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Ford va fabriquer sa prochaine voiture électrique grâce à Geely

Albert Lecoq

Ford vient d’officialiser ce que beaucoup pressentaient depuis plusieurs mois : un partenariat industriel majeur avec le constructeur chinois Geely pour produire des véhicules électriques et hybrides rechargeables directement en Europe. L’annonce a été faite en juillet 2026, et elle soulève des questions concrètes pour les automobilistes européens, qu’ils soient déjà convaincus par l’électrique ou encore en train d’hésiter.

Une coentreprise Ford-Geely basée en Espagne, pour contrer la concurrence chinoise

Le projet repose sur l’usine de Valencia, en Espagne, une infrastructure déjà existante mais sous-exploitée, capable de produire jusqu’à 500 000 véhicules par an. Ford y détiendrait 66 % de la nouvelle coentreprise, Geely conservant les 34 % restants. L’accord est encore soumis à validation réglementaire, mais les deux groupes ont clairement affiché leurs intentions : mutualiser les volumes de production pour réduire le coût unitaire de chaque véhicule fabriqué sur le site.

La logique industrielle est limpide. Les constructeurs chinois comme BYD ou MG inondent progressivement le marché européen avec des modèles moins chers à produire, souvent grâce à des économies d’échelle et des coûts de fabrication plus bas. Plutôt que d’attendre que les régulations commerciales évoluent, Ford choisit d’agir directement en s’appuyant sur l’expertise technologique de Geely, tout en conservant une production ancrée sur le sol européen. Jim Baumbick, président de Ford Europe, l’a formulé sans détour : “Nous n’avons pas le temps d’attendre que les décideurs terminent leurs débats. Nous agissons maintenant.”

Quels modèles sont prévus et pour quand ?

Si les négociations aboutissent, la production devrait démarrer à Valencia dans la première moitié de 2027, avec les premiers véhicules sortant des chaînes en 2028. En attendant, le Ford Kuga — l’un des SUV hybrides rechargeables les plus vendus d’Europe — continuera d’être assemblé sur place. Voici ce qui est annoncé à ce stade :

  • Un crossover multi-énergie Ford (versions électrique et PHEV prévues), basé sur la plateforme GEA de Geely (Global Intelligent Electric Architecture), attendu en 2028.
  • Un nouveau Ford Bronco compact, décrit comme “robuste et taillé pour l’aventure”, disponible en plusieurs motorisations dont une version hybride rechargeable.
  • Deux nouveaux SUV électriques Geely produits sur le même site, dont l’un serait une version rebadgée du Geely EX2, la voiture électrique la plus vendue en Chine en 2025.
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Le crossover Ford s’appuiera donc sur la plateforme GEA, une architecture développée par Geely pour ses propres véhicules électriques haut de gamme. Cette base technique est réputée pour sa flexibilité multi-énergie et ses capacités d’intégration logicielle avancées. Pour Ford, c’est un raccourci technologique significatif : développer cette architecture en interne aurait demandé plusieurs années et des investissements considérables.

L’intérêt stratégique pour Geely : contourner les droits de douane européens

Du côté de Geely, l’enjeu est tout aussi clair. Depuis que l’Union européenne a instauré des droits de douane supplémentaires de 18,8 % sur les voitures électriques importées depuis la Chine, les constructeurs chinois cherchent activement des solutions pour produire localement. Geely, qui possède déjà Volvo, Polestar, Lotus ou encore la marque Lynk & Co, connaît bien le terrain européen. Cette coentreprise avec Ford lui offre une base de production sur le continent, lui permettant d’accélérer son expansion internationale tout en contournant légalement les barrières douanières.

C’est aussi une opportunité pour Geely de légitimer davantage ses modèles auprès des consommateurs européens, souvent plus réticents à acheter un véhicule perçu comme “fabriqué en Chine”. Arborer une production espagnole, dans une usine co-dirigée avec un constructeur américain historique, change sensiblement la perception marketing du produit.

Ce que cela implique concrètement pour les acheteurs européens

Pour vous, en tant qu’acheteur potentiel, cette alliance pourrait avoir des effets tangibles sur les prix et les technologies disponibles. L’objectif explicitement affiché par Ford et Geely est de réduire le coût de production pour rendre leurs véhicules plus compétitifs face aux offres chinoises. Cela ne signifie pas nécessairement des voitures low-cost, mais plutôt un meilleur rapport entre prix de vente, équipements embarqués et qualité perçue.

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Ford a par ailleurs évoqué que les nouveaux modèles issus de cette alliance offriront des expériences numériques avancées, et des discussions auraient eu lieu entre les deux groupes autour du partage de technologies liées à la conduite automatisée et aux systèmes d’aide à la conduite (ADAS). Sur ce terrain, Geely dispose d’un savoir-faire solide, notamment à travers ses marques premium. Ford, de son côté, multiplie les partenariats industriels en Europe — il travaille déjà avec Volkswagen et Renault — pour accélérer sa transformation électrique sans tout financer seul.

Il faudra attendre 2028 pour voir les premiers fruits concrets de cette alliance dans les concessions. D’ici là, le Ford Kuga PHEV assure la continuité commerciale sur le site de Valencia, et la gamme électrique actuelle de Ford en Europe — Puma Gen-E, Explorer, Capri et Mustang Mach-E — continue de tenir le rang. Mais la véritable mesure de ce pari industriel se fera sur les chiffres de ventes, les prix affichés, et la capacité des deux groupes à livrer ce qu’ils promettent dans les délais annoncés.

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