VW ID. Polo vs Renault 5 électrique : même batterie, mais différent résultat
Quand deux voitures électriques partagent la même capacité de batterie, on s’attendrait logiquement à des performances routières quasi identiques. C’est […]
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Volkswagen a une petite habitude, celle de faire des promesses et, parfois, de les tenir. Dans les années 2010, la marque avait sorti la XL1, cette biplace filiforme conçue pour avaler 100 kilomètres avec moins d’un litre de gazole. Elle avait bien été produite, à 250 exemplaires, pour des acheteurs prêts à débourser plus de 100 000 euros pour un véhicule que l’on n’osait même pas garer n’importe où. Aujourd’hui, la Mission Efficiency refait parler d’elle, et pas seulement parce qu’elle est spectaculaire sur le papier. La question qui circule dans les couloirs de Wolfsburg, et qui agite les forums d’amateurs, est simple : cette voiture expérimentale pourrait-elle un jour rejoindre les catalogues grand public ?
La Mission Efficiency n’est pas un simple concept de salon destiné à faire briller les yeux des visiteurs avant de prendre la poussière dans un entrepôt. Ce véhicule expérimental vient d’établir trois records simultanément : consommation électrique minimale, efficience aérodynamique et rendement global. Ce qui rend ces chiffres particulièrement intéressants, c’est leur origine : 80 % des composants de la Mission Efficiency proviennent directement des futurs ID.Polo et ID.Cross, deux modèles actuellement en phase de lancement sur le marché européen.
Concrètement, cela signifie que le train avant, le moteur APP290 et les batteries prismatiques embarqués dans cette voiture ne sont pas des pièces de laboratoire inaccessibles. Ils figurent déjà dans la banque de composants interne du groupe. Thomas Schäfer, le directeur de la marque, a résumé la philosophie du projet en des termes assez clairs : « Elle est la meilleure réponse à la question de savoir ce qui distingue Volkswagen à l’ère de l’électrique. Une technologie accessible à tous, et non à quelques privilégiés. » Kai Grünitz, responsable du développement, complète ce tableau en soulignant que son équipe a démontré qu’il était possible de construire la voiture électrique la plus efficace au monde à partir de technologies de production de masse. C’est là que le dossier devient réellement sérieux.
Le fait que ce concept soit homologué pour circuler sur route et qu’il réponde aux exigences des crash-tests européens n’est pas anodin. Ce n’est pas la situation d’un prototype dont on mesure l’écart abyssal avec une éventuelle production. La Mission Efficiency roule, elle est légale, et elle s’appuie sur des pièces que Volkswagen fabrique déjà ou s’apprête à fabriquer en masse. Certains, proches du dossier, n’hésitent pas à glisser que l’hypothèse d’une version de série n’est « pas impossible ». Le communiqué officiel du constructeur va même jusqu’à qualifier cette perspective de possibilité « jamais complètement exclue ». Dans le langage feutré de la communication corporate, c’est presque une déclaration d’intention.
Redescendons néanmoins sur terre, parce que le contexte dans lequel évolue Volkswagen en ce moment ne pousse pas franchement à l’optimisme pour ce type de projet. Les actualités venues de Wolfsburg ces derniers mois ont été difficiles à digérer pour les observateurs du secteur : réductions d’effectifs planifiées à l’horizon 2030, restructuration de l’appareil productif pour atteindre un équilibre rentable autour de 9 millions de véhicules par an, et surtout une refonte drastique du portefeuille de modèles.
Le Future Plan 2030 du groupe est explicite sur ce point : rationalisation du portefeuille de modèles d’environ 50 % et réduction de la complexité de l’offre d’environ 75 %. Dit autrement, Volkswagen cherche à revenir à un niveau de gamme comparable à celui des années 1990, en concentrant ses ressources sur les modèles à fort volume : Golf, Polo, Tiguan, et leurs déclinaisons électrifiées comme l’Elroq ou le Formentor. Le non-remplacement du T-Roc Cabriolet illustre parfaitement cette logique : les niches, aussi attachantes soient-elles, ne trouvent plus leur place dans un plan industriel aussi contraint.
Dans ce contexte, envisager la mise en production d’un modèle pensé avant tout pour l’efficience maximale, avec un public cible relativement restreint, relève davantage du vœu pieux que de la stratégie commerciale réaliste. Certains ont déjà évoqué le nom de Scirocco pour habiller ce projet d’une identité héritée, ce qui n’est pas sans charme. Mais un nom emblématique ne suffit pas à justifier les investissements liés au lancement d’un nouveau modèle, surtout quand le groupe est en pleine phase de concentration.
Ce qui reste intéressant dans la démarche, c’est que la Mission Efficiency n’est pas qu’un exercice de style. Elle agit comme un laboratoire roulant dont les enseignements — sur la réduction des résistances aérodynamiques, sur l’optimisation du groupe motopropulseur, sur la gestion thermique des batteries prismatiques — se retrouveront très probablement dans les futures versions de série de la gamme ID. C’est souvent ainsi que fonctionne l’industrie automobile : les records d’un prototype finissent par nourrir silencieusement les voitures du quotidien.
Si vous faites partie de ceux qui rêvent d’une voiture électrique compacte, pensée pour l’efficience pure, avec un coefficient aérodynamique frôlant le ridicule dans le bon sens du terme, la Mission Efficiency a de quoi alimenter vos espoirs. Mais à ce stade, les signaux industriels envoyés par Volkswagen pointent dans une direction différente. Ce qui est certain, c’est que si vous êtes suffisamment nombreux à manifester votre intérêt — et pourquoi pas à écrire directement à Wolfsburg — les équipes marketing du constructeur sauront lire entre les lignes. Les constructeurs écoutent parfois leurs clients, surtout quand ces derniers parlent en volume d’intentions d’achat. Amateurs de Hyundai Ioniq, de Xpeng P7+ ou de Tesla Model 3, vous savez ce qu’il vous reste à faire.
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