Tesla va vous autoriser à quitter un Superchargeur même encore branché
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BMW ne s’est jamais vraiment positionné comme un constructeur « du peuple », et personne ne lui demandera de le devenir. Mais depuis quelques années, l’électrification oblige tous les acteurs du secteur à repenser leur gamme vers le bas pour capter un public plus large. Le constructeur munichois a officialisé, lors de son Capital Market Day du 30 septembre 2026, l’arrivée d’une compacte électrique destinée principalement au marché européen, prévue pour 2028. Un modèle sobre en annonces pour l’instant : ni nom définitif, ni fiche technique, ni prix. Mais suffisamment de signaux pour que la spéculation commence.
Le contexte est simple : BMW a besoin d’un modèle électrique abordable pour ne pas laisser ce segment aux seuls constructeurs généralistes. Volkswagen travaille sur son ID.1 (anciennement ID. up!), Renault propose déjà sa Twingo E-Tech, et même Mercedes avait jadis tenté l’exercice avec la Classe A des années 90, Audi avec l’A1. Les marques premium veulent leur ticket d’entrée, sans pour autant sacrifier leur image. C’est dans cet espace que s’inscrit le futur modèle BMW, dont le nom le plus probable reste l’i1, même si une commercialisation sous l’appellation « Série 1 électrique » n’est pas totalement exclue.
Ce nouveau modèle se positionnerait entre la Mini Cooper E, qui démarre aux alentours de 31 000 euros en France, et l’iX1 eDrive20, affiché à environ 50 000 euros. Une fenêtre tarifaire d’une vingtaine de milliers d’euros, qui reste large sur le papier mais se rétrécit rapidement dès qu’on intègre les contraintes de marges, de contenu technologique et de lieu de fabrication. Sur ce dernier point, l’usine de Leipzig, en Allemagne, serait retenue pour la production, avec un démarrage envisagé dès mars 2028 selon le site spécialisé Bimmerfile. Une fabrication en Europe ouvrirait droit à des aides à l’achat comme la prime coup de pouce de 3 380 euros, contrairement à la Mini Cooper E fabriquée en Chine, qui en est exclue.
L’un des points les plus intéressants de ce projet, codé en interne « NB0 » selon BMWBlog, qui cite des sources proches du constructeur, c’est l’architecture retenue. L’i1 ne partagerait aucun composant avec la Série 1 thermique actuelle (F70), mais reposerait sur la plateforme Neue Klasse, jusqu’ici réservée à des modèles bien plus haut de gamme comme l’i3 2025, l’iX3 ou encore le futur iX5. Ce choix architectural n’est pas anodin : la Neue Klasse a été conçue nativement pour l’électrique, avec une gestion thermique de batterie optimisée, une architecture électrique 800 volts et une intégration poussée des systèmes embarqués.
Cette plateforme permettrait surtout de ressusciter quelque chose que les puristes BMW réclamaient depuis des années : la propulsion. La troisième génération de Série 1 (F40, 2019) avait adopté la traction au grand dam d’une partie des fans, et l’actuelle F70 l’a conservée. Avec le moteur électrique positionné sur l’essieu arrière, les versions d’entrée de gamme de l’i1 renoueraient avec l’ADN de conduite de la marque. Des déclinaisons xDrive, avec un second moteur électrique à l’avant pour une transmission intégrale, ne sont pas exclues pour les variantes plus sportives ou mieux équipées. Norbert Reithofer, ancien patron du groupe, avait d’ailleurs ironisé dès 2010 sur le sujet : 80 % des propriétaires de Série 1 de l’époque croyaient rouler en traction, alors qu’ils bénéficiaient d’une propulsion.
L’arrivée de l’i1 ne signifie pas la fin immédiate de la Série 1 à motorisation thermique. Selon BMWBlog, la F70 resterait au catalogue jusqu’au second semestre 2032, ce qui suppose vraisemblablement un restylage de mi-carrière pour maintenir sa compétitivité face à une concurrence qui ne ralentit pas, notamment du côté des constructeurs chinois dont les offres compactes gagnent en sérieux et en attractivité sur le marché européen. Les deux modèles cohabiteraient donc pendant au moins quatre ans, ce qui n’est pas sans rappeler la stratégie adoptée par d’autres constructeurs premium lors de la transition progressive vers l’électrique.
Par ailleurs, une déclinaison berline compacte de type Gran Coupé, codée « NB8 », serait attendue vers la fin de la décennie. Ce modèle reproduirait en version Neue Klasse le duo que BMW proposait avec la Série 1 et la Série 2 Gran Coupé, et viendrait directement concurrencer la Mercedes CLA électrique, déjà annoncée. Ce duo i1 / i2 Gran Coupé permettrait à BMW de couvrir un segment clé avec deux silhouettes distinctes, ce qui est une approche commercialement plus robuste.
À ce stade, les inconnues restent nombreuses. BMW n’a communiqué aucun chiffre sur la capacité de batterie, l’autonomie estimée, la puissance des moteurs, ni sur le prix de vente. Ce sont pourtant ces éléments qui détermineront réellement la pertinence du modèle face à la concurrence. Pour vous donner un point de comparaison, voici où se situe l’i1 par rapport à ses voisins de gamme :
| Modèle | Prix de départ (France) | Fabrication | Éligible aide achat EU |
|---|---|---|---|
| Mini Cooper E | ~31 000 € | Chine | Non |
| BMW i1 (estimé) | entre 35 000 et 45 000 € | Leipzig, Allemagne | Probable |
| BMW iX1 eDrive20 | ~50 000 € | Regensburg, Allemagne | Oui |
Le positionnement tarifaire réel de l’i1 sera le vrai révélateur de la stratégie BMW. Si le constructeur arrive à contenir le prix autour de 35 000 à 38 000 euros tout en offrant une autonomie crédible dépassant les 400 km en cycle WLTP, l’i1 aura toutes les cartes pour s’imposer comme une référence du segment compact premium électrique. Mais si la facture s’approche trop des 45 000 euros, la question de la différenciation avec l’iX1 se posera inévitablement. BMW a deux ans pour affiner sa copie. La bonne nouvelle, c’est que la Neue Klasse a déjà prouvé sa valeur sur l’i3 et l’iX3 : les fondations sont là, solides.
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