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Depuis le 5 octobre 2026, E.Leclerc affiche 0,17 euro le kilowattheure sur l’ensemble de ses bornes de recharge en courant alternatif, sans abonnement requis. Un tarif qui place l’enseigne en tête des supermarchés français sur ce terrain, et qui mérite qu’on s’y attarde sérieusement, surtout quand le diesel vient de frôler des niveaux historiques à la pompe. Entre la facture d’énergie qui pèse de plus en plus sur les ménages et un réseau de recharge qui s’étoffe, les chiffres méritent d’être regardés de près.
Ce nouveau tarif, annoncé le 2 octobre par Michel-Édouard Leclerc sur son blog personnel, s’applique dès ce lundi dans les 330 magasins équipés de bornes 22 kW, regroupés sous le réseau baptisé Charge E-Lec. Ce réseau, piloté par la Siplec — la filiale créée à la fin des années 1970 pour approvisionner les hypermarchés en carburant — compte aujourd’hui plus de 3 000 points de charge et vise les 10 000 d’ici 2030, avec plus de 200 millions d’euros d’investissement annoncés.
La méthode n’a rien de nouveau pour l’enseigne : Leclerc a bâti sa réputation en cassant les prix à la pompe, et applique aujourd’hui la même logique à l’électricité. Ce tarif à 0,17 €/kWh fait suite à une première baisse à 0,19 euro le 9 juillet, avant que Lidl ne s’intercale le 18 septembre à 0,18 euro via son application Lidl Plus. Leclerc reprend donc la première place d’un centime sur ce segment de la recharge lente en grande surface. Précision utile : les stations d’autoroute de l’enseigne ne sont pas concernées par cette tarification.
Prenons une compacte électrique affichant une consommation de 17 kWh aux 100 km, pertes de recharge comprises — un chiffre réaliste pour ce segment, et certaines berlines de gabarit plus imposant font difficilement mieux. Rechargée chez Leclerc à 0,17 €/kWh, ces 100 km reviennent à 2,89 euros. En face, une compacte essence consommant 6 litres aux 100 km coûte 12,90 euros sur la même distance avec un SP95-E10 autour de 2,15 euros le litre, et un diesel à 5 litres revient à 11,85 euros avec un gazole qui tournait encore autour de 2,37 euros début octobre — après avoir battu un record absolu à 2,39 euros le litre le 18 septembre, selon une moyenne AFP calculée sur plus de 9 000 stations.
Le rapport est sans appel : quatre fois et demie moins cher que l’essence sur 100 km. Ramenée à une année de conduite, la différence devient très concrète :
Ces chiffres sont évidemment à nuancer selon votre profil de conduite, votre accès à une recharge à domicile et la fréquence de vos trajets longue distance. Mais ils illustrent clairement où se situe l’avantage économique aujourd’hui.
Les bornes du réseau Charge E-Lec délivrent du courant alternatif à 22 kW maximum. Sauf que la puissance effective dépend du chargeur embarqué de votre véhicule, ce petit convertisseur qui transforme le courant de la borne en courant utilisable par la batterie. La majorité des voitures électriques plafonnent à 11 kW en courant alternatif, certaines à 7,4 kW. En pratique, une heure de stationnement sur le parking d’un Leclerc vous apporte environ 11 kWh récupérés, soit un peu plus de 60 km d’autonomie supplémentaire.
Ce mode de recharge s’intègre donc dans une logique précise : vous faites vos courses, votre voiture se recharge pendant ce temps. Ce n’est pas une solution de dépannage ni un substitut aux bornes rapides sur autoroute, mais un complément quotidien efficace pour ceux dont le trajet domicile-travail passe à proximité d’un magasin équipé. Pour les longs trajets, vous devrez de toute façon passer par des bornes à courant continu, souvent bien plus onéreuses, où une carte de recharge adaptée peut faire une différence significative sur la facture annuelle.
Dans une enquête OpinionWay commandée par l’Observatoire E.Leclerc des nouvelles consommations en août 2026, 87 % des Français se déclarent particulièrement préoccupés par le prix de l’énergie. Le carburant arrive en tête des postes cités (59 %), et 57 % des sondés affirment avoir déjà réduit leurs trajets en voiture pour limiter leurs dépenses. Ces chiffres sont à prendre avec la prudence habituelle — l’enquête a été commandée par Leclerc pour accompagner une annonce de Leclerc — mais la tendance de fond qu’ils reflètent correspond à ce que l’on observe dans les immatriculations.
En septembre 2026, les voitures 100 % électriques ont représenté 42 % des immatriculations de voitures particulières en France, selon les données AAA Data. Un chiffre qui rappelle les parts de marché de la Norvège il y a quelques années, et qui confirme une progression structurelle du marché. Le frein identifié dans la même enquête reste le prix d’achat : 79 % des Français estiment que la voiture électrique n’est pas encore accessible au plus grand nombre. Sur ce point, ni les bornes à 0,17 €/kWh ni les économies de carburant ne suffisent seuls à convaincre — c’est la valeur résiduelle, les offres de leasing social et les aides à l’achat qui joueront les premiers rôles dans les prochains mois.
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