Ces bornes de recharge suspendues au plafond des parkings changent la donne pour les copropriétés
La recharge à domicile reste l’un des arguments les plus solides en faveur des voitures électriques. Encore faut-il disposer d’un […]
Sommaire
BYD n’a pas attendu que ses concurrents fixent le rythme pour déployer son infrastructure de recharge. Le constructeur chinois vient de franchir le cap des 10 000 stations Flash Charging, soit exactement le double de ce qu’il comptait il y a seulement cinq mois. Un rythme qui force l’attention, d’autant que ces bornes ne ressemblent en rien à ce que vous avez l’habitude de croiser sur les aires d’autoroute européennes.
En avril dernier, BYD célébrait l’installation de sa 5 000e borne Flash Charging. Cinq mois plus tard, le compteur affiche déjà 10 000 stations réparties dans plus de 300 villes chinoises. Ce rythme représente environ 34 installations par jour, un chiffre déjà impressionnant pour ce type d’infrastructure. Le constructeur se positionne désormais comme le réseau de recharge en propre le plus vaste et le plus géographiquement étendu parmi les constructeurs automobiles chinois.
L’ambition ne s’arrête pas là : BYD vise les 20 000 stations d’ici la fin de l’année 2026. Pour tenir cet objectif, le groupe devrait muscler son rythme de déploiement à environ 80 bornes par jour sur les quelque 125 jours restants. Un pari audacieux, même pour un acteur de cette envergure. Mais même si BYD manquait partiellement cette cible, l’ampleur de ce qui a déjà été accompli reste difficile à relativiser.
Ce qui distingue fondamentalement ce réseau des infrastructures classiques, c’est la puissance délivrée. Les bornes Flash Charging de BYD atteignent 1,5 mégawatt par câble, soit plus du triple de ce que propose une borne DC rapide standard de 350 kW. Pour situer les choses : en Europe, les bornes les plus performantes du réseau Ionity plafonnent à 350 kW. Ici, on est dans une autre dimension.
Ces stations intègrent également un système de stockage d’énergie embarqué, qui sert de tampon entre le réseau électrique et le chargeur. Cela permet de délivrer des pics de puissance très élevés sans déstabiliser le réseau local, un point souvent négligé dans les discussions sur l’ultra-recharge. La conception physique des bornes mérite aussi d’être mentionnée : un design en forme de T avec des câbles coulissants sur rail, pensé pour éviter que les connecteurs ne traînent au sol et faciliter la connexion au véhicule.
Ce dernier point mérite qu’on s’y attarde : neuf minutes pour passer de 10 à 97 %, c’est moins que le temps qu’il vous faut pour avaler un café et un sandwich sur une aire de repos. À titre de comparaison, les bornes 350 kW les plus rapides disponibles en Europe vous permettront d’atteindre environ 80 % en 18 à 25 minutes selon les modèles. Le fossé technologique est réel.
La question que vous vous posez certainement, c’est celle-ci : recharger aussi vite ne détruit-il pas la batterie prématurément ? C’est une préoccupation légitime, et BYD a visiblement anticipé le scepticisme. Le constructeur a conduit un test intensif sur une période de neuf jours, durant lesquels une Yangwang U7 a effectué 350 cycles de recharge complète via les bornes Flash Charging, tout en parcourant 30 000 kilomètres.
Les résultats communiqués par BYD se révèlent encourageants quant à la dégradation des cellules Blade 2.0 soumises à une recharge répétée à très haute puissance. Ces données restent à confirmer par des tests indépendants sur le long terme, mais elles constituent un premier indicateur rassurant pour quiconque envisage d’utiliser ce type de recharge au quotidien. La technologie des batteries à base de lithium-fer-phosphate (LFP), sur laquelle repose la chimie Blade, est notoirement plus tolérante aux cycles de charge rapide que les chimies NMC, ce qui rend ces résultats cohérents.
Voilà un élément que l’on oublie souvent dans la communication autour de ces bornes : elles ne sont pas réservées aux véhicules BYD. Sur les 1,83 million d’utilisateurs recensés lors des six premiers mois d’exploitation, 33 % conduisaient un véhicule d’une autre marque. Cela représente près d’un conducteur sur trois qui se branche sur une borne BYD sans posséder une voiture du constructeur.
Ce chiffre devrait logiquement augmenter à mesure que davantage de véhicules électriques chinois compatibles avec la recharge mégawatt arrivent sur le marché, et que BYD étend son réseau au-delà des frontières chinoises, avec des projets annoncés en Europe et au Canada. Pour vous, conducteur européen, cela signifie qu’à moyen terme, vous pourriez avoir accès à ces stations sans pour autant rouler en BYD. Une perspective qui change sensiblement la donne dans le débat sur l’accessibilité des infrastructures de recharge ultrarapide.
Réagissez à l'article