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BYD a levé le voile sur l’habitacle de la troisième génération du Tang, son SUV électrique cinq places haut de gamme. Le modèle, dévoilé en août au salon de Chengdu, doit arriver sur le marché chinois d’ici la fin de l’année. Il se place sous le grand Great Tang (Da Tang en Chine), avec une présentation intérieure qui mise sur la démesure des écrans et une fiche technique chargée côté batterie.
Lu Tian, directeur général de la série Dynasty (Qin, Han, Tang), décrit un poste de conduite inspiré des consoles de pilotage d’un appareil de science-fiction, avec « un fort sentiment de futurisme ». Au centre, deux dalles dominent : un écran intégré de 35,4 pouces (environ 90 cm de diagonale) et un écran panoramique de 30 pouces (environ 76 cm) qui court sur presque toute la largeur de la planche de bord. Pour comparaison, la plupart des SUV européens se contentent de dalles de 12 à 15 pouces.
Deux ambiances sont annoncées : Dune Beige et Amber Brown, censées donner chacune un rendu premium distinct. Ces dalles posent une question concrète pour l’usage quotidien : reflets sous le soleil, ergonomie des commandes sans touches physiques, distraction au volant. BYD n’a pas détaillé ces points, et vous ne pourrez en juger qu’en essai.
Avec 5,045 m de long, le Tang dépasse nettement un Tesla Model Y (environ 4,75 m) et approche le gabarit d’un Volvo EX90. L’empattement de 2,95 m profite surtout aux places arrière : BYD annonce plus de 1 000 mm de longueur aux jambes en deuxième rangée, avec des sièges « zéro gravité » de type capitaine, déjà vus sur ses autres modèles haut de gamme. Ici, la banquette laisse la place à deux fauteuils individuels, ce qui limite l’accueil à cinq personnes.
| Caractéristique | Valeur annoncée |
|---|---|
| Longueur | 5 045 mm |
| Largeur | 1 980 mm |
| Hauteur | 1 760 mm |
| Empattement | 2 950 mm |
Côté équipement, le Tang embarque la suspension pneumatique à double chambre pilotée par le système DiSus-A, qui ajuste la caisse selon la route et la charge. S’y ajoute l’assistance à la conduite God’s Eye B, dernière version de la suite d’aides de BYD. Ces systèmes sont rodés en Chine, mais leur homologation européenne suit des règles différentes, notamment sur les fonctions de conduite assistée.
Le Tang reçoit les Blade Batteries 2.0 et la technologie Flash Charging, qui permettrait de passer de 10 à 70 % en 5 minutes seulement. Ce chiffre mérite un calcul : sur la batterie de 88,682 kWh, 60 % représentent environ 53 kWh, soit une puissance moyenne supérieure à 600 kW. Sur la plus grande, on s’approche de 760 kW. En France, les bornes les plus puissantes plafonnent aujourd’hui autour de 350 kW. Aucune annonce ne précise si ce type de chargeur sera déployé en Europe.
Deux packs sont prévus, pour trois autonomies selon les configurations :
Le cycle chinois CLTC est nettement plus indulgent que le WLTP européen. Par expérience, l’écart se situe souvent entre 15 et 25 %, ce qui ramènerait les 850 km à environ 650-700 km en WLTP, et sensiblement moins à 130 km/h sur autoroute. Gardez cette marge en tête quand vous comparez avec un modèle vendu en Europe.
Sur le papier, le Tang coche toutes les cases : grand format, batterie généreuse, recharge ultra-rapide. Mais ces écrans et cette recharge en 5 minutes restent d’abord des arguments pour le marché chinois, où l’infrastructure suit. Pour la France, l’enjeu sera moins la fiche technique que le prix final, les droits de douane européens et l’accès aux aides, qui pénalisent les modèles produits en Chine.
L’avis de Rouleur électrique
BYD n’a pas communiqué le tarif du Tang. Le Great Tang démarre à 239 900 yuans (environ 30 000 euros au change actuel), et le cinq places devrait se positionner en dessous. En Europe, la facture serait plus lourde : les droits de douane supplémentaires sur les modèles chinois importés et les coûts d’homologation gonfleraient le prix. Les aides françaises reposent sur le score environnemental, qui désavantage les voitures fabriquées en Chine. L’usine hongroise de BYD pourrait changer la donne à terme, mais aucun calendrier n’a été avancé pour le Tang.
Le Great Tang, lancé mi-juin, a dépassé 10 000 unités vendues chaque mois pendant trois mois consécutifs. Reste à savoir si son cadet captera une demande comparable, ou s’il viendra surtout grignoter les ventes de son grand frère. Les chiffres de ses premiers mois de commercialisation apporteront la réponse.
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