Les ventes de voitures électriques ont doublé en Russie pour une raison peu enviable
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L’Arabie Saoudite, dont l’économie repose depuis des décennies sur l’or noir, se lance officiellement dans la production de voitures électriques avec une marque nationale : Ceer. Le prince héritier Mohammed bin Salman a lui-même dévoilé en septembre 2026 les deux premiers modèles phares de la gamme, baptisés EXOBOT. Un SUV et une berline aux gabarits généreux et aux performances annoncées qui ne manqueront pas de faire parler d’eux, même si beaucoup de questions restent encore sans réponse.
Fondée en 2022 sous l’impulsion du Prince héritier et du Fonds d’investissement public saoudien (PIF), Ceer est la première marque automobile nationale du pays. Elle s’inscrit pleinement dans la stratégie « Vision 2030 » portée par Riyad, qui vise à diversifier une économie encore très dépendante des hydrocarbures. L’objectif est ambitieux : faire en sorte que les exportations hors pétrole représentent plus de 50 % du PIB hors pétrole, et que plus de la moitié de l’électricité nationale soit produite à partir d’énergies renouvelables. D’ici 2034, Ceer devrait contribuer à hauteur de 8 milliards de dollars au PIB saoudien.
Les véhicules seront produits au Ceer Manufacturing Complex (CMC), présenté par la marque comme « la plus grande installation de production automobile au Moyen-Orient ». La conception et l’ingénierie sont assurées localement, avec l’ambition affichée de respecter les standards internationaux les plus élevés. Pour ne pas partir de zéro sur les composants clés, Ceer a signé des partenariats stratégiques : un accord avec Hyundai Transys en juin 2024 pour utiliser son système d’entraînement électrique trois-en-un, puis un rapprochement avec Rimac pour intégrer son système de transmission haute performance. Ce n’est donc pas une aventure solitaire, mais un projet industriel structuré avec des acteurs reconnus du secteur.

Le SUV EXOBOT est le modèle le plus imposant de la gamme. Avec 5 016 mm de long, 2 101 mm de large, 1 693 mm de hauteur et un empattement de 3 200 mm, il s’inscrit clairement dans la catégorie des grands SUV. Sous le capot — ou plutôt sous le plancher — se trouve une batterie de 112 kWh couplée à une architecture 800 volts, ce qui permet une recharge de 10 % à 80 % en seulement 30 minutes. La transmission intégrale à double moteur développe une puissance combinée de 850 chevaux (625 kW), pour un 0 à 100 km/h annoncé en 2,6 secondes. L’autonomie est estimée à 560 km selon le cycle NEDC, un cycle notoirement optimiste qu’il conviendra de tempérer avec des mesures WLTP lorsqu’elles seront disponibles.
Sur le plan technologique, le SUV EXOBOT embarque des équipements haut de gamme :
Le SUV sera disponible en deux versions : une édition limitée de lancement et un modèle « Plus » entièrement personnalisable. Les tarifs n’ont pas encore été communiqués, mais au regard des équipements annoncés et des partenaires impliqués, il serait illusoire d’espérer un prix accessible au plus grand nombre.
La berline EXOBOT partage le même empattement de 3 200 mm que le SUV, mais ses dimensions extérieures diffèrent sensiblement : 5 260 mm de long, 2 102 mm de large et seulement 1 428 mm de hauteur. Ce profil très plat en fait une silhouette de grande berline de représentation, du même registre qu’une Mercedes EQS ou une Lucid Air. Elle affiche les mêmes 850 chevaux et le même temps d’accélération de 2,6 secondes de 0 à 100 km/h, mais bénéficie d’une autonomie NEDC supérieure, annoncée à 670 km — un écart probablement lié à son profil aérodynamique plus favorable.
Ces deux modèles ne sont que le début : Ceer prévoit de lancer sept véhicules sur les cinq prochaines années, couvrant une gamme allant des modèles compacts aux véhicules de taille intermédiaire, avec « plusieurs options de motorisation » selon la marque. Les détails restent flous pour l’instant, mais la volonté d’occuper plusieurs segments est claire.
Il est légitime de se demander à quel public ces véhicules sont destinés. Les performances sont celles d’une hypercar, le gabarit est celui d’un véhicule de prestige, et les technologies embarquées rivalisent avec ce que font Tesla, BMW ou Lucid sur leurs modèles les plus aboutis. On peut établir une comparaison rapide avec quelques concurrents directs :
| Modèle | Puissance | 0 à 100 km/h | Autonomie (WLTP/NEDC) | Batterie |
|---|---|---|---|---|
| Ceer EXOBOT SUV | 850 ch | 2,6 s | 560 km (NEDC) | 112 kWh |
| Lucid Air Sapphire | 1 234 ch | 2,2 s | 687 km (EPA) | 118 kWh |
| Tesla Model S Plaid | 1 020 ch | 2,2 s | 600 km (WLTP) | 100 kWh |
| BMW iX M60 | 619 ch | 3,9 s | 566 km (WLTP) | 111,5 kWh |
Le positionnement de Ceer est donc clairement haut de gamme, voire ultra-premium. L’Arabie Saoudite dispose d’une clientèle locale fortunée, mais aussi d’un réseau d’influence considérable dans les pays du Golfe. Il est probable que les marchés visés en priorité soient régionaux, avant une éventuelle expansion vers l’Europe ou l’Asie. La marque a d’ailleurs été aperçue en train de tester un prototype camouflé sur des routes européennes en début d’année, ce qui laisse supposer qu’une homologation sur le Vieux Continent n’est pas exclue. Reste à voir si Ceer saura transformer ces annonces en véhicules réels, livrés dans les délais, avec les performances promises. C’est là que se jouera sa crédibilité sur la scène internationale.
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