200 000 bornes de recharge en France : où en est vraiment le réseau électrique public ?
Le cap était attendu depuis plusieurs mois, et il est désormais officiel. La France a franchi la barre des 200 […]
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Deux fois par an, en février et en août, l’État peut réviser le tarif réglementé de vente de l’électricité (TRV). Ce 1er août 2026, la hausse annoncée est de 2,5 % en moyenne sur le prix du kilowattheure. Une augmentation qui, pour une fois, ne provient pas d’une envolée du prix de l’énergie sur les marchés, mais d’une taxe spécifique liée aux réseaux électriques. Avant de vous inquiéter pour votre budget de recharge, voyons précisément ce que cela implique au quotidien.
Derrière cette hausse se cache une ligne de votre facture que peu de consommateurs connaissent vraiment : le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, plus connu sous l’acronyme TURPE. Cette taxe représente environ un tiers du montant total de votre facture d’électricité et s’applique à la fois sur la part abonnement et sur le prix du kilowattheure, selon des niveaux variables en fonction de votre type de contrat et de la saison. C’est la Commission de régulation de l’énergie (CRE) qui fixe son niveau, et cette année, elle a jugé nécessaire de le relever pour compenser une baisse des recettes d’Enedis et de RTE, ainsi qu’une augmentation des coûts liée à la congestion croissante des réseaux.
Ce point mérite d’être souligné : le TURPE s’applique à tous les contrats de fourniture d’électricité, qu’il s’agisse du tarif bleu d’EDF, d’une offre de marché chez un fournisseur alternatif, ou même d’un contrat à prix garanti sur plusieurs années. Personne n’y échappe. Deux autres évolutions entrent également en vigueur ce 1er août :
Voici les nouveaux prix en vigueur à partir du 1er août 2026, comparés aux anciens tarifs appliqués depuis le 1er février 2026 :
| Option et tranche tarifaire | Ancien prix (€/kWh TTC) | Nouveau prix (€/kWh TTC) | Variation |
|---|---|---|---|
| Base – 3 et 6 kVA | 0,1940 | 0,2001 | +3,14 % |
| Base – 9 à 36 kVA | 0,1927 | 0,1985 | +3,01 % |
| HP/HC – Heures pleines | 0,2065 | 0,2142 | +3,73 % |
| HP/HC – Heures creuses | 0,1579 | 0,1589 | +0,63 % |
| Tempo Bleu HP 🔵 | 0,1612 | 0,1654 | +2,61 % |
| Tempo Bleu HC 🔵 | 0,1325 | 0,1356 | +2,34 % |
| Tempo Blanc HP ⚪ | 0,1871 | 0,1921 | +2,67 % |
| Tempo Blanc HC ⚪ | 0,1499 | 0,1536 | +2,47 % |
| Tempo Rouge HP 🔴 | 0,7060 | 0,7295 | +3,33 % |
| Tempo Rouge HC 🔴 | 0,1575 | 0,1615 | +2,54 % |
| EJP – Heures normales | 0,1781 | 0,1789 | +0,45 % |
| EJP – Heures de pointe mobile | 0,3440 | 0,4324 | +25,70 % |
La hausse la plus significative concerne les heures pleines de l’option HP/HC, avec un bond de plus d’un centime par kilowattheure. À l’opposé, le tarif en heures creuses reste quasiment stable, avec une hausse de seulement 0,63 %. Quant à l’option EJP, dont les heures de pointe mobile affichent une hausse spectaculaire de 25,70 %, elle n’est plus proposée à la souscription : seuls les abonnés historiques sont concernés.
Passons aux chiffres qui vous intéressent vraiment. Prenons l’exemple d’un conducteur qui utilise sa voiture électrique quotidiennement pour un trajet domicile-travail de 60 km aller-retour, avec une recharge exclusivement nocturne en heures creuses. Pour un véhicule affichant une consommation moyenne de 16 kWh/100 km, cela représente environ 192 kWh rechargés par mois. Avec la nouvelle tarification en heures creuses à 0,1589 €/kWh, la facture mensuelle de recharge passe de 30,32 € à 30,51 €, soit une hausse de dix-neuf centimes par mois.
Pour mettre ce chiffre en perspective : lorsque le prix du sans-plomb 95 fluctue d’un centime au litre à la pompe, un conducteur qui parcourt les mêmes 60 km quotidiens avec un véhicule thermique consommant 7 litres aux 100 km voit son budget carburant mensuel varier d’environ 1,26 €. Les variations habituelles à la pompe, souvent de 5 à 10 centimes, génèrent donc des écarts de 6 à 12 € par mois pour un usage équivalent. L’impact de cette hausse du kilowattheure sur la recharge à domicile est, par comparaison, presque anecdotique.
Du côté des abonnements, la hausse reste dans la même veine. Un foyer ayant souscrit à une puissance de 12 kVA en option base ou HP/HC voit son tarif mensuel passer de 23,32 € à 23,76 €, soit une augmentation de 44 centimes par mois, ou encore 5,28 € sur l’année. Seuls les logements nécessitant de très fortes puissances souscrites, comme un contrat en 36 kVA option Tempo, verront leur facture annuelle augmenter de l’ordre de 16 € par an. Des montants qui restent proportionnels à l’usage et difficiles à qualifier de problématiques pour un budget familial.
Pour ce qui est des bornes de recharge publiques, la répercussion de cette hausse sur les tarifs affichés aux stations est envisageable mais peu probable à court terme. Les opérateurs de recharge paient effectivement un peu plus cher leur électricité, le TURPE s’appliquant aussi bien aux particuliers qu’aux industriels. Néanmoins, rien ne les oblige légalement à répercuter cette hausse sur leurs clients, et dans un marché de la recharge publique où la concurrence s’intensifie, beaucoup choisiront sans doute d’absorber cet écart plutôt que de risquer de perdre des utilisateurs.
Cette hausse est aussi l’occasion de rappeler que le tarif réglementé, bien qu’il concerne encore 60 % des abonnés en France, n’est pas toujours la solution la plus économique. Pour un foyer consommant 10 000 kWh par an avec un compteur en 12 kVA, le comparateur du Médiateur de l’énergie place actuellement le tarif réglementé seulement en sixième position, et ce, dans sa version Tempo — laquelle impose de réduire fortement sa consommation pendant les heures pleines de 22 jours en hiver. L’offre la plus compétitive, proposée par un fournisseur alternatif comme Primeo Energie, affiche une économie annuelle d’environ 100 € par rapport au tarif réglementé. Si vous rechargez votre voiture à domicile et que vous n’avez pas revu votre contrat depuis quelques années, comparer les offres disponibles via le comparateur officiel peut valoir largement les vingt minutes que cela vous demandera.
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