2 : un SUV compact récemment confirmé pour une production sur le Vieux Continent, visant directement les acheteurs à la recherche d’un gabarit familial à prix contenu.

La nouvelle BYD Dolphin G PHEV, une compacte hybride rechargeable conçue spécifiquement pour les attentes du marché européen, pourrait également rejoindre les chaînes hongroises. Son statut hybride rechargeable lui permet techniquement d’échapper aux droits de douane sur les véhicules 100 % électriques chinois, même si elle continue d’être produite en Chine pour l’instant. Son intégration à la production hongroise serait davantage une décision stratégique à moyen terme.

D’autres sites de production en Europe dans le viseur

BYD ne compte pas s’arrêter à une seule usine. Deux projets supplémentaires sont déjà évoqués par la direction du groupe, même si leur avancement est inégal.

Une usine en Turquie était envisagée, mais le projet est actuellement mis en pause sans calendrier précis de reprise. La situation reste donc suspendue. Sur un second site européen en dehors de la Turquie, Stella Li a été directe : « notre deuxième priorité sera de trouver un deuxième site de production en Europe ». L’Espagne serait actuellement en bonne position parmi les candidats, principalement en raison de ses coûts de production inférieurs à ceux pratiqués dans d’autres pays. La France et l’Allemagne n’ont pas été retenues dans ce processus de sélection, une réalité qui n’a pas manqué de susciter des réactions dans les milieux industriels et politiques des deux pays.

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Site de productionStatut actuelModèles prévusCalendrier estimé
HongrieProduction pilote depuis janvier 2026Dolphin Surf, Atto 2Série dès T4 2026
TurquieProjet en pauseNon confirméIndéfini
Espagne (probable)En cours de décisionNon confirméNon communiqué

BYD avait enregistré une hausse de ses ventes de 270 % en Europe en 2025, avec près de 188 000 véhicules écoulés sur le continent. Ces chiffres illustrent une progression réelle, même si le constructeur reste talonné par Tesla sur ce terrain. L’ancrage industriel en Europe est la prochaine étape logique pour transformer cette dynamique commerciale en présence durable, moins vulnérable aux aléas des politiques commerciales internationales.

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